Chapitre 26

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Bonne lecture <3
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Artem

J'accélère le pas, tenant toujours Romayssa par le bras, mes doigts crispés sur sa veste. Elle me pose des questions, encore et encore, mais je les ignore. Ce n'est ni le lieu, ni le moment.

Max suit derrière nous, silencieux, mais je sens son regard dans mon dos. Il sait ce que cette rencontre signifie. Et il sait ce que je vais devoir faire maintenant.

Je l'ai reconnu dès qu'il a franchi la porte du café. Ivan. Mon cousin. Le pitbull du clan paternel. Si lui est là, ce n'est pas juste pour une petite menace. Il est venu poser ses marques. Nous dire qu'il n'a pas oublié ce que Max a fait. Qu'il réclame des comptes.

Je nous fait traverser la rue, Romayssa trébuche presque sous la rapidité de mes pas, mais je ne ralentis pas. Je la tire jusqu'à la voiture. Quand on y entre enfin, je claque la portière et enclenche le verrouillage central.

— C'est quoi ce bordel, Artem ?! explose-t-elle enfin. Pourquoi ton cousin menace Max ? Et pourquoi Max avait l'air de vouloir disparaître dans le sol ?

Je garde les mains sur le volant, mes jointures blanchissent. Max, assis à l'arrière, ne dit toujours rien. J'ignore toujours ses questions et appelle Layla.

— Besoin de toi, rendez-vous à mon appart.

Je finis par accélérer pour arriver rapidement en sécurité.

***

— Bon tu vas finir par m'expliquer ce qui se passe ? Me demande Romayssa qui s'assoit sur le canapé.

Je referme la porte derrière moi, vérifie instinctivement la serrure. Une habitude. Une précaution. Je jette un œil par la fenêtre, par réflexe. Max est resté en bas, il voulait "prendre l'air". En réalité, il a besoin de temps pour digérer. Moi aussi.

Romayssa me fixe toujours.

— Artem. Je veux des réponses. Maintenant.

Je soupire et passe une main sur mon visage. Mon cœur cogne encore de colère, de peur aussi mais ça, je ne le montre pas. Je la rejoins lentement, reste debout face à elle.

— Max est mon demi-frère.

Elle reste stoïque face à l'annonce. Puis peu à peu elle commence à réaliser.

— C'est une blague ?

Je nie de la tête.

— Non.

Le mot tombe, lourd, définitif.

Elle me regarde, bouche entrouverte, figée, comme si le sol s'ouvrait sous ses pieds.

— Ton... demi-frère ? Max ?

Elle prononce son prénom comme s'il s'agissait d'une personne étrangère. Incompatible avec tout ce qu'elle croyait savoir.

Je hoche lentement la tête. Mon regard ne quitte pas le sien, même si j'ai l'impression qu'il pourrait me transpercer.

— Même père. Deux mères différentes. Deux enfances volées. Deux fuites. Et maintenant... deux cibles.

Elle recule légèrement sur le canapé, croise les bras contre elle, se referme. Ses yeux s'embuent mais elle se bat contre les larmes. Comme toujours. Forte même quand elle vacille.

— Et tu ne m'as jamais rien dit. Ni toi. Ni lui.

Je m'agenouille devant elle, garde une distance, mais je veux qu'elle voit que je suis sincère.

Code breakerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant