Chapitre 37

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Bonne lecture <3
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Artem

Sous-sol — fin de matinée.

Le bruit sourd du sac de frappe résonne dans la pièce comme une pulsation constante.

Bam.
Bam.
Bam.

Je donne un coup sec, précis, enchaînant avec un crochet du droit qui fait trembler la chaîne suspendue au plafond. Mes mains sont enroulées dans des bandes noires usées, tachées de sang séché. Mes phalanges me lancent déjà, mais je continue. Encore. Encore.

Nous avons transformé l'ancien sous-sol de la maison en salle d'entraînement. Une pièce large, aux murs de béton brut, ventilée à peine, éclairée par une lumière jaune agressive. Dans un coin, un tapis pour les exercices au sol. Un banc de musculation en face. Deux sacs lourds suspendus. Des haltères. Une corde. Et des tapis de judo pliés contre le mur.

Rien d'extraordinaire.

Mais assez pour qu'on se prépare à faire tomber tout ceux qui se mettront sur notre chemin.

Max est au sol, faisant des pompes à une vitesse folle, en sueur. Il râle à chaque série, mais continue. Il a retiré son t-shirt depuis longtemps, ses muscles tendus à chaque mouvement.

— Je sens plus mes bras, grogne-t-il.
— C'est le but, répond Layla, accroupie derrière lui, un chrono dans la main.

Elle n'a pas son tailleur aujourd'hui. Legging noir, brassière, les cheveux attachés. Elle s'entraîne sérieusement, concentrée, comme une militaire. À peine une once de douceur dans ses mouvements. Elle donne des ordres secs, sans hausser le ton. Et on les suit. Parce qu'elle sait ce qu'elle fait.

Je tourne la tête.

Et je la vois.

Romayssa est devant le miroir, concentrée sur ses enchaînements. Ses cheveux sont attachés à la va-vite, ses joues rosies par l'effort. Elle a retiré son sweat, ne gardant qu'un débardeur noir et un pantalon souple. Sa respiration est saccadée, mais régulière. Elle frappe, esquive, frappe de nouveau. Son regard est fixé sur son reflet. Pas de place pour le doute. Juste une rage contenue, maîtrisée.

Je reste figé un instant, fasciné.

Elle n'a plus rien de la fille qu'elle était à Londres.

Elle est devenue quelque chose de plus solide. De plus dangereux.

Et je crois que je n'ai jamais été aussi fier d'elle.

— T'es censé frapper le sac, pas la mater comme un gros daleux, lâche Max avec un sourire moqueur en se relevant.

Je l'ignore. Je retourne au sac. Je frappe plus fort.

Bam.
Bam.

Chaque coup est une déclaration.

À mon père.
À tout ce qu'il m'a pris.
À tout ce que je vais reprendre.

Layla claque dans ses mains.

— Pause dans cinq minutes. Puis on passe au corps-à-corps.

Max grogne. Romayssa lève les yeux vers moi à travers le miroir. Nos regards se croisent. Un instant suspendu dans le vacarme. Elle essuie la sueur de son front avec l'arrière de sa main.

— Tu tiens encore debout, soldat ? lance-t-elle d'un ton moqueur.

Je souris.

— C'est maintenant que je me réveille.

Code breakerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant