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Apryl.







Je retourne dans la cabine sans un mot et enlève la robe bleu nuit. Je la remets soigneusement sur son cintre, comme si rien ne s'était passé, puis j'en attrape une autre. Rouge profond. Dos nu. Plus audacieuse encore.

Quand je ressors, Ares est toujours là. Il ne fait pas semblant de ne pas regarder. Son silence parle pour lui.

Trop voyante, lâche-t-il après quelques secondes.

C'est drôle, je réponds aussitôt. Pour quelqu'un qui veut passer inaperçu, tu passes ton temps à attirer l'attention.

Je fais quelques pas dans l'allée centrale, le tissu glissant contre ma peau. Je le sens se tendre, même s'il garde ce visage fermé.

À quoi joues-tu Apryl ?

À survivre à ton caractère, je réplique. Et toi ? À faire croire que tout te glisse dessus ?

Il s'approche d'un pas, juste assez pour envahir mon espace sans me toucher.

Cette robe-là, non.

Pourquoi ? je provoque. Parce qu'elle te dérange ?

Ses mâchoires se contractent.

Parce qu'elle attire trop l'attention.

C'est le but, je souffle. Je suis censée être ta petite amie trophée, non ?

Silence. Long. Lourd.

Il détourne le regard en premier et attrape une robe sur un portant voisin. Noire. Élégante. Fente maîtrisée. Dangereuse sans être excessive.

Il me la tend.

Celle-là.

Je lève un sourcil.

Tu commandes maintenant ?

Non. Je prévois.

Il me fixe à nouveau. Et celle-ci... elle te donnera du pouvoir sans te mettre en danger.

Je prends la robe sans répondre et retourne dans la cabine.

Quand je ressors, le contraste est saisissant. La robe est plus sobre, mais elle me transforme. Je le vois immédiatement à son regard. Il ne dit rien tout de suite. Il observe. Analyse. Comme sur un champ de bataille.

Voilà, dit-il enfin. C'est ça.

Je penche la tête.

Donc t'aimes bien quand je ressemble à une menace silencieuse ?

Un rictus apparaît sur son visage.

Je t'ai toujours préféré dans ce genre-là.

Je croise les bras.

— T'as pas le droit de dire "toujours".
Son regard se durcit.

Et toi t'as pas le droit de faire comme si tout était fini.

La tension explose entre nous, invisible mais brûlante.

Une vendeuse s'approche pour demander si la robe convient. Ares répond avant moi, d'un ton assuré :

On la prend.

Je le fixe.

— On ?

Il me regarde sans détour.

Habitue-toi. Pour cette mission, c'est "on".

Je détourne le regard, agacée... mais une partie de moi sait déjà que ce bal masqué va réveiller bien plus que des souvenirs.

Shattered Souls Où les histoires vivent. Découvrez maintenant