29. Interdit

79 6 0
                                        




"Les hommes sont tous condamnés à mort avec des sursis indéfinis."
— Victor Hugo





29. Interdit



Quelques heures plus tôt.



Ice/Zayden





Les portes du camion se referment dans un fracas métallique. Adossé au mur en métal de mon hangar, les mains posées sur les barres métalliques derrière moi et les chevilles croisées l'une sur l'autre, je scrute la scène qui se déroule sous mes yeux.

On vient de charger les remorques des camions qui transportent du vin à destination de nos différents établissements, où nous avons également dissimulé les caissons de billets appartenant à Rick.

Il est plutôt malin, je dois l'admettre, mais pas plus que moi. Il aurait pu blanchir son argent seul, même s'il n'a pas tort sur une chose : avec moi, ça va plus vite, en plus de passer inaperçu. Mais Rick carbure à la vitesse, il n'aime pas attendre. Sa patience a des limites particulièrement étroites, sûrement un trait de caractère médiocre que son ancien métier lui a laissé.

Je ne m'en préoccupe pas vraiment, mais certains de ses réflexes d'ancien agent fédéral, ajoutés à ses contacts solides, nous permettent parfois d'avancer plus rapidement, et je ne refuse jamais un levier.

Alors, cette fois, j'ai décidé de lui apporter mon aide, non sans contrepartie. Même si certains essaient de nous vendre leur baratin en tentant de nous convaincre du contraire, chaque chose dans ce monde a un prix. À toi de déterminer lequel tu es prêt à payer.

Celui de Rick n'aura pas de conséquences directes sur lui, mais m'apportera beaucoup de ce qu'il ignore.

— Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu voulais, Ice, lance ce dernier sans parvenir à masquer l'impatience qui le caractérise, tandis qu'il suit mes pas jusqu'à l'extérieur du hangar.

J'enfonce mes mains dans les poches de mon pantalon et ancre mon regard dans le sien, plissé par la méfiance. Mes chaussures s'enfoncent dans le gravier humide lorsque nous arrivons devant le bâtiment. Je fais alors un léger mouvement de tête en direction de Rick, qui attend toujours ma réponse.

— Je veux que tu me mettes en contact avec un homme influent, Rick.

— Quel homme influent ? demande-t-il en fronçant les sourcils, une main posée sur sa hanche et la tête légèrement penchée sur le côté.

— Je te le dirai le moment venu. Contente-toi de retenir qu'il s'agit d'un politicien haut placé.

— Je suis un ex-agent de la DEA, Ice. Ne me demande pas quelque chose qui dépasse mes moyens.

— Tu me dois bien ça, Rick, lui dis-je en désignant les nombreux camions que j'ai déployés pour protéger ses fonds.

Il baisse les yeux vers le gravier, où il dessine des cercles du bout du pied.

— Ouais, je t'en dois une.

Il relève la tête vers les camions.

— Ça craint pas de faire ça en plein jour ?

— À toi de me le dire. Si t'étais encore à la DEA, tu aurais soulevé le lièvre le jour ou la nuit, d'après toi ?

Ses yeux passent des camions aux miens et un sourire étire ses lèvres.

— Les deux. Faut être plus malin que les barons. C'est ce que je faisais, personnellement.

— Pas grand-chose ne change, je t'assure. Peu probable qu'on se fasse contrôler en journée. Les camions resteront dans le hangar jusqu'à cette nuit, puis ils partiront vers leur destination. Je m'en occupe.

AMARADes histoires addictives. Découvrez maintenant