25. Flammes

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« L'âme devient ce qu'elle contemple. »
— Platon





25. Flammes





Amara





Ce matin, je me réveille doucement, enveloppée par une odeur particulière qui m'a bercée toute la nuit. Comme cette nuit au Lac Vert, après avoir été secourue par Ice avec Catalina.

J'ai dormi... mieux. Moins de cauchemars, mais plus de silence et de paix.

Et cette odeur... je la reconnais entre mille. Elle me rend ce calme qu'on m'a arraché en même temps qu'on m'a enfermée ici. C'est une contradiction constante depuis que ma liberté m'a été prise, une ironie cruelle qui semble régner partout autour de moi.

Mes yeux papillonnent délicatement, cherchant à s'habituer au réveil. Lorsque je les ouvre vraiment, je ne vois que l'obscurité.

Les volets des fenêtres sont entièrement fermés. Seule la lumière que je laisse toujours allumée le soir filtre depuis le salon, accompagnée de quelques rayons du jour qui traversent les fines fentes des volets.

Je scrute le salon du regard pendant qu'un bâillement incontrôlable m'échappe.

Le salon ?

Tous mes sens se mettent immédiatement en alerte.

Ce n'est qu'en me redressant brusquement que je réalise, que je suis dans la chambre d'Ice, et plus précisément dans son lit.

Mon Dieu... qu'est-ce qu'il se passe ?

Je tourne la tête vers la place à côté de moi : vide. Aucun mouvement, ni aucun souffle. Et pas un bruit ne vient de la salle de bain ni du reste de l'aile.

Le silence est lourd. Beaucoup trop lourd. Comme si le niveau principal du manoir avait été vidé de toute présence. Et ce vide s'installe dans ma poitrine, s'y accroche, s'y creuse.

Mes yeux descendent instinctivement sur mon corps. Je tire la couette pour vérifier que je suis bien habillée. Mon cœur ralentit enfin lorsque je constate que je porte toujours mon pyjama noir, celui enfilé hier soir avant de m'endormir.

Un souffle de soulagement m'échappe.

Pourtant, son odeur est partout. Elle colle à ma peau, s'infiltre dans mes vêtements, remonte dans mes narines jusqu'à m'étourdir légèrement.

Je saisis le col de mon haut de pyjama entre mes doigts et le rapproche de mon nez. L'odeur intense d'Ice est là... obsédante.

Comment des draps lavés peuvent-ils encore sentir autant lui ?

Et surtout... qui m'a portée jusqu'ici ?

Je n'ai pas le temps de pousser plus loin mes questions, car on frappe à la porte.

Mon cœur fait un bond brutal dans ma poitrine.

Puis la poignée tourne doucement. La porte s'entrouvre. Depuis le lit, je n'ai pas la vision directe de l'entrée. Une voix s'élève : Nicole demande la permission d'entrer.

Je réponds aussitôt, ma voix un peu trop rapide. Le calme revient légèrement dans ma respiration.

Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi tendue. Après tout, Ice ne frappe jamais, il n'attend jamais, il entre toujours sans demander.

C'est son espace, me souffle une partie de moi, traîtresse.

J'entends Nicole ouvrir et fermer chaque fenêtre, en même temps que le son des volets qui s'ouvrent, avant qu'elle n'entre dans la chambre avec un tournevis dans les mains. Elle me scrute un instant, puis lance un bonjour avec un sourire sincère.

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