Carte sur table

13 2 0
                                        


Point de vue de Rougui
Le lendemain, 7h

Ismaïl vient me chercher comme d'habitude. Je vais le rejoindre sans tarder. C'est en refermant la portière que je le salue:

— Salam alaikum.

— Wa alaikum salam princesse. Tu vas bien ?

Surprise par son ton doux, je m'arrête pour lui lancer un regard prudent. Je rêve ou il est de bonne humeur aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il a ?

— Je vais bien, et toi ? je réponds lentement.

— Ça va Alhamdoulillah, me sourit-il.

Après ces mots, il démarre la voiture. Pendant qu'il conduit, je cogite dans mon coin. C'est hypocrite mais, je me demande sérieusement comment je vais m'y prendre pour le quitter. Est-ce même le bon moment ? Devrais-je attendre plus tard pour ça ? Je pense que si. Si je lui en parle maintenant, je risque de me faire jeter hors de la voiture au beau milieu de nulle part. Attendre qu'on arrive aussi ne serait pas judicieux. Il vaudrait mieux que je reporte à plus tard, quand on aura un peu plus de temps libre. Sûrement après les cours. Ce serait un bon timing.

Alors que je faisais cette conclusion, je remarque soudainement qu'Ismaïl cherche quelque chose d'une main, pendant que l'autre tient le volant. Il fouille frénétiquement la boîte à gants et ses sourcils sont froncés, un peu comme s'il était irrité de ne rien trouver.

— Il y a un problème ? je demande, voyant que cela dure.

Mon professeur fronce les sourcils et arrête doucement la voiture. Maintenant, il se penche pour regarder si quelque chose n'était pas tombé. En voyant que ce n'est pas le cas, je l'entends murmurer avec une expression grave:

— Je crois que j'ai oublié quelque chose...

Quelque chose ? Je le regarde fouiner encore un moment. Mais rapidement, il se fait une raison et se tourne vers moi.

— J'ai oublié un truc super important, me dit-il avec un air urgent.

— Vraiment ? je m'exclame, surprise. On fait quoi ?

À ma question, il me demande prudemment:

— Ça te dérangerait que je fasse un détour chez moi ?

— Non, bien sûr que non ! je me presse de dire. On peut y aller.

— Merci, acquiesce-t-il de la tête en se retournant vers le volant.

Il démarre la voiture et en moins de deux, rebrousse chemin pour prendre la voie qui mène à son quartier. Près de lui, une ribambelle de questions me saisit. Je me demande ce qu'il a bien pu oublier chez lui. Ça doit sûrement être des fascicules ou des devoirs corrigés. Je ne vois que cette possibilité.

Quelques minutes de route plus tard, voilà mon professeur qui se gare en bas d'un immeuble. Je me penche de son côté pour regarder la bâtisse qui surplombe de toute sa hauteur la rue. L'idée qu'elle puisse nous tomber dessus sans raison m'effleure. En même temps, je me demande à combien doit s'élever la location dans un endroit pareil. C'est bien loin de tout ce que je connais...

— J'arrive, me dit-il en enlevant sa ceinture.

Aussitôt dit, il descend de la voiture. En moins de deux, je le vois disparaître à l'intérieur de l'établissement. Me laissant seule, au beau milieu de cet endroit que je ne connais pas mal. Je suis déjà venue dans ce coin de la ville, ces rues et ces maisons me sont familières, même s'il ne s'agit pas de ma fréquentation habituelle. Il s'agit d'un quartier chic et éloquent, bien loin de la banlieue dans laquelle je vis...

Tu as atteint le dernier des chapitres publiés.

⏰ Dernière mise à jour : 5 days ago ⏰

Ajoute l'histoire à ta Bibliothèque et tu seras prévenu des nouveaux chapitres !

IndestinésDes histoires addictives. Découvrez maintenant