Chapitre 8

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Mes oreilles bourdonnent tandis que mes mains tremblent. Si Elle me dit la vérité ça voudrait dire que grand-mère me ment depuis toujours. Toute ma vie j'ai regretté des parents que je croyais morts alors qu'ils sont apparemment vivants, chaque soir je rêvais d'une mère me bordant et d'un père me racontant une histoire du soir et me réconfortant lorsque des monstres invisibles furent sortis de leur cachette pour m'effrayer. Tout ces regards piteux sur moi, toutes ces personnes qui me faisaient me sentir orphelin, tout ces professeur compatissants. Pourquoi grand-mère m'aurait elle menti? je ne sais plus quoi penser ni comment réagir, je crois que si ce que la fille dit s'avère juste, je ne le pardonnerai jamais à grand-mère. Cacher une telle chose à son petit fils c'est une honte.

Et cette histoire de loup...

- Ecoute je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu viens de dire...

- Le faite que tu aies des gênes de loup te choque tant que cela?

- Pas du tout. Qui est-ce que ça choquerait? je ne te connais pas, tu viens m'embarquer pendant la nuit dans la forêt, tu me dis que mes parents sont vivants et là tu me dis que j'ai des gênes de loup? je suis tout à fait serein comme tu peux l'imaginer.

- Je plaisantais, j'imagine que ça doit être un choc pour toi mais tu verras tu t'habitueras très vite à ta vraie vie.

- Mais t'es complétement folle ! de quelle VRAIE vie veux tu parler ? je ne veux pas de nouvelle vie je veux juste rentrer chez moi c'est tout, la supercherie a assez durée.

Chris m'a toujours reproché d'être insensible et de ne jamais montrer mes émotions. C'est vrai, j'ai toujours su garder le contrôle de mes émotions que ce soit de la joie, de la colère ou de la tristesse mais là tout de suite je ne contrôle plus rien. Je ne sais pas ce que je ressens tout se chamboule dans mon corps, dans mon esprit. La colère ; je suis furieux contre grand-mère, furieux contre cette fille dont je ne connais même pas le prénom. La tristesse ; Chris me manque, ma vie d'exclus me manque, même mon club de chimie me manque. La joie ; le simple sentiment de rencontrer mes parents me rend heureux mais j'ai peur oui la peur. Amoureux ; je pense à Alison et ses yeux bleus comme la mer Caspienne et ses cheveux blonds doux comme la soie, ses lèvres sucrées. Fatigué je le suis, exténué également, le soleil a brûlé mes épaules, mes oreilles et j'ai l'impression que mes cheveux ont pris feu tout comme ma bouche. Je suis perturbé, je ne sais plus où j'en suis ni si je veux continuer. Mes poings sont serrés aussi fort que des boulons, mes ongles sont enfoncés dans mes paumes ce qui provoque un ruissellement de sang. Je suis trop préoccupé par les événements récents que je ne remarque pas que je pleure comme le jour de mon interro surprise, mes joues ressemblent à une cascade d'eau et mes yeux sont embués par les larmes, mon souffle est saccadé à cause de l'effort que je fais pour arrêter de me ridiculiser ainsi.

- Nicholas...

Contrairement à ce que j'aurais pu pensé, la fille ne me gueule pas dessus mais m'effleure avec de douces paroles. Elle me prend la main et nous asseyons par terre, sur l'herbe encore humide. Elle se tourne vers moi jusqu'à ce que ses genoux touchent les miens, sèche mes larmes et me parle comme le ferait une grande sœur.

- Je sais que c'est dur pour toi, ta famille et tes amis te manquent, tu es perturbé et j'en suis désolée j'aurais du être plus subtile au lieu de tout te jeter à la figure comme ce que je l'ai fait. Tu veux bien me pardonner ?

J'acquiesce de la tête car je n'ai pas la force de parler, une boule de feu s'est installée au fond de ma gorge, brûlant mes cordes vocales.

Elle baisse les yeux et réfléchit longtemps avant de reprendre la parole.

- Tout ce qu'on a pu t'expliquer sur la création du monde à l'école, au lycée ou je ne sais où, c'est des conneries. Il y a des milliers d'années, la Terre accueillit ses premiers habitants : les loups. Ils se sentirent très vite à l'aise et firent en sorte que leur territoire reste aussi vierge que ce qu'il était lors de leur création. Ils passèrent des années seuls dans un monde de végétation, des arbres, des fleurs et bien d'autres plantes surplombaient cette terre auparavant dépourvue de verdure. Peu à peu les loups accueillirent d'autres espèces animales comme les singes ou les rhinocéros et comprirent que chaque espèce avait son rôle à jouer pour que tous les animaux mis ensemble vivent en paix et en sécurité. Les animaux vivaient donc en harmonie, les prédateurs et les proies cohabitaient. Les plus forts n'avaient pas besoin de tuer les faibles pour se nourrir, il y avait ce qu'on appelait à l'époque des germes qui pouvaient nourrir tout un troupeau de sorte qu'il n'y ait jamais de famine dans une espèce mais malheureusement la consommation de ces germes devint trop importante ce qui ralentit la pousse de celles-ci à la lisière des forêts. Les animaux commencèrent à s'affoler ce qui provoqua un désastre sur Terre, ceux-ci arrêtèrent leurs tâches essentielles au bon fonctionnement de notre planète. Plus les mois passaient plus les animaux devenaient furieux et affamés. Et qui dit affamé dit manger, c'est comme ça que les plus forts commencèrent à tuer pour se nourrir. Les loups toujours aussi pacifiques essayèrent de rétablir l'ordre sur Terre mais sans réussite. Les animaux commencèrent à muter...

Un moment de silence s'installa entre nous pendant plusieurs minutes.

- On a tous en nous des gênes de loup qu'on peut démontrer par notre instinct de survie, notre cohabitation avec les autres et bien d'autre chose que les loups nous ont transmis mais certaines personnes ont des gênes plus fortes que les autres...

- Pourquoi ?

- En général, ces personnes sont souvent issues d'une meute fondatrice.

- Et, c'est cool ?

- Disons que ça dépend de ton instinct de survie...

WOLVES - La prophétie du Grand LoupOù les histoires vivent. Découvrez maintenant