- Nous allons donc commencer par nous échauffer avec le parcours bleu.
Le parcours bleu est le plus "simple" mais cette simplicité me fait peur, imaginez que vous tombiez ou que vous fassiez un score déplorable au parcours noir (le plus difficile), personne ne fera de commentaire car c'est le parcours noir mais maintenant imaginez que vous vous loupiez au parcours bleu, vous serez calomnié tout le trimestre jusqu'à votre expulsion.
Je vois tout mes concurrents s'élancer sur la piste, ils se meuvent avec plus d'aisance que moi lorsque je marche. Leurs T-Shirts sont plus secs après leur effort que le miens alors que j'ai fait deux pas dans la file (quel imbécile d'avoir mis un T-shirt de couleur grise), il sont sûrs d'eux et leur charisme le démontre avec facilité. Toutes les personnes devant moi ont disparues sur les côtés garçons comme filles et il n'y a plus personne derrière moi pour les laisser passer, c'est à cet instant que je me rends compte de ma bêtise car je suis le dernier et qui dit dernier dit tout le monde le regarde.
Je sens de l'eau couler dans mon dos, mon T-shirt est trempé de sueur d'angoisse et la couleur accentue cette humidité, j'essaie d'essuyer mes mains moites contre mon jeans sans succès ce qui fait rire tous les autres. Devant moi se dresse une piste d'obstacles, la première partie consiste à sauter par dessus des haies, la deuxième à passer sous des barres en fer, la troisième partie est munie d'un mur d'escalade de 2 mètres de hauteur et si j'arrive à passer les trois premières étapes je me retrouverai devant un tronc d'arbre couché sur une marre de boue qui sera là pour tester mon équilibre.
- C'est easy Baker, t'as rien à craindre !
Rien à craindre mon œil.
Je m'élance avec plus de vitesse que je ne l'avais espéré et m'encouble sur la première haie qui tombe à terre comme ce que je le ferai très prochainement. Je continue et réussis à franchir toutes les haies avec maladresse mais avec réussite. Arrivé devant les barres en fer je me couche sur le sol et commence a ramper seulement je n'ai pas assez de force dans les bras pour avancer à une vitesse convenable ce qui fait rire les mecs mais qui attendri les filles. À bout de force je me relève tout de même et escalade le muret à trois reprises car j'ai chuté deux fois (je tiens à repréciser que le muret fait 2 mètres de haut), après plusieurs approches différentes je me retrouve de l'autre côté et cours jusqu'au tronc. Devant celui-ci je me dis que l'équilibre est la seule chose que je maîtrise plus ou moins seulement j'aurais du me taire et repartir dans le sens inverse. J'ai réussi à mettre un pied sur le tronc avant de faire un plongeon spectaculaire dans la boue, mes oreilles sont trop bouchées pour entendre les glapissements des autres. Je sors de ma piscine avec peine et attends mon jugement.
- Temps : 8''56''' ce qui fait 1 point de participation, 3 points pour le saut à la haie, 1 point pour les barres en fer, 1 points pour l'escalade et 2 point pour ce magnifique plongeon. 8/50 bien joué Baker. Les scores seront affichés d'ici une minutes sur le panneau d'affichage, je vous dis à demain pour la course d'orientation, dit Nils exaspéré.
Je m'assieds sur le sol essoufflé, exaspéré et honteux. Nils passe à côté de moi sans même me voir ce que je trouve aberrent car je ressemble à un homme en chocolat. Le soleil se couche gentiment sur la plaine, la boue sur mon corps a séché et commence à s'écailler comme de la peinture, je n'ai pas mangé de la journée mais j'ai le ventre plein, plein de sanglots et d'amertume. Je vois au loin les campeur aller à la cafétéria heureux avec leurs amis et ça me rend triste et furieux à la fois car moi je suis seul.
Je joue avec les graviers sous mes pieds, le sable et les brins d'herbe comme quand j'étais petit devant la maison de grand-mère. Mon expulsion n'est plus qu'une question de temps.
- T'as voulu faire un bain de boue? je sais que c'est bon pour la peau mais je crois que tu as un peu abusé avec la dose.
- Tu as vite perdu ton empathie envers moi Luna...
- Tu étais tremblant et en pleurs, j'allais pas sortir mes propos sarcastiques.
- C'est très agréable à entendre.
- Alors comment ça s'est passé ? mon état piteux lui suffis comme réponse. Je vois... Tu devrais prendre une douche et manger quelque chose.
- J'ai pas faim.
- O.K. petit prince tu vas m'écouter attentivement. Ici personne ne te chouchoutera, tu vas devoir suer pour obtenir une place parmi tous les autres, tu vas devoir en chier pour te créer une réputation mais si tu commence à chialer à chaque fois que tu échoues tu peux partir sur le champ, c'est pas un camp pour mauviettes ici mais pour battants et là tu n'en es pas un. Tu as fait une note déplorable, tout le monde s'est moqué de toi, tu es dans le champ de vision de Nils oui c'est vrai mais tu vas te relever et te motiver pour demain. Pour l'instant contente toi d'aller prendre une douche avec tous les autres mecs et ne pas te cacher comme une fillette comme tu l'as si bien fait ce matin, prendre à la rigolade la performance déplorable que tu viens de produire à l'entraînement et t'asseoir au premier rang pour la veillée de ce soir. Merde.
Son dos est la dernière chose que je vois avant de prendre conscience de ses paroles, Luna a raison il faut que j'arrête de m'apitoyer sur mon propre sort. Si je veux me faire respecter je dois tout d'abord me respecter moi même mais je ne peux pas y arriver si je continue d'abandonner sans cesse, Nico est tombé mais Nico va se relever.
Je pars en direction des sanitaires qui même de loin ont l'air pleins à craquer. Lorsque je franchis la porte menant aux douches, toutes les discussions cessent, tout le monde me regarde comme si j'étais le Yeti (je ne suis pas le Yeti, je suis le monstre des marais ok?!).
- Alors on a enfin décidé de prendre une douche ? me demande le garçon qui a eu le meilleur score au parcours.
- Il fallait que la lotion s'imprègne comme il faut sinon à quoi ça sert les bains de boue ?
Tout le monde éclate de rire ce qui me surprend. En tout cas ce garçon dont le prénom m'échappe se tait et baisse les yeux apparemment déconcerté par ma réponse comique.
Maintenant que tous les regards sont rivés sur moi j'ai encore plus de peine à me déshabiller, j'enlève mon T-shirt honteux de mon torse d'enfant, mon jeans et mon caleçon avec tout autant d'appréhension. Je cours pratiquement sous la douche du fond et regarde mes pieds et l'eau crasseuse couler sur mes cuisses, les autres garçons de mon âge et plus vieux parlent en petite serviette de filles ou de jeux vidéos qui sont interdis au camp. Je me dépêche de me sécher et de m'habiller mais je remarque qu'il n'y a plus personne dans le vestiaire. Ni garçons narcissiques ni d'... ni d'habits, ces salauds ont piqué mes habits. Je vais devoir me ridiculiser une fois de plus.
Je sors en essayant d'être le plus discret possible des sanitaires avec une serviette enroulée autour de mes hanches et de mon torse (j'ai l'impression de ressembler à une fille après sa douche), j'espère arriver jusqu'au champ sans que personne ne me voit. Plus que quelques pas et arriver jusqu'à mon bungalow sera un jeu d'enfant. Un jeu d'enfant sans compter le fameux qui veut se venger parce que je lui ai tenu tête 2 minutes 30 sous la douche.
- Hé tout le monde regardez, Baker est en petite serviette !
Des dizaines de personnes se sont maintenant regroupées autour de moi, le grand méchant garçon (si je n'avais pas une frousse pareille j'aurais sûrement été plus vulgaire) à leur tête.
- Alors Baker, comme ça on essaie de se rendre intéressant ? j'ai pas vraiment aimé la façon dont tu m'as parlé tout à l'heure... dit il tout en se craquant les doigts.
Cauchemar. Je commence à me faire bousculer par chacun des abrutit venu à mon enterrement, je me fais insulter parce que j'ai tenu tête à un gars populaire. Maintenant je reçois de petites pichenettes sur les corps, un garçon me retire la serviette qui servait à cacher mon torse peu développé. Les rires fusent de tous les côtés et moi j'essaie de ne pas pleurer car ça les rendrait encore plus fiers. J'essaie de maintenir la serviette que j'ai sur les hanches mais en vain, ils deviennent encore plus violents que j'en oublie presque le populaire qui m'a mis dans cette galère. J'esquive le coup d'un garçon plus jeune mais en me retournant c'est le fameux qui est bien positionné pour m'en mettre une. Il ne se gène pas. Je sens son poing défoncer les os de mon nez, j'ai l'impression que mes veines nasales explosent et remontent jusqu'à mon cerveau, tout devient noir. Ma tête touche le sol ensanglanté.
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WOLVES - La prophétie du Grand Loup
FantasyJe m'appelle Nicholas Baker. J'ai 15 ans. J'habite à Cleveland au Midwest des Etats-Unis dans l'Etat de l'Ohio. Je pourrais être comme vous, c'est-à-dire un adolescent normal avec des amis normaux, amoureux de la plus belle fille du lycée. Seulement...