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J'appuie violemment sur la tête de Carl, afin d'éviter la catastrophe. Il réapparaît en toussant et crachant, l'air hagard. J'en profite pour fuir et sortir de l'eau rapidement, afin que la situation ne se reproduise pas. Il ne tarde pas à me rejoindre sur mon transat et semble mal à l'aise.

- Je suis vraiment désolé Julie, je n'aurais pas dû faire ça !

- On oublie, c'est pas grave. Pour être honnête, tu es très mignon et tout, mais tant que Samir sera dans ma tête, ça n'ira pas plus loin que l'amitié.

Il hoche la tête et je perçois aussitôt sa tristesse, même s'il se force à sourire.

- Je vais aller voir si Nina est réveillée, à plus.

N'ayant aucune envie de rester seule, je regagne ma chambre. Marion dort encore alors je me couche à ses côtés et me laisser bercer par sa respiration.

- Eh, Juju, réveille toi !

J'ouvre difficilement les yeux, j'ai l'impression d'être encore plus fatiguée. Marion est en train de jouer avec son téléphone.

- Il est quelle heure ?

- 14 heures ! On a trop dormi, je suis pas bien là ! En plus, je crève de faim.

Elle lâche son téléphone et me passe par dessus pour sortir du lit.

- J'ai envie d'un burger avec des frites, dit-elle en riant.

- Je suis sûre qu'on aura pris 10 kilos pendant ces vacances !

Je me lève à mon tour et enfile un jogging, comme à chaque fois que j'ai la flemme.

- Allez, viens ! On va manger au restau sur la plage ! s'exclame ma meilleure amie.

A contre-coeur, je la suis et nous nous installons à table. Le service est long aujourd'hui et nos ventres grognent en même temps. Marion fait un signe de la main à quelqu'un. Quand je me tourne pour regarder la personne, je constate que c'est Mickaël, Samir et Robin.

- Tu fais chier, putain ! je m'exclame.

Il faut que je m'en aille, et vite ! Je me lève et commence à partir dans le sens opposé quand une main me retient, la sienne. Le même scénario qu'hier se reproduit et nous nous regardons dans les yeux, sans ciller.

- Reste avec nous, s'il te plaît.

Le ton qu'il emploie est si doux que j'en suis déstabilisée et ne cherche pas à protester. Je m'installe à nouveau, cette fois-ci, à côté de lui. Il ne lâche pas ma main et la caresse doucement. Cette proximité me fait chavirer et je n'ai qu'une envie, plonger dans ses bras. Mickaël, qui est situé en face de moi, me fait un clin d'oeil.

- Ca va Julie ?

J'acquiesce et nos plats arrivent. Telle une morfale, je commence à dévorer mes frites et tant pis pour les autres ! Après tout, ils n'étaient pas sensés être là !

- Passe moi une frite, me réclame Samir.

- Non.

Sans mon autorisation, il en attrape une poignée et l'engloutit avant que je ne puisse réagir. Je lui lance un regard noir et, pour toute réponse, il m'adresse un grand sourire. Ce mec me fait tellement craquer, c'est frustrant de ne pas pouvoir résister !

- Alors, ma beauté, tu t'es bien amusée la semaine dernière ?

Je hausse un sourcil quand il prononce ces premiers mots.

- Je ne suis pas "TA beauté". Et oui, on s'est bien amusées, jusqu'à ce que Marion décide me planter un couteau dans le dos.

Je dis cette phrase assez fort pour qu'elle entende et celle-ci me regarde, toutes griffes dehors. Mickaël l'empêche de répondre et le reste des plats arrivent.

- Vous avez fait des activités ? continue Samir.

- Non, pas vraiment, pourquoi ?

Il ricane et entame son burger.

- Vous venez ici et vous faites même pas du jet-ski ? De la plongée ou de la visite ? Autant rester en France et prendre un abonnement pour des UV !

C'est vrai, il n'a pas tort. Je termine mon assiette en silence pendant que les autres discutent entre eux quand Samir se lève et me tend la main.

- Allez, fais pas la mauvaise ! Je t'emmène quelque part, tu vas kiffer.

Je l'attrape et le suis à sa voiture. Il nous conduit jusqu'à une école de plongée, et je commence déjà à ressentir l'excitation à l'idée de nager dans ces eaux turquoises. Le moniteur explique tout, nous nous mettons en tenue et une fois dans l'eau, le plus dur et de réussir à respirer avec la bouteille d'oxygène. Je panique plusieurs fois, ce geste n'étant pas naturel pour moi mais Samir me pousse à ne pas abandonner. Une fois ce problème passé, nous passons un après-midi magique au fond de la mer. Nous croisons des poissons colorés tous plus beaux les uns que les autres et une sensation de plénitude m'envahit. Le charme se brise quand nous remontons à la surface et enlevons le masque. Une fois sur le bateau, Samir m'embrasse fougueusement et je me laisse faire, emportée par mes sentiments et ce merveilleux moment. Je n'ai qu'une envie, rester dans ses bras toute ma vie.

- Il est 18 heures, tu veux faire quoi ? me demande-t-il.

- Je vais rentrer prendre une bonne douche.

- Je t'invite au restaurant ce soir, d'accord ? Pour qu'on fête nos retrouvailles.

J'acquiesce et il me donne rendez-vous à 20h30 devant le club. Je croise Carl dans le couloir qui mène à ma chambre mais il fixe le sol en passant, toujours gêné par l'épisode de ce matin. Je fonce à la douche pour me débarrasser de tout ce sel qui colle à ma peau et mes cheveux. Je me demande ce qu'a pu faire Carl de sa journée et s'il compte m'éviter tout le reste des vacances. Ma douche finie, j'enfile une robe longue noire fendue sur tout le côté. Mes cheveux sèchent à l'air libre afin qu'ils ondulent naturellement et je n'applique aucun produit de maquillage, le soleil me donnant naturellement bonne mine. Il est presque 20h30 quand je sors et Samir est déjà là, adossé à sa voiture, parfaitement habillé et un bouquet de roses rouges à la main. Son regard observe chaque centimètre carré de mon corps et je vois bien que la robe lui fait de l'effet. Les larmes me montent aux yeux quand il me tends les fleurs et me dépose un baiser sur le front. Je n'en reviens pas de ce changement de comportement.

- Où va-t-on ?

- Surprise, me dit-il avec un clin d'oeil.

Je ne réponds rien et durant tout le trajet, il laisse sa main sur ma cuisse. Arrivés au restaurant, je lâche un petit cri d'admiration. Il ne s'est pas fichu de moi, l'endroit est magnifique et je sens bien que l'on ne va pas nous servir un simple burger.

- Ca te plait ?

Je hoche la tête, la gorge nouée par l'émotion. Il m'attrape alors par la taille et me colle à lui, plongeant son regard noir et perçant dans le mien. Le baiser qui suit est fougueux, presque bestial et je tremble lorsqu'il se termine.

- Je sais déjà ce que je prend en dessert, dit-il en riant.


JulieOù les histoires vivent. Découvrez maintenant