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Parfois il suffit d'une personne, d'un geste. D'un détail presque inaperçu pour changer la donne.  


Après les cours, j'ai suivis Harry jusque chez lui

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Après les cours, j'ai suivis Harry jusque chez lui. On était que tous les deux dans sa chambre. C'était rare mais j'aimais bien. Il me portait une attention particulière qui lui vient de je ne sais d'où mais qui est agréable à recevoir.

- Tu es beau comme ça. M'a-t- il dit alors qu'on était tous les deux debout, au milieu de sa chambre, face à face.

J'ai rougis et baissé la tête, mais il m'a fait relever le menton pour que nos yeux se croisent encore. Harry était pour moi comme un sauveur. Il ne m'a pas seulement sauvé des coups de ces skatteurs, il a fait bien plus encore. Chaque jour il me sauve de moi même. Il a ce pouvoir de réussir à me faire mettre de côté toutes les personnes qui m'abattent pour essayer de faire ressortir le meilleur de moi même. Je pense qu'on connaît tous cette personne. Cet anti-dépresseur. Cette personne qui, avec un sourire peut refaire toute une journée. Cette personne qui avec un mot pour te rendre heureux comme jamais. Cette personne là pour moi, c'est Harry.

Voilà maintenant plusieurs semaines que je traînais avec lui, et j'ai fini par modifier mon style vestimentaire, pour être un peu comme eux. Avant, je n'aimais pas vraiment le noir, du moins, le porter totalement, mais finalement j'y ai pris goût. Je n'ai, cependant, pas laissé pousser mes cheveux et je refusais catégoriquement de les faire revenir à leur couleur naturelle ou que je les teigne en noir. Je voulais rester blond et les gars respectaient ça. J'ai fini par accepter de mettre de l'eye-liner. J'ai accepté parce que c'est Harry qui me l'a demandé, et que je ne peux rien refuser à Harry. Ça peut paraître vraiment puéril, mais je lui dois bien un minimum de reconnaissance. Il me prêtait son maquillage et j'en mettais un peu, en arrivant au lycée, car il était hors de question que mes parents voient ça. Et avant de rentrer, Harry me passait du démaquillant pour que je me nettoie. Mais ce jour on avait oublié.
On a parlé de tout et de rien ce jour là. C'était différent que lorsqu'il y avait les autres. Il était un peu plus proche de moi. Un peu plus tactile. Un peu plus attentif. Et moi, je me sentais un peu plus en sécurité. J'aurais aimé rester une éternité dans ses bras, couché sur son lit. Mais comme on dit, toutes bonnes choses ont une fin et pour que cela recommence il faut que ça se finisse. Alors, tristement j'ai quitté sa maison pour rejoindre la mienne, d'un pas las et peu enjoué.

Lorsque je suis rentré dans l'habitat, je suis passé par la cuisine pour manger une pomme. Il était assez tard, et ma famille avait déjà mangé. Mais, alors que je pensais qu'ils seraient dans leur chambre, ma mère et mon beau-père étaient dans la cuisine, m'attendant, l'air mécontent.

- Où étais-tu ? Me demanda ma mère, les bras croisés sur sa poitrine et le regard sombre.

- Chez un ami. On a fait nos devoirs et puis on a discuté. Ai-je répondu, tranquillement.

Mon beau-père s'est approché de moi, et a passé son doigt sur mes yeux. Merde. J'ai vu comme de la rage dans ses pupilles et ses sourcils se sont dangereusement froncés à un tel point que j'ai cru qu'ils allaient se coincer dans cet alignement. Il s'est retourné vers ma mère et il lui a dit des mots en montrant son index, que je n'ai pas compris ou plutôt que je n'ai pas pris la peine de comprendre. Dans ma tête, une panique s'est rapidement installée et toute sorte d'excuses aussi stupides les unes que les autres ont fusées. Une bataille intérieur s'est mise en place, malgré le fait que je savais d'avance que j'allais perdre mes moyens, je me forçait à croire que j'allais réussir à trouver une bonne excuse et qu'ils me laisseraient tranquille. Ma mère aussi était très énervée, puis, sans que je la voie arriver, elle s'est avancée vers moi d'un pas décidé et sa main s'est fortement écrasée sur ma joue, laissant sur son passage une terrible sensation de brûlure. Jamais elle n'avait osé me gifler. Non, jamais elle n'avait levé la main sur mon frère ou moi. Elle avait même fait la promesse de ne jamais le faire. A croire que cet homme la change du tout pour le tout.

Mon frère est arrivé dans la cuisine au même moment que la main de notre génitrice s'était abattu sur mon visage, et en tournant la tête vers lui, je m'attendais à voir son regard moqueur, qu'il avait chaque fois que ses yeux ses posaient sur moi, mais non. Il avait l'air choqué, tandis que moi, j'ai fondu en larme. J'avais l'air complètement minable avec le noir coulant sur mes joues.

- Je vous l'avais dis, il est gay. A dit mon frère, calmement, chassant rapidement son air choqué pour le remplacer par un visage neutre, presque impassible. J'ai d'abord pensé qu'il allait sortir une moquerie ou rire de moi, mais pour une fois il était sérieux et ne se moquait pas en disant ça. Évidemment, il a un ami qui est gay.

- Ce n'est pas vrai, Niallaëlle. Hein, ce n'est pas vrai, tu n'es pas gay ! A presque crié ma mère, comme si ca aurait été la pire chose qui arrive à sa famille.

Bien sur que non ce n'est pas vrai. Bien sur que oui je suis hétérosexuel. Ne se souvenaient-ils pas de mon ex, lorsque j'étais fou amoureux d'elle, et qu'elle, elle sortait avec moi pour pouvoir m'humilier ensuite ? Ne se souvenaient-ils pas à quel point j'avais mal ? Mais pourtant, j'ai répondu que c'était vrai. Mon frère a dit qu'il le savait, et que c'était évident. Ma mère a pleuré avant de quitter la pièce sans oublier de me lancer un regard de dégoût, me renforçant dans l'idée que je suis un déchet dans cette famille. Je craignais la réaction de mon beau-père. Il était là face à moi à me regarder dans les yeux. Puis, il m'a poussé contre un mur en m'insultant. Il m'a tapé, et moi je pleurais. C'est finalement Greg qui l'a arrêté. Je pensais qu'il allait dire quelque chose du genre « il n'en vaut pas la peine » ou « il va te contaminer » mais non, il l'a prit par les épaules et l'a monté dans sa chambre. Moi je suis resté au sol, à pleurer comme une fillette de 5 ans qui a cassé sa poupée ou déchiré un peu de la dentelle de sa jolie robe rose pâle. Sauf que moi j'ai 15 ans, je suis un garçon et c'est mon cœur qui est cassé, mon âme qui est déchirée.

Greg est ensuite revenu et m'a aidé à me relever. Je l'ai interrogé du regard et il m'a simplement souris. Et je me suis senti bien. Il m'a, moi aussi accompagné jusque dans ma chambre. Il est entré et à attendu que je me couche. Puis, il s'est approché de moi et m'a fait un baiser dans les cheveux. J'ai fermé les yeux, et profité de la sensation. Ca faisait des années qu'il ne s'était pas comporté comme ça avec moi.


Autodestruction | NARRY |Où les histoires vivent. Découvrez maintenant