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" La vie s'arrête lorsque la peur de l'inconnu est plus forte que l'élan."

Hafid AGGOUNE

*

— Musique, musique, musique ! Tu n'as que ce mot-là à la bouche ! Pourrais-tu me parler d'autres choses ?

— Mais Maman ! Je te parle de mon métier justement !

— Brouuuuuu !

— Quoi Brouuuuuu !

— Et tes petits patients alors ? Raconte... Voilà ce qui m'intéresserai plus que tes histoires de chansons, de notes parfaites et d'arrangements. Je n'y comprends rien !

— Ben je ne peux pas.

— Et pourquoi ça ?

— Secret médical !

— Sisi tu veux bien arrêter cinq minutes ? Tu ne vas diffuser ces informations dans la gazette de Douarnenez ! Allons enfin !

— Alors je tairais leur nom pour je te raconterai un tout petit peu.

— Ce sera toujours mieux que la musique !

— Ma-man !

— Ah mais je ne vais m'excuser d'être franche ma Sisi.

Depuis quelques jours je suis chez Maman à Douarnenez. Nous passons notre temps à nous chicaner pour un oui ou pour un non au grand damne de Grand-mère. Avant, je n'aurai pas été capable de supporter un week-end en presque tête à tête avec elle, mais avec le temps nous devenons de plus en plus proches.

J'ai l'impression que plus je grandis, plus j'aime ma mère. Et puis la voir prendre soin de sa propre mère au quotidien, me fortifie dans l'idée que Maman n'est quand même si égoïste que ça.

J'ai même l'impression que je me suis trompée sur elle. Elle m'apparaît comme quelqu'un de plus fragile et plus sensible que je ne le pensais. Tout l'inverse de mon père, que j'ai l'impression de découvrir à l'inverse, distant et versé sur sa propre personne.

Depuis qu'il est parti dans les îles avec Jemima, on ne le voit pratiquement plus. Et même avec tous les moyens de télécommunications modernes, on ne se parle que quatre fois par an : Anniversaires respectifs, Noël et Nouvel an. Dylane et Maceo font le même constat affligeant: Papa n'en a plus rien à cirer de ses enfants !

Il sauve les apparences en envoyant un sms perdu de temps en temps mais en réalité, il ne s'intéresse que très peu à nos vies, ni même à celles de ses deux petites-filles.

Tellement décevant !

Je me rends compte que ce n'est peut-être Maman que nous avions mal juger. En apparence, elle était la moins fiable des deux, mais la réalité est tout autre. Je préfère même ne pas y penser tant cette situation me retourne le cœur !

*

La soirée de fin d'année de l'hôpital a été un succès. Je me suis rarement autant amusée. Ça m'a surtout fait du bien de chanter devant tout ce monde. Et ça m'a rassuré de savoir que je n'avais rien perdu de ma capacité à vocaliser.

Nilani a passé sa soirée a dragué tout ce que l'hôpital compte de médecins, riches, mignons et branchés.

J'exagère certainement mais je ne suis pas très loin de la réalité !

CHORUS     Où les histoires vivent. Découvrez maintenant