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" La douleur n'apparaît jamais sans raison. Elle apparaît pour nous forcer à changer quelque chose dans nos vies. "

Auteur Inconnu

*

Enfermée dans ma chambre d'hôpital, je ne parviens pas à savoir si je vais mieux. Peut-être parce qu'ici je me sens protégée et que j'ai bien trop peur d'affronter la réalité.

Quentin passe me voir dès qu'il le peut. Sa simple présence me rassure mais je ne parviens pas à le lui dire. Ma famille appelle chaque jour pour avoir des nouvelles et ça me fait chaud au coeur. Maman ne peut pas venir à Paris pour l'instant, car elle ne peut pas laisser grand-mère toute seule. J'aimerai lui dire de ne pas s'en faire mais je ne parviens toujours pas à parler.

Je suis entravée par des fils et des machines qui surveillent mon état. Apparemment, mon cœur a dangereusement ralenti lors de mon malaise et j'ai une légère commotion cérébrale. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal. La vision de Stan m'a arraché le coeur et la vision de Stan avec une autre m'a complètement anéanti. Les sentiments que j'ai conservé pour lui sont partagés entre un amour féroce et une colère intense.

Clairement, je ne sais plus où j'en suis !

Et ce pauvre Quentin qui se sent coupable de ce qui est arrivé. Il pense réellement que c'est à cause de la pression autour de l'emménagement et du projet de mariage que j'ai saturé.

Je ne parviens pas à me confier. Même à Nisrine, mon amie de toujours. Je n'ai ni la force, ni le courage de raconter ce qui ne va pas. Là, j'ai juste envie de dormir. Dormir et oublier que Stan existe encore.

*

— Alors elle peut sortir aujourd'hui ? Demande Nilani.

— Oui. Elle a retrouvé un rythme cardiaque normal.

— Et la commotion ?

— Elle se résorbe bien mais il lui faudra du repos.

— Et pour la parole ? Interroge Nilani.

— Il n'y a aucune séquelle. C'est purement psychologique. Mademoiselle Le Kervellen reparlera quand elle le voudra, dit le médecin en souriant.

Je suis la conversation sans ajouter quoi que ce soit. Nilani est fait le lien avec ma famille. Elle a été géniale avec Maman. Dans la voiture, le silence est effroyable. Mon amie qui ne supporte pas cette triste ambiance se met à faire la conversation, sans jamais attendre mes réponses.

— Dylane, Maceo et Nisrine arrivent ce soir pour te voir.

— ...

— J'ai préparé un poulet Massala, comme ça on est tranquille. Et puis c'est bon le poulet Massala. Je ne l'ai pas trop épicé.

— ...

— Tu crois qu'on dort comment ? Je mets Maceo dans le canap n ? Si seulement tu pouvais parler.

— ...

— Désolée d'avoir ajouté de la pression avec cette histoire d'emménagement. Je ne pensais pas que c'était autant stressant.

— Arrête-toi s'il te plaît !

— Elsie ? Tu parles ?

— Allez gare-toi !

— Par Shiva ! Tu veux que je meurs, c'est ça ?

En pleurs, j'explique à Nilani,tout ce qui pèse dans mon cœur. Je sais qu'elle ne me jugera pas et je me confie à elle pour évacuer. Son visage se fige et grimace en même temps. Tel que la connais, elle doit déjà être en train de chercher une solution.

CHORUS     Où les histoires vivent. Découvrez maintenant