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" Il faut se quitter souvent, pour s'aimer toujours. "

Proverbes Français

*

Il pleut sans arrêt depuis dix jours et sans surprise, on ne bougera pas de l'appartement ce week-end. Nisrine est arrivée hier soir de Montpellier et visiblement, le soleil du sud ne l'a absolument pas suivi.

Toutes les balades prévues tombent à l'eau. Heureusement, qu'on a de quoi s'occuper parce que franchement, il n'y a rien de plus déprimant.

Nisrine me fait un peu le résumé de sa vie et m'apprend qu'après toutes ces années de silence, sa mère lui reparle enfin. Elle est même venue rencontrer son petit-fils. Pour ce qui est de son père. Statut Quo. Il refuse d'entendre parler de sa fille – il ose dire qu'il n'en a plus – puisque Nisrine et son cher mari ont récupéré la petite soeur de cette dernière chez eux. C'était la seule façon de la libérer du joug familiale beaucoup trop lourd pour ses frêles épaules.

Enfin ! Les histoires de Famille de Nisrine sont toujours d'actualité. Sa chance, c'est que sa belle-famille agit avec beaucoup d'amour et de générosité avec elle. Je suis contente de la savoir épanouie.

Nisrine est comme une soeur. Elle a connu toutes les galères de ma vie. Nous avons grandi ensemble, et je me félicite d'être encore son amie aujourd'hui. Surtout quand on voit que Tanesha n'a jamais daigné renouer avec nous. Parfois je repense au trio que nous formions, et je regrette que notre amitié ait été enterrée si vite.

J'explique à Nisrine la situation dans laquelle je me trouve depuis le retour de Stan. Elle m'écoute religieusement, reste un moment sans rien dire, puis me lâche très sérieusement :

— Il va falloir que tu te calmes. Il va falloir que tu te poses. J'ai l'impression que tu vis en apesanteur, il faut redescendre sur terre Sissi !

— Mais je sais !

— Le problème, c'est que tu sais toujours, mais que tu ne fais jamais rien. T'es une femme maintenant ! Tu ne vas pas laisser tes sentiments d'adolescentes éplorée chambouler ta vie, quand même ?

— Mais c'est pas ça...

— Et bien c'est quoi alors ? Vraiment je ne te comprends pas. Et tu devrais laisser Quentin tranquille, il ne mérite pas tout ça.

Mon coeur se serre.

— Tu devrais le laisser poursuivre sa vie sans toi. Parce que tu ne sais toujours pas ce que tu veux et lui, il souffre peucher, dit-elle avec son fort accent méditerranéen.

— Mais j'aime Quentin !

— Pas comme tu le devrais.

— Je veux vraiment que ça marche entre nous !

— Prouves-le lui alors ! Parce que d'après ce que je comprends, il désespère de t'avoir rien qu'à lui un jour.

— Je fais tout de travers... Encore. Toujours.

— Tu sais combien je t'aime mon Elsie, mais he suis obligée de te dire la vérité. Tu vas finir par te brûler les ailes à force de papillonner comme tu le fais. Prends du temps pour toi.

CHORUS     Où les histoires vivent. Découvrez maintenant