14 : Chlorure de Vinyle

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François chauffait le dé du Monopoly dans sa main droite, sous les yeux enragés de sa famille, qui attendait avec impatiente qu'il jette le dé sur la table. Félix était avachi sur le bar, en écrabouillant presque sa liasse de faux billets du jeux de société, que son père avait été chercher dans le grenier, il y a un peu moins d'une heure de cela, alors que François venait de lancer son dé, qui était tombé sur 4. Le plus jeune autour de la table, avançait de 4 cases, avant de pleurnicher et de jeter le dé sur son frère, car il était tombé sur la case «Prison». Félix ricanait dans son coin, le dé dans la main, qu'il finit par lancer, alors que son petit frère ne s'était pas encore remis de sa défaite personnelle.

– Alors ? T'achètes ? Lance Jean-Charles, en jetant un coup d'œil au plateau du jeu.

– J'achète, mon vieux. Souffle Félix, en plongeant sa main dans la boîte, pour y sortir une petite maison verte en plastique, qu'il dépose sur la case sur laquelle son pion venait d'atterrir.

– J'ai du mal à croire que toutes les écoles publiques de la région soient fermées, pour quelques gouttes de pluie. Grogne Francine, en attrapant une boîte de biscuits sur le plan de travail, à côté d'elle.

– Ils parlent d'une tempête, mais je crois pas à toutes ces conneries, et puis comment ils peuvent prévoir la météo ? Aboie Jean-Charles, en lançant le dé, à son tour.

Félix gigotait de la tête, en ayant entendu l'ânerie que son père venait de sortir et qu'il trouvait particulièrement débile. Il soupire une fois de plus, avant de décroiser les bras et de sauter du tabouret, où ses chaussettes à motifs carottes rencontrent la moquette grise de la cuisine.

– Je quitte la partie. Soupire-t-il, après avoir volé un biscuit dans la boîte métallique.

Il grimpe les marches deux par deux et plonge dans son lit, qui était pour une fois fait du matin et que Félix s'était forcé à faire, en raison de sa bonne humeur, lorsqu'il a appris la fermeture des écoles, à la radio. Allongé sur toute la longueur de son lit une personne, l'adolescent claquait ses longs doigts sur sa guitare électrique, en zieutant un point fixe, face à lui. Félix dévale de son lit, rampe jusqu'à son sofa en cuir vert foncé et tire son carton qui déborde de baskets et autres chaussures, pour fouiller à l'intérieur. Il extirpe un talkie-walkie de la boîte en carton, où une étiquette scotchée au dos de l'appareil avec l'inscription « Crétin » menaçait de se décoller. Il appuie sur le bouton on/off de l'engin et enfonce son pouce sur le gros bouton noir, pour communiquer avec l'autre appareil, qui appartenait à son petit frère et qu'il avait toujours sur lui.

– François, tu me reçois ? Murmure Félix, en maintenant le bouton pour rentrer en contact avec son frangin, à l'étage en dessous.

– Affirmatif. Rapplique François, après que son frère, ait lâché le gros bouton du milieu.

– Ok, alors dis à JC qu'il est moche et débile.

–Entendu, soldat. Récite François, en passant le dé à sa mère. Félix dit que tu es moche et débile. Marmonne-t-il, sans avoir lâché le bouton pour parler dans le combiné.

Félix pouffait dans son fauteuil une place, fière de sa sottise, avant d'appuyer de nouveau sur le bouton on/off, pour couper la communication entre les deux frères. Il balance la petite machine dans le carton et enfouit son bras dans le fond de la boîte, pour en empoigner une autre, que son père s'était procuré pour la chasse et qui pouvait recevoir des ondes jusqu'à 10 kilomètres de distance. Un rictus se colle sur son visage, lorsque que ses yeux tombent sur le talkie-walkie de son père, avec comme lettres au crayon gras sur l'étiquette : « June ».

FélixDes histoires addictives. Découvrez maintenant