Paris est gris. Paris est moche. Cela fait maintenant deux ans que j'y suis et toujours la même odeur, la même amertume et la même grisaille environnante bien que l'on soit au mois d'août.
Je me dirigeais d'un pas vifs vers le Lycée Édouard Manet. C'est là-bas que je devais entamer ma dernière année avant d'obtenir mon master en arts dramatique. Cette année, Monsieur Lelièvre avait fait preuve de créativité en nous forçant à faire un stage d'un an avec une troupe de comédie musicale car selon lui "c'est la forme d'art la plus complète avec la danse, le chant et le théâtre". Mon oeil oui.
Et oui mon oeil, c'est lui du moins ce sont eux mes yeux qui ont bousculé toute ma vie car j'étais bien tranquille moi avec mes chiens, mes chats et mes chevaux. Je n'avais aucun petit ami et je n'en chercher aucunement un. De plus mon désir d'avoir des enfants était aussi important que ma QI en physique. Je n'aurais jamais du le regarder, jamais dû lui montrer que j'avais été troublé par ses yeux bleus glacials, jamais...jamais. Mais il l'a fallut. L'histoire était écrite de la sorte. Je pénétrais dans le gymnase avec les autres potes - si pour certains on peut encore les désigner ainsi- et je le vis.
Rien que lui, assis par terre, en tailleur avec un panama sur la tête. Il était dans un espèce de jogging grisonnant -tout comme Paris qui commençait à s'éclairer avec les quelques rayons de soleil qui peinaient à traverser les nuages- et seuls ses yeux bleus amenaient de la couleur.
Je ne puis dire et je continue de ne le pouvoir qui posa les yeux en premier sur l'autre. Je ne me souviens même plus de ma réaction face à son attitude. Je savais que je me maudissais et lui aussi. Il y avait quelque chose dans ses yeux. Pas quelque chose de méchant, mais un truc. Pas qui nous drague mais quand même. Je me rapelle de m'être assise et d'avoir médité pendant les deux premières heures sur les fractions de secondes que je venais de vivre.
J'avais beau lutter contre moi - même mais il fallait que je me rende à l'évidence. Je l'aimais. Je n'avais pas le droit. Je ne pouvais pas l'aimer. Je ne suis pas faite pour aimer quelqu'un. Je le sais car tous les garçons qui me plaisaient au collège et que j'aimais - que ce soit secrètement ou non- ne s'intéressaient jamais à moi. J'étais celle que l'on ne regardais jamais et que l'on faisait exprès de ne pas voir. J'étais celle qui voulait me faire apprécier mais qui n'a jamais reuissi. J'étais celle qui se braquait, qui avait du se mettre dans la tête l'évidence que personne ne voudrait s'engager avec elle. J'ai alors fabriqué ma carapace de glace et m'interdisant de montrer n'importe lequel des sentiments.
Mais lui. Lui avais fait une infime fissure sur ma carapace. Cela me coutair chère, très chère. Et il a du le savoir.
Toute l'agitation pour leurs répétitions de malheur ne me déranga. Au contraire j'étais noyée dans la masse. Et je réfléchissais. Je me faisais de films. Oui. Il ne m'a jamais sourit...Il l'a fait à quelqu'un d'autre... Moi je ne suis rien...rien.
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Intrusøs (Tome 1)
KurzgeschichtenC'est magnifique de porter la vie diriez-vous à une femme qui refuse de la faire... Moi je ne dis pas que cela est bien ou mal, je raconte juste mon aventure, mon point de vue... Ils ont été trois. Trois a avoir été...des intrus?! Ce tome est le...