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Où sont les couleurs de ma vie ?

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Le voyage s'est fait en silence, et c'est mieux comme ça. Après avoir ramené Jenni et Tom chez eux, nous sommes rentrés à la maison. Elle est si vide sans elle. En entrant, je ne peux m'empêcher de laisser les larmes dégouliner mes joues en voyant des photos d'Olivia, son sourire rayonnant. Je passe lentement mes doigts sur son visage, comme pour le sentir une dernière fois. Je laisse mes doigts retombés, sans les retenir,  je suis vide de vie. Je monte les marches de bois, grinçant sous mon poids,  bifurque à gauche et pénétre dans la chambre de ma petite soeur. Tout est exactement comme elle l'avait laissé, ses Barbies couchées sur le sol, ses peluches autour d'une table violette, buvant un thé et son lit défait. Son odeur est encore là,  mon regard se pose sur son poster,  une photo agrandie d'elle, Tim et moi. Les larmes ruissellent. J'aperçois une feuille sur son bureau,  je la prends et commence à lire : 《 Je suis impatient d'être demain !  Je vais faire les magasins avec ma grande soeur chérie 》.

Je serre fort la lettre contre moi, demain c'est son anniversaire et au lieu de porter sa robe à fleur, elle portera une robe noire. A son âge,  on se mérite de découvrir toutes les couleurs du monde et elle, elle a touché aux couleurs du ciel. Je m'assois sur son lit.
* Flash back *
- Amber ?
- Oui, Olivia ?
- Dis, c'est quoi ta couleur préférée ?
- Euh, le vert et toi ?
- L'arc-en-ciel.
- Mais ce n'est pas une couleur ma puce.
- Je sais mais c'est comme la vie, un peu de toutes les couleurs.
Je lui souris,  elle a toujours été très intelligente pour son âge. Surdouée comme certains le disent mais moi je préfère Génie.
* Fin flash back *

Le crie de ma mère me sort de mes pensées :

- Amber !

- Oui maman ?

Je descends les marches et la trouve au salon, le téléphone en main.

- Je dois téléphoner à vos grands-parents pour l'enterrement. Tu peux aller chercher Tim à la garderie ?

- Oui bien sûr.

J'enfile ma veste en jeans et des baskets noires et sors. La garderie n'est pas si loin de chez nous, à 10 minutes,  un peu près. Juste le temps de réfléchir à tous les événements qui se sont produits en si peu de temps. Je marche lentement,  donnant des coups de pieds dans les pierres se trouvant sur mon chemin. Le vent commence à souffler et les oiseaux ne chantent plus, ça sent l'orage. J'active ma marche et arrive à la garderie. L'air frais et conditionné m'attaque le visage. Je ne changerais jamais d'avis, ils sont fous avec la climatisation. Un long couloir peint de plusieurs couleurs et décoré de multiples tableaux pour enfants s'allonge devant moi. Je dépose mes souliers devant l'entrée et m'avance dans ce long couloir coloré. J'aimerais que ma vie soit autant colorée que ce mur, j'aimerais qu'elle ne soit pas si froide, mais ma vie est délavée, comme si une gomme était venue ôtée toutes les couleurs qui l'habillaient auparavant. Au bout du couloir, je bifurque sur la gauche et arrive à la réception. Un homme, d'une trentaine d'années, m'aborde avec un sourire :

-Bonjour je peux t'aider ?

- Oui, je viens chercher Tim Newton.

- Et vous êtes ?

Je sors la feuille comme quoi j'ai le droit de venir le chercher et la lui tend. Oui, ça fait un peu prison, mais ce ne sont que de simples mesures de sécurité que j'adhère totalement. L'homme m'indique la salle dans laquelle il joue et je m'y rends. J'atteins une baie vitrée et vois Tim, assis sur un tapis en mousse, tournant les pages d'un livre. Il lève la tête et ses yeux bleus rencontres les miens. Dès ce moment, j'ai eu une certitude. Il sera la raison de me battre à travers les péripéties de la vie. Il sera celui que je protégerais coûte que coûte,  je ne laisserais jamais personne lui faire du mal, jamais je ne le laisserais se faire du mal. Il sera ma raison d'être ici,  de vivre et de me battre. J'entre dans la salle de jeu et Tim accourt vers moi. Je l'enlace dans mes bras. Il est tout petit mais si mignon. La femme qui s'occupait de lui m'informe qu'il n'a presque rien mangé. Comme si il avait senti quelque chose. Je la remercie,  sors de la pièce Tim avec moi, prends sa poussette rouge dans le coin de la pièce et repasse dans le long couloir coloré puis je reprends mes souliers pour enfin être à l'extérieur,  à l'air libre. Je marche sans trop même penser à où je vais. J'aime sentir le vent sur ma peau. Le temps n'a pas changé, le ciel ne va pas tarder à lâcher des éclairs, de la pluie et des bourrasques de vent. Vive l'été, noté le sarcasme.  Tim ne fait que de parler, je le regarde en souriant. Ce petit est plein de vie, Olivia aurait voulu le voir grandir, il a besoin d'elle au près de lui. Les larmes dévalent mes joues,  il va devoir évoluer sans sa grande soeur, son modèle. Que va-t-on lui dire quand il nous demandera qui sont les gens avec nous sur la photo sans savoir qu'il s'agit de son père et de sa soeur. Tim a levé la tête vers moi et pointe mes larmes de son doigt. Je les sèche d'un revers de manche et lui dit :

- Ce n'est rien Biboutch ( surnom donné à mon propre frère ). On pleure souvent mais le temps va sécher mes larmes tu verras, maman aussi va beaucoup pleurer et il y aura beaucoup de personne à la maison. Olivia est partie pour un très long voyage,  un beau voyage. Tu la reverras dans très longtemps.

J'arrête la poussette et le serre dans mes bras. Il prend des mèches de mes cheveux et les entortille ensemble. Il ne me répond pas, bien évidemment,  mais je suis sûre qu'il comprend. Il passe son doigt à l'endroit où les larmes avaient coulées tantôt et il souffle. Je lui souris et il me rend le sien en retour. Je me relève quand j'entends quelqu'un crier mon prénom :

- Amber ?

Je lève la tête et cherche du regarde mon interlocuteur. Une fille aux longs cheveux blonds court vers moi, Magalie ?

- Tu me veux quoi ?,  lançais-je, lorsqu'elle est à ma hauteur.

- Je suis désolée pour ta soeur, me répond t-elle.

Ses yeux verts émeraudes semblent triste tout comme le timbre de sa voix, et plein de compassion. Mais mieux vaut se méfier avec elle.

- Je ne veux pas de ta pitié, si c'est Estelle qui t'envoie va, retourne lui coller au cul ! J'ai pas besoin des filles comme vous pour m'ensortir dans la vie.

Ses yeux émeraudes regardent le sol, je l'ai blessée ?

- En fait je voulais..., elle ne put finir sa phrase qu'une autre personne cria son prénom.

- Magalie tu fous quoi là ? Pourquoi t'es partie comme ça ?

Estelle vient d'arriver, comme si j'avais envi de voir sa tête de...je vais me calmer et rester polie.  Elle me regarde de haut en bas, et une claque tu la veux quand, je hais son regard.

- Bah tiens, Amber, tu fais quoi ici ? T'es pas en train de pleurer ta soeur ? Même elle ne te voulais pas, la preuve elle n'est plus là, et ton père non plus, personne ne veut de toi, tu crées le mal partout.

Ses yeux bleu ciel rencontres les miens. J'ai envi de lui sauter dessus, de lui arracher les cheveux un à un, de lui faire goûter le goût du sang. Elle a été trop loin, elle n'avait pas le droit, elle a tout de même raison, personne ne m'aime et si je ne servais à rien ? Et si personne ne m'aimait ?

Je quitte les deux filles sans un mot, à quoi bon ? Je cours en poussant la poussette jusque chez moi. Je prends Tim et laisse toutes les affaires traînées sur le sol,  je n'ai plus la force. J'entre dans le salon et trouve ma mère ivre,  une bouteille de Vodka à la main. Non, ça recommence.
* Flash back *

Mon père venait de quitter la maison, ma mère n'en pouvait plus, elle avait été dans plusieurs centres de repos après avoir sombrée dans l'alcool. Ces temps là elle m'avait insultée, frappée,  rabaissée. Je lui avais pardonné et voilà que ça recommence...
*Fin flash back*

Lorsque je la vois dans cet état, je monte mettre Tim au lit, je ne veux pas qu'elle lui fasse du mal. Je redescends, ma mère est toujours allongée. Je m'assois sur le fauteuil en face d'elle. Ma mère ouvre un oeil et elle se lève. Elle quitte le salon et va dans le corridor. J'allais m'affaisser lorsque ma génitrice hurle mon prénom.

- Oui maman ?

Je vais à mon tour dans le corridor.

- Tu peux me dire ce que c'est ce bordel ?

Elle me pointe mes affaires sur le sol.

- Désolée, je n'avais pas la force et...

- Et quoi ?, me coupe t-elle. Tu t'es dis que j'allais le faire ? Tu n'es qu'une bonne à rien, une merd*.

Sa main se lève et percute violemment ma joue. Je porte ma main contre celle-ci brûlante. Sans plus un mot, je rassemble mes affaires et monte dans ma chambre. Où sont les couleurs de ma vie ? Ma soeur est morte, mon père partit et ma mère ne m'aime pas. Dans des pleurs, je m'endors durant je ne sais trop combien de temps.


C'est la fin du chapitre désolée de ne le poster seulement maintenant mais je n'avais pas la tête à ça, mon cousin est mort depuis 5 ans, donc voilà. J'espère que le chapitre vous aura tout de même plu.
Bisous :*

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