CHAPITRE 12

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SOUFFRANCE INATTENDUE

Il y a quelques jours, j'ai eu la peur de ma vie. Aujourd'hui, ma vie me fait peur. Comme tous les matins, je me réveille dans mon lit. Je suis fatiguée, même si je viens de dormir une nuit complète, pas moins de dix heures. C'est incompréhensible comme j'ai mal à toute les parties de mon corps. Les bruits résonnent dans ma tête dans un écho féroce. Je lâche un grognement en enfonçant mon visage dans mon oreiller. Une personne frappe à ma porte et je réponds par un autre grognement, plus puissant, question que la personne cachée l'entende.

- Madison, tu m'étonneras toujours toi... chuchote la voix aimante de ma mère. Je me redresse, les cheveux qui recouvre mon visage, et la regarde avec sommeil.

- Qu'est-ce que j'ai fait encore? je lui réponds en passant ma main ma figure.

- Oh ma chérie... tu es incorrigible... allez! Lève toi, tu vas aller en cours!

- Non, maman, j'ai vraiment trop mal partout pour aller en cours, je ne sais pas ce que j'ai fait... mais j'ai l'impression d'avoir couru un marathon, pourtant je n'ai rien fait de tel hier!

Elle me reluque avec une nuance dinquiétude dans le regard. Elle fronce les sourcils avant de soupirer, de lever les yeux au ciel avant d'avoir l'air de comprendre quelque chose dans tout ce charabia. Elle me fait un maigre sourire avant de fermer la porte tout en s'assurant de rester dans la même pièce que moi. Elle s'approche lentement et s'assit au pied de mon lit en me regardant tendrement.

- Je crois savoir ce que tu as, mais je ne crois pas que ce que je vais te dire te fera grand plaisir... je la reluque avec appréhension, je redoute ce qu'elle va m'annoncer, Je crois que tu vas te transformer dès la prochaine pleine lune.

Je reste muette, je m'attendais à devoir aller voir un docteur à lhôpital et d'être diagnostiquée d'une maladie incurable qui ne s'attaque qu'au lycanthrope. Pas à ça... Oui, je redoutais cette pleine lune où je subirai cette transformation, mais je ne croyais pas avoir à l'affronter avant quelques années encore. Comme toute réaction je m'effondre désespérée sur mon matelas en grommelant des injures au sujet de ma vie pathétique sous le petit rire de ma mère. Elle quitte la pièce et moi je me rendors, il est hors de question que je vois la vérité en face, de toute façon la pleine lune doit être dans quelques semaines, aucun besoin de s'inquiéter.

Après ma sieste qui ne fait qu'endormir mon mal-être, je vais dans la cuisine me chercher quelque chose à manger parce que je suis affamée. Sur l'horloge accrochée en haut du four, les aiguilles indiquent deux heures trente-cinq. J'ai raison d'avoir faim puisque mon dernier repas remonte à il y a environ dix-neuf heures. J'ouvre la porte du réfrigérateur et prends un plat de spaghetti. Je l'ouvre et le fais chauffer avant de m'asseoir à table pour manger. Je suis tellement fatiguée, je pourrais encore dormir, mais je sais que ce n'est sûrement pas une bonne idée. Pour bien me réveiller, je vais prendre un douche avant de m'habiller et de sortir dehors pour m'étendre sur l'herbe. Mon mal de tête est toujours présent mais beaucoup moins puissant. Sans parvenir à le contrer, le sommeil m'emporte encore, là où je ne peux rien faire contre mon destin.

Je sens quelqu'un se coucher dans l'herbe à côté de moi, ce qui me réveille tant bien que mal. J'ouvre les yeux lentement et découvre qu'Isaac est étendu dans l'herbe un sourire niais sur le visage. Je le pousse et il éclate de rire.

- Qu'est-ce que tu fais là? je lui demande avec la voix enrouée. Je me racle ensuite précipitamment la gorge.

- Ta mère se confie facilement, tu es prête pour ce soir? Je m'arrête quelques secondes, qu'est-ce qu'il vient de me dire?

- Qu'est-ce qu'il y a ce soir?

- C'est la pleine lune, personne ne t'a avertie? Il me demande avec une once d'inquiétude dans la voix.

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