Je me suis toujours demandé ce que ça faisait de ne pas être moi. Je veux dire par là, qu'il y a certaines personnes qui ne disposent pas des mêmes atouts que les autres, voilà. Alors quand je lis dans les journaux politiques que nous sommes tous égaux, c'est avec une certaine désolation -ou pas- que je sui forcé de dire non. Comment cela serait-il possible si la société méprise et ne porte pas la même importance aux gens beaux, qu'aux gens moches? Honnêtement les gars, on a tous déjà rencontré une personne dont on ne voulait pas se moquer, mais au final, on l'a fait quand même. Je veux parler de la terrible catégorie X, la catégorie dont personne n'ose prononcer le nom parce que c'est un peu l'équivalent du Voldemort de la société. "La mocheté!" C'est dit, bon dieu ce que ça fait du bien. Alors, en tant qu'expert en la matière, je peux affirmer que chacun de nous a déjà vécu ce moment spirituel où notre conscience nous souffle de ne pas nous moquer de la personne qui est en face de nous dans la salle d'attente ou bien devant, dans la queue du fast-food. Premièrement parce que ça pourrait ressembler au futur nous -A part si vous êtes la personne de catégorie X dont je parle... Et dans ce cas, c'est tant pis-. Mais... Ensuite, on se dit que ça ne risque pas d'arriver avant longtemps, ou pas du tout d'ailleurs, alors on se laisse aller à un fou rire discret ou bien à des signes furtifs pour la désigner à notre pote qui ne l'a pas encore vu.
Vous vous dîtes que c'est immoral, n'est-ce pas? Et bien parlons du gros problème des beaux à présent! Parce qu'il y en a un, un gros. Quand on est beau, on peut le dire, la vie est plutôt rose. Personne ne se moque de vous, et si on se retourne sur votre passage, ce n'est pas pour vous dénigrer mais bien pour vous mater, et pas qu'un peu -expérience que je fais chaque jour-. Seulement, l'amour passe parfois par la haine. Et nous pouvons distinctement vous dire que les loosers nous detestent... C'est le "SHPX", autrement dit, "le Syndrome de la Haine par Personne X", vous comprendrez bien assez tôt, enfin j'espère, qu'il s'agit de quelque chose profondément ancré dans le cœur des moches. Ils vous haïssent sans ménagement, juste parce que votre visage est parfait et que vous monopolisez soit disant l'attention du monde. Alors la question était la suivante: Était-ce de ma faute si je ne faisais pas partie des gens qui se réveillaient le matin, se traînaient misérablement devant leur glace et souhaitaient se dire que ce n'était qu'un horrible cauchemar qu'ils oublieraient bientôt? (Ce qui n'arrivait jamais, à part bien sûr, après un coup de bistouri). La réponse est non, je suis né beau, je suis beau, et je demeurerai beau, sans que ce soit de ma faute. Pour les autres, prenez rendez-vous chez le chirurgien esthétique -comme Tania- ou bien demandez un remboursement auprès de vos parents, et même Dieu si ça vous apaise. Ce dont j'étais pratiquement sur, c'était que Julian, l'ami fidèle de ma sexy Jenny, était atteint du SHPX, et gravement. -L'oeuvre d'une secte secrète du lycée? Supposons-le...- Peut-être que c'était lui le responsable de toute ce gâchis. Oui, du gâchis! Car Jenny et moi, nous aurions put avoir de beaux enfants. Enfin...Non, ce n'est pas ce que je voulais dire... Je ne veux pas d'enfants... et puis, pas avec elle, il faudrait déjà que je sois capable d'aimer pour ça, et ça ne risquait pas d'arriver... Oh et puis merde! Ce que ma conscience pouvait être sadique quelques fois... Justement, l'objet de mes pensées passa droit devant moi. Ce qu'elle pouvait être belle... Sensuelle... et...oh.
—Jenny, je peux te parler une minute? La hélais-je en fixant ses lèvres pulpeuses.
—Qu'est-ce que tu veux Nathan, ton discours glorieux d'à midi ne t'as pas suffit?
A ce moment précis, elle me regardait avec cet air désabusé, celui qu'elle avait toujours prit avant notre première conversation sur les gradins. Retour au point de départ mon pote. J'avais l'impression d'avoir fait quatre pas en avant pour en ressauter dix en arrière -d'au moins un kilomètre-. J'ignorais la raison pour laquelle je me sentais aussi stressé, mais c'était incroyablement exaltant.
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Love comes from Hate
Teen FictionNathan Bellamy déteste les stéréotypes. Et pourtant, à presque dix-huit ans, son existence-même est celle de l'adolescent rebel, sarcastique et imprévisible que tout parent sain d'esprit craint d'avoir. Involontairement roi du lycée de Burwell, sa...
