Ses yeux marrons me restaient en mémoire. Je repensais à la sensation exquise que j'avais eu quand ses lèvres avaient touché les miennes et à la douceur de ses cheveux. Son parfum floral avait empli mes narines, j'étais complètement envoûté par sa beauté divine. Mes doigts étaient presque en feu, rien qu'à l'idée de pouvoir caresser sa joue, sa peau délicate, douce, parfaite...
—Nathan?
Elle était si belle, si sauvage. Jenny était comme un ange tombé du ciel, elle était faite pour moi. Non, arrête ces conneries, me criait ma conscience. Rien à faire, elle restait là, coincée dans mon esprit à sans cesse me faire revivre ce moment que j'avais tant attendu. En vérité, j'attendais ça depuis plus de dix ans, c'était comme un rêve que je pensais irréalisable devenir vrai. Était-ce vraiment arrivé? Si ça se trouve j'avais été bourré au point d'y croire...
—Nathan!
—Hein?
—Je te demandais ce que tu avais prévu de faire après le lycée... Reformula la psychologue scolaire pour une énième fois en ce lundi matin de supplice.
—Oh ben je pense que je vais m'affaler dans le canapé, comme d'hab. Avec un peu de chance je verrai peut-être même ma sœur s'engueuler avec son petit-copain sur la véranda. C'est tout les lundis, fis-je avec un faux air de petit cachottier.
Madame Meyer soupira, elle était exténuée, et c'était par ma faute. Elle croisa ses jambes en prenant soin de ne pas froisser sa jupe d'une couleur grise à vomir, réajusta sa paire de lunettes rondes sur son nez et recommença à écrire sur son calepin.
—Mais qu'est-ce que vous gribouillez sur votre machin, là, depuis tout à l'heure? Grommelais-je une nouvelle fois.
—Des observations, expliqua-t-elle calmement.
—Super cool, et sinon vous êtes payée combien? Parce que si vous êtes rémunérée pour faire des dessins toute la journée votre job m'intéresse énormément.
Madame gribouillis tenta de rester neutre sans pouvoir y parvenir, ses lèvres s'étirèrent discrètement puis elle recommença son interminable interrogatoire:
—Sérieusement Nathan, qu'est-ce que tu as en tête pour ton futur?
—J'en sais rien.
—A quoi tu penses derrière ces yeux bleus?
Mon expression ennuyée se transforma en totale incrédulité.
—Pardon?
—A quoi tu penses?
—Je pense à une nana canon, mais croyez-moi, vous voulez pas savoir la suite...
—Alors peux-tu m'expliquer pourquoi tu agis de la sorte? M'interrogea-t-elle.
—J'agis de façon normale, récusais-je en m'allongeant sur le divan sans aucune gêne.
Oh et puis elle avait l'habitude de mon excentricité, elle était psychologue après tout.
—Je sais ce que vous allez dire, vous m'avez diagnostiqué le syndrome du BC, continuais-je.
Meyer haussa un sourcil et prit un air hébété.
—Beau et con. Je vous apprends votre boulot ou bien?
—Reposes-ça tu veux? M'ordonna-t-elle lorsqu'elle vit l'un de ses bibelots dans mes mains. Je sais que tu as eu quelques problèmes avec ton professeur ce matin... Il dit que tu utilisais ton téléphone en cour, ce qui est, tu le sais, formellement interdit.
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Love comes from Hate
Novela JuvenilNathan Bellamy déteste les stéréotypes. Et pourtant, à presque dix-huit ans, son existence-même est celle de l'adolescent rebel, sarcastique et imprévisible que tout parent sain d'esprit craint d'avoir. Involontairement roi du lycée de Burwell, sa...
