Il y a certaines choses dans la vie, que nous ne contrôlons pas. Certains vous énoncerons la météo, le changement climatique, le caractère pourri du chien du voisin qui hurle à toute heure, qui chie n'importe où sur le gazon et d'autres, même l'épilogue de Game Of Thrones. Moi, je vous parle de quelque chose de bien plus dangereux, destructeur. J'ai toujours pensé qu'aimer nous rendait aigris, malheureux. C'est bien simple, pour moi, le mariage se résumait à d'abord un ou deux ans de bonheur maximum pour ensuite vous plonger dans un chaos, un enfer dont vous ne ressortiez pas vivant. Vous vous mariez à une fille sexy, vous faites deux superbes bébés, et ensuite, elle vous pompe tout votre argent car elle passe sa journée de femme au foyer sur Showroomprivé.com, devient grosse, hideuse et vous harcèle de façon permanente pour que vous rangiez vos chaussettes. Non, certaines personnes ne sont décidément pas faites pour ça. Je faisais partie de ces gens-là... Enfin, c'était que ce j'avais toujours pensé, jusqu'à présent. Aujourd'hui, je me retrouvais perdu dans une forêt d'incertitude, coincé à jamais au carrefour décisif de ma vie. Deux voies s'offraient à moi. La première me prédisait une belle vie où l'alcool coulerait à flot et où les jolies filles se battraient pour me faire oublier la signification du mot "solitude" sur mon bureau flambant neuf d'avocat. Et sur l'autre chemin, la lumière. Plus ou moins, à vrai dire. En face, je ne voyais rien d'autre que le visage lumineux de Jenny, et pour ce qui était du futur, c'était l'inconnu, un blackout. Peut-être bien qu'un jour je finirai gay, comme la plupart des hommes politiques. Je serai un avocat qui démolirai la fortune des autres pour constituer la sienne, détestable mais purement adorable, idolâtré par ceux qui seraient assez cons pour croire que j'étais capable d'aimer qui que ce soit. Je parie que tout le monde se demande ce qui me rend si philosophe d'un seul coup, je me trompe? Ma pomme de douche. Contrairement à toutes les années où elle m'avait simplement inspiré des questions existentielles telles que "Est-ce que j'invite plutôt Vanessa, la fille au beau parechoc ou bien Elena, la fille aux hanches en forme de huit?", cette fois, j'étais partie dans des réflexions bien plus complexes. Tout à l'heure, Jenny s'était paisiblement endormie dans mes bras, et j'avais réfléchi. Allais-je perdre mon meilleur ami pour elle, ou bien allais-je perdre la fille qui serait probablement la seule qui m'intéresserait réellement de toute ma vie pour lui? Un ultimatum. Je grimaçais. Je haïssais les ultimatums. D'habitude, je m'arrangeais pour briser la personne qui me l'imposait... Mais comment allais-je m'y prendre si cette personne, c'était moi? Aucune foutue idée. Une fois ma douche terminée par faute de moyens -plus d'eau chaude-, j'attrapais une serviette et frottais grossièrement mes cheveux, complètement indolent. Par la fenêtre ouverte, la buée s'échappait tandis qu'une brise fraîche se faufilait à l'intérieur. La Lune était déjà bien haute. Je soupirai. J'avais bien besoin d'une petite dose de nicotine. J'enfilais un caleçon ainsi qu'un pull et sortais silencieusement de la salle de bain. A peine le parquet avait-il craqué sous mon poids que ma sœur ouvrait déjà la porte de sa chambre, son regard de prédatrice braqué sur moi. Je m'arrêtais, interloqué par son attitude. Comment avait-elle su pour son journal intime? C'était impossible! A moins que... Peut-être bien qu'en fouillant dans mon téléphone elle était tombée sur la photographie de la page quarante-huit, où elle expliquait que Steven était sûrement l'amour de sa vie... Non. Si? Il fallait que je sache.
—Berenice... Que puis-je faire pour toi?
Contre mes attentes, ma frangine adorée transforma son air de vengeresse en une adorable moue dans le but de m'attendrir. C'était mauvais. Très mauvais.
—S'il te plaît Nathan, je t'en prie, aide-moi avec ma rédaction de français, je m'en sors pas!
Bon, c'était vrai, j'étais plutôt bon en expression écrite. J'avais toujours des idées folles, mais là, maintenant, ce n'était pas vraiment le moment.
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Love comes from Hate
Roman pour AdolescentsNathan Bellamy déteste les stéréotypes. Et pourtant, à presque dix-huit ans, son existence-même est celle de l'adolescent rebel, sarcastique et imprévisible que tout parent sain d'esprit craint d'avoir. Involontairement roi du lycée de Burwell, sa...
