Sasha Walsh.

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        Parfois, je me demande la normalité existait déjà en moi à ma naissance et avait ensuite disparue, ou bien si elle n’avait jamais été présente. Je suis manipulateur, menteur, mais le plus dangereux là-dedans, c’est mon gout prononcé pour la séduction. Je suis juste le genre de garçon qui se laisse aller et qui perd son bon sens afin de profiter un peu de la vie… Enfin… Non, entre nous, soyons totalement honnêtes… Je n’ai pas de bon sens. Je suis même un peu schizophrène parfois, demandez à Georges, il peut en témoigner. Ah… oui, c’est vrai, il n’est plus de ce monde. Je suis lunatique et je tergiverse beaucoup, surtout sur mes intérêts en amour. 


        Ma toute nouvelle rencontre, Sasha Walsh, était fascinante. Il y avait de nombreuses choses à dire sur cette fille -sexy d'abord, intéressante après-. Une présence d'esprit et des idées à profusion, une manière de s'exprimer très particulière, un air détaché de toute réalité, et surtout, des regards sulfureux qui me faisaient brûler de curiosité. Elle avait passé toute la matinée à jouer avec le parapluie en plastique qui flottait dans le liquide bleu bizarre qu'elle avait commandé au bar où je l’avais traîné. Sa crinière blonde presque échevelée flottait dans l'air à cause de la climatisation abusive et chatouillait son visage bronzé. Ses lèvres s'étaient pincées à chaque fois que je lui avais lancé un sourire ou que je l'avais complimenté sur son physique exceptionnel. Elle dégageait une forte impression de liberté, d'indépendance. A chaque coup d’œil que je lui avais jeté, mon cœur s'était emballé et j'étais prêt à dépasser les confins de la politesse pour lui voler un baiser. Sasha s'était montrée très réceptive à mon charme, au moins autant que je l'étais face au sien, et ça, c’était le signe d'une future amitié... ou plus. 
Elle n’avait rien de Jenny, elles étaient un peu comme le Soleil et la Lune. Deux astres différents mais magnifiques l’une comme l’autre. Ok, arrêtons cette poésie stupide –je crois bien qu’on appelle ça métacore, ou un truc du genre. Elle avait emmenagé chez son oncle pour suivre ses cours à la fac voisine. Après me l'avoir expliqué, Sasha avait dû m’abandonner pour reprendre ses cours, elle qui rêvait de devenir une artiste… 

        Il était donc midi, quand je rentrais enfin à la maison après ce bon moment au bar en sa compagnie, quand je croisais Bérénice, assise sur le patio, les yeux dans le vide, qui souriait comme une allumée. 

—Qu’est-ce qui y a, t’as vu Justin Bieber? Demandais-je, amusé. Oh, non attends, j’ai mieux… Britney Spears ? 

Elle faillit m’ignorer mais le Britney l’interpella et elle me lança le regard noir que je méritais tout en ronchonnant. C'était faible...

—Tu veux pas faire un petit duo? Oh allez, un concert, avec moi? 

Le plus bizarre, c’est qu’elle ne saisit même pas l’occasion de me frapper, non, elle resta là, immobile. Jamais je n’avais vu ma sœur rater une occasion pareille, elle qui en créait même un peu trop souvent. Quoi ? Elle ne vous tape jamais votre sœur ? 

—Bérénice, je vais commencer à croire que t'es malade, me plaignis-je, ennuyé par tant de calme. J'envoyais mon sac balader contre le mur et m’asseyais à côté d’elle. 

—Non, tout va bien. 

Ah, elle n’avait pas perdu sa langue, c’était déjà ça. Alléluia! 

—Arrête ça, c’est flippant. Pourquoi tu m’envoies pas bouler ? 
C’était vraiment vexant à la fin. 

—Bon, bah puisque c'est comme ça...

—Tu vas où? Demanda-t-elle, voyant que je m'en allais dans la mauvaise direction.

—Je vais m'acheter une nouvelle frangine, parce que la mienne est cassée, plaisantais-je.

Love comes from HateDes histoires addictives. Découvrez maintenant