La visite de Marie m'avait poussée à réfléchir. Si la petite profondément son père, c'est qu'il ne devait pas être si dangereux que ca. De plus, j'avais eu, à plusieurs reprises, la preuve que tout les hommes n'étaient pas les mêmes: Kevin, ses amis et William en étaient la preuve. Il fallait donc que je prenne sur moi pour essayer de m'intégrer dans ce monde duquel je m'étais isolée pendant des années.
Apres avoir passé des heures a tourner en rond dans ma chambre, a me ronger les ongles jusqu'aux os et a cogiter sur l'attitude a opter face a Kevin, je finis par me décider a sortir de mon antre... pour autre chose qu'aller aux toilettes. Je pris néanmoins la direction de la salle-de-bain et, une fois enfermée à double tours, je me plaçai face au miroir.
Pour la première fois, depuis trois semaines, je me mirais... et ce que je voyais ne me plaisais du tout. A ce moment la, je me dis que l'expression "sale gueule" avait été créée pour moi. Mon visage était pale et j'aurais presque dit que j'avais les joues creuses. Mes lèvres étaient presque gercées et mes cheveux dans un tel désordre qu'on aurait cru que je revenais de l'âge de pierre. Il est vrai qu'autrefois je n'avais jamais vraiment jamais prêté attention à mon apparence, mais je n'avais jamais été aussi négligente. Voila donc ce qu'étaient les ravages de la dépression!
Apres un bon bain chaud et au moins trois shampoings, je me sentais déjà mieux. Je me mis du baume a lèvres et attacha mes cheveux en une queue de cheval fait a la va-vite, puis retournais dans ma chambre. La première chose que je fis, une fois habillée, fut de tirer les rideaux et d'ouvrir grand la fenêtre. Le vent frais qui souffla a cet instant fut, pour moi, le signe d'un nouveau départ. Je savais que la vie ne serait jamais facile, mais j'avais décidé de ne plus me laisse faire et de me battre pour mon bonheur.
"Ne plus me laisser faire". C'était plus facile à dire qu'à faire.
En effet, j'étais descendue à la cuisine ou Alicia manipulait son ordinateur portable. Lorsqu'elle leva les yeux de l'écran et qu'elle me vit sur le seuil de la porte, elle écarquilla les yeux. Son étonnement de dura pas car tout de suite après, son visage se para d'un sourire joyeux.
- Tu t'es enfin décidée à sortir de ta chambre, me dit-elle en se levant.
Pour toute réponse, je lui souris et alla me vautrer contre elle. Cela me parut une éternité, depuis la dernière que je m'étais réfugiée dans ses bras.
- Tu as faim, me demanda Alicia en me repoussant gentiment. Tu veux que je te réchauffe quelque chose rapidement?
- Non je...
- Allons, tu as tellement maigris!
J'étais tentée de refusée une seconde fois, mais je ne pus lutter contre l'envie d'avaler une cantine de nourriture qui me prit à l’ instant. J'hochais donc la tête et alla m'asseoir a table pendant que ma psy sortait des restes de je ne sais quand du frigo.
- Tu es rentrée tôt aujourd'hui, fis-je remarquer a Alicia alors que je me servais une seconde fois.
- Je n'avais pas de rendez-vous prévus pour aujourd'hui alors je me suis permise de rentrer plus tôt.
Alicia marqua une pause et me regarda avant de poursuivre.
- J'ai eu le pressentiment que quelque chose devait se passer, dit-elle en me faisant un clin d'œil.
C'est a ce moment la que la porte d'entré s'ouvrit, se referma, puis que Kevin apparut dans la cuisine.
L'arrive incongrue du fils d'Alicia dans la cuisine me déstabilisa un peu et je faillis cracher la nourriture que j'avais dans la bouche. Je ne m'étais pas du tout préparée a ce qu'il rentre si tôt des cours, après tout il restait encore une trentaine de minutes avant que treize heure ne sonne.
Quand il m'aperçut, assise entrain de manger, Kevin eu à peu près la même réaction que sa mère... Sauf qu'ensuite, au lieu de me sourire, il fit comme s'il ne nous avait pas vues, Alicia et moi. Il se dirigea vers le frigidaire, et en sortit du lait. Il se mit à boire a même la bouteille. Rassemblant mon courage à deux, non, quatre mains, je lui dis le "bonjour" le plus décontracté possible.
-...
- J'ai dit "bonjour", repris-je en laissant tomber ma fourchette dans mon assiette.
Kevin ne répondit toujours pas et remit la bouteille de lait dans le frigo.
Je jetais un regard interrogateur à Alicia, qui observait la scène comme si c'était rien d'important.
- Je crois que c'est à toi que je parle, non, finis-je par dire irritée.
Là, il me gratifia d'un regard qui semblait dire "attention" et sortit de la pièce, son sac à l'épaule.
Je restais assise, bouche bée. Qu'est-ce qu'il me faisait la? Il n'avait même pas daigné saluer sa propre mère. Kevin m'ignorait? Il m'ignorait?! Je n'arrivais pas à le croire. C'était quoi son problème?
- Ca te choque n'est-ce pas, dit enfin Alicia. Il ne me parle plus non plus depuis des jours.
- Pourquoi ca?
- Il... Je ne sais pas.
Je fronçais les sourcils, un peu sceptique. Alicia s'apprêtais à dire quelque chose avant de se reprendre, ce qui signifiait qu'elle savait pourquoi son fils nous ignorait de la sorte.
- De toutes les façons, dis-je en me levant, je ne le croyais pas capable de tels enfantillages. Si il a quelque chose à dire, qu'il le dise et puis c'est tout.
- Cassy tu devrais aller lui parler.
- Moi? Pourquoi ca? Sil il y'a bien quelqu'un qui devrait être dans cet état, c'est bien moi. En tous cas, dis-je déterminée, si il attend que je fasse le premier pas, il se met le doigt dans l'œil. Je vais lui montrer qu'à ce jeu, je suis la plus forte.
Sur ce, je quittais moi aussi la cuisine, et alla de nouveau m'enfermer dans ma chambre. Cette fois je ne comptais pas y rester enfermer pendant des jours, je voulais juste réfléchir. Je détestais que Kevin soit dans cet état, et je voulais régler nos problèmes - s'il y en avait, mais est-ce que faire comme lui était la meilleure solution?
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First Place
Teen FictionQue faire lorsque les deux personnes qui sont censé t'aimer le plus te trahissent et te jettent comme une vielle chaussette? Que faire quand tu n'as que 8 ans et que tu n'as personne sur qui compter? Moi je sais, il faut haïr! Haïr ces parents qui...
