Chapitre 2

319 33 3
                                        

Le docteur Faure, car elle m'avait appris qu'on les appelait des docteurs, revint deux jours plus tard, comme prévu. Elle me trouva a ma place, près de la fenêtre, et s'allongea directement sur mon lit, sans préavis. D'emblée, elle reprit son récit de sa vie sans même me demander de lui parler de la mienne. Et après avoir jugé qu'elle en avait finit, elle reparti, en m'assurant qu'elle reviendrait dans deux jours.

Et elle revint encore, deux jours plus tard. Cette fois-ci, elle avait décider que c'était a mon tour de me confier, mais moi je n'étais pas de son avis. Il est vrai que j'avais commencer a apprécier sa compagnie et que j'aimais l'entendre parler, mais elle n'était pas obligée de le savoir. De plus, je ne me sentais pas prête a me confier a elle... Ou a qui que se soit d'autre d'ailleurs. Je préférais tout garder pour moi, quitte a rester seule toute ma vie. J'avais trop honte de ce qui m'étais arrivé par le passé et je ne voulais pas que tout le monde se moque de moi.

Pourtant, madame Faure pensait que c'était le bon moment. Eh bien elle allait se prendre une cuite.

- Eh bien je t'écoute, me dit-elle en souriant.

- Je n'ai rien a dire, fis-je distante.

- Vraiment? Et si tu me parlais de tes parents?

- Ils sont morts dans un accident de voiture! Mais ça, je crois que vous le saviez déjà.

- Oui. Mais je voulais que TOI tu me le dise. Pourquoi ne veux tu pas en parler?

- Parce qu'il n'y a rien a dire. Si vous avez finis, vous pouvez vous en aller. Je n'ai pas besoin d'un psychologue.

- Mais tu as besoin d'amis et je veux être ton amie.

- Je n'ai pas besoin d'amis non plus.

Elle soupira et quitta le lit pour venir s'asseoir près de moi. Là, elle prit ses mains dans les miennes et me regarda fixement, d'un air attendri.

Je ne sais pas pourquoi, mais tout chez cette femme me réchauffait le cœur et me donnait envie de me confier. Elle m'inspirait confiance et j'avais l'impression de la connaitre depuis toujours. Quand elle me fixait avec ses beaux yeux bleus, je voyais en elle une... Une mère, la mère que je n'avais jamais eu. C'était comme ci elle se souciait réellement de moi, comme si elle m'avait vraiment fait une place dans son cœur...

Mais non! C'était impossible. Elle n'était la que parce que madame Tate l'avait appeler. Elle était payé pour me dire ces mots, pour me mettre en confiance et pour me pousser a me confier, pour qu'ils puissent utiliser mes révélations comme des armes contre moi. Il fallait que je m'en souvienne et que je ne tombe pas dans le piège.

D'un geste brusque, je retirai mes mains des siennes et détournais le regard vers l'extérieur. «Il ne faut pas que je tombe dans leur piège, me répétais-je intérieurement». Non, il ne le fallait pas.

Malheureusement pour moi, ce docteur en psychologie ne semblait pas être prête a abandonner maintenant.

- Écoute, reprit madame Faure, je sais ce que tu peux ressentir.

- Je ne pense pas, non.

- Si, crois moi. Moi aussi j'ai grandi dans un orphelinat, figure toi. Mes parents son décédés dans un incendie, celui de notre maison, lorsque j'avais douze ans. Moi j'étais chez une amie. Au début, ça a été très dur pour moi, mais avec l'aide des bonnes personnes, et de mes amis, j'ai pu me... Me reconstruire.

Se reconstruire... Un simple mot qui voulait dire tant de choses pour moi. Elle s'était reconstruite... Rien que d'y penser me mettait les nerfs a vif. Je commençais a en avoir marre de voir tout ces gens se 'reconstruire' alors que moi je restais en ruine. J'étais énervée contre le monde... et aussi contre moi.

First PlaceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant