~ Noirâtre ~

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« J'espère que je ne vais plus vous revoir. Avoua Guilias, en ouvrant la cellule grâce à la clé qu'il avait trouvé. Elle se trouvait sur la porte. »

  Le fugitif partit à la recherche de son ami. Il emprunta les petites ruelles sombres de la ville. Alors qu'il s'approchait peu à peu de la sortie de l'immense marché noir, il remarqua une foule au loin. Il monta sur le toit d'un bâtiment après plusieurs minutes de galères.

  La scène se passait dans une place. Une énorme estrade en bois la composait. Cinq personnes étaient  attachés à des piliers en pierres. La première avait le teint mate et était enceinte. Le second était efféminé. Le troisième possédait une grande barbe et était encore plus mal habillé que les autres : il n'avait qu'un tissus qui cachait son nombril jusqu'à ses mollets. Les deux dernières étaient deux rebelles avec un bandana dans les cheveux.

  Un haut-gradé, d'après son uniforme monta sur l'estrade, accompagné de cinq soldats.

« En plus d'être imparfaits, de part leurs pauvretés, orientations sexuelles et origines, ces manants ont commis l'irréparable. Ils ont essayé de joindre le royaume ennemi ! Clamsait le colonel, en faisant de grands gestes. Vous autres, braves citoyens, que nous avons épargné grâce à votre dur labeur, ne prenez pas exemple sur ces vermines ! Regardez plutôt leurs morts prochaines. Suggéra-t-il. »

  Le haut gradé imbiba d'essence chaque condamné avant de sortir une boite d'allumettes. Guilias, ne pouvant plus se contrôler, se mit à bondir dans les airs. Il bougeait frénétiquement les bras et jambes en faisant des cercles pour gagner en vitesse. Il s'écrasa finalement sur la gorge du colonel, le faisant cracher une quantité de sang abondante sur un des soldats.

« Serais-tu... Notre héros ? Chuchota la femme enceinte.
- Enfoiré ! Hurla un des soldats, avec un regard dément.
- Je ne suis ni un héros ni un enfoiré. Je suis Guilias le maudit.
- Les gars, regardez son identityum ! Il fait parti du marché noir d'enfants ! Cria le militaire ensanglanté. Occupons-nous de lui ! »

  Les cinq guerriers se mirent autour de l'adolescent aux yeux dorés. L'un attrapa le maudit en lui bloquant les bras. À l'instant où il semblait bloqué, les condamnés se résignèrent.

  Une oreille venait de tomber sur le sol. C'était celle du soldat. Guilias lui avait déchiqueté sa peau avec ses crocs. Par réflexe, le militaire lâcha prise pour calmer l'hémorragie. C'est alors que l'adolescent mit sa main dans la bouche de son premier adversaire. Il attrapa  fermement sa langue avant de la lui arracher, dans un élan dément. Une deuxième marre de sang se créa.

« C'est quoi cette force de malade ?! Hurla l'un des gardes. »

  La main noirâtre réapparut. Elle s'était posée sur l'épaule droite de l'adolescent.

( Tu n'es pas né pour vivre, ne l'oublies pas. Détruis-les. Je vais t'aider. )

  La paume se mit à fondre. Guilias recula, surpris. Après quelques secondes, une violente migraine le prit. Il attrapa rapidement son crâne avant d'hurler de rage. Sa voix était si strident que les fenêtres des maisons éclatèrent. Le blanc des yeux du maudit devinrent noir.

« Tu vas arrêter de gueuler ! Cria un des soldats qui se ruait sur le fugitif. »

  Guilias planta son pied droit dans l'abdomen du guerrier, avant de l'attraper par le crâne.

« Revois tes manières. Avorton. Reprit l'adolescent, avec une voix qui inspirait la crainte. »

  Le fuyard fit trainer le corps du militaire jusqu'au coin de l'estrade. Il attrapa son visage puis le cogna contre la parois en bois. Plusieurs dents tombèrent, accompagnées de sang. Des bouts de chaires s'écrasaient lourdement contre le sol. Tous les regards étaient braqués sur Guilias.

  Au bout de plusieurs secondes, les orbites du soldat se détachèrent. Son visage venait d'être rayé. Le fugitif se dressa en regardant les trois autres gardes.

« Qui sera le prochain ? Demanda-t-il, avec un grand sourire. »

  Les représentants de la loi prirent leurs jambes à leurs cous. Le blanc revint dans les pupilles du maudit. Il détacha les détenus sans dire un mot. Lorsque le dernier devint libre, l'adolescent se prit une flèche dans l'épaule. Au loin, un homme, muni d'une parure s'approchait. Il avait de sublimes cheveux bleus, tout comme ses yeux. Attila se souvenait se l'ordre qu'il avait reçu. Il affichait une mine triste.

  Deux cartes arrivèrent devant l'aveugle. Sur la table du palais.

« Maître, à votre avis, où finira le combat ? Sur la carte de droite, il y a écrit "sur un pont" or que la carte de gauche suggère "sur une estrade". Demanda la jeune femme. »

AbyssesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant