~ Partie II : Abysses ~

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Alors que Guilias pensait trépasser sous le coup de grâce de son adversaire, une vingtaine de flèches s'abbatirent violemment sur deux membres du trio. Ils s'en prirent plusieurs sur le crâne et en succombèrent. Il ne restait que celui qui bloquait le fugitif.

« Tu as du cran, j'aime ça. Dommage pour toi, j'ai déjà tous mes points. On s'affrontera peut-être une prochaine fois. Articula un type qui était posté sur un des piliers de l'arène. »

Il possédait une armure en bois qui recouvrait tout son corps et trois poupées de chiffon : c'était Kasaï. La marionnette sur pattes partie dans la prochaine salle.

Le fuyard n'attendit pas une seconde de plus avant de se défaire de l'étreinte de son ennemi en lui mettant un coup de coude. Il reprit ses flèches et cribla rapidement son vis-à-vis. Le dernier membre du trio s'était effondré sur le sol. Il venait de perdre un œil et n'était plus capable de continuer le "jeu" du bras droit de Laure.

Guilias chercha avec hâte un dernier adversaire. Cependant, il n'en restait aucun. Tous vaincus, que ça soit par d'autres participants ou par l'abandon. C'est alors qu'un homme s'avança vers le maudit. C'était Abbé. Le garde proposa un duel final au fuyard. Toutefois, s'il n'arrivait pas à gagner, il deviendrait un véritable esclave, jusqu'à sa mort. Mais en cas de victoire, il pourrait entrer dans la prochaine salle. Guilias savait qu'il n'avait pas le choix. Fichu pour fichu, il accepta.

Les deux duellistes se retrouvèrent dans une arène classique, avec un parquet en bois clair. Par précaution, Abbé avait rangé un couteau dans sa poche. En voyant cela, le maudit eut un éclair de génie ! Un moyen pour vaincre son ennemi !

L'ultime bataille commença et Guilias ne perdit pas un instant : il se jeta sur sa cible en voulant la frapper. Par réflexe, Abbé mit sa main pour parer l'attaque. Cependant, le fugitif profita que l'attention de son adversaire soit sur son coup pour planter discrètement une fléchette dans son dos. Manifestement, le garde de Laure ne s'en rendit pas compte.

Le fugitif reprit ses distances pour tenter un nouvel assaut. Sa technique pouvait-elle fonctionner une seconde fois ? A quoi pensait son adversaire ? Avait-il deviné la supercherie de l'adolescent ? Toutes ces questions firent frissonner Guilias, qui s'élança de nouveau. Cette fois-ci, il effectua rapidement un coup de pied sur la nuque d'Abbé, qui para le coup avec ses deux bras. Le fuyard pu toucher une seconde fois le garde de Laure, qui semblait peu à peu déchiffrer la stratégie mis en place par son rival.

Alors que le maudit reprenait ses distances, il trébucha avant de lamentablement tomber sur le sol. Cependant, il se releva rapidement. Abbé s'approcha de lui : c'était à son tour de faire son assaut. Ses pas étaient stridents. L'adolescent frissonnait, il ignorait lui même la raison de ses tremblements et grelottements. C'était instinctif. Comme si la défaite s'approchait de lui. Néanmoins, Guilias resta stoïque : la stratégie qu'il venait de mettre en place allait vaincre son adversaire ! Il en était certain.

Du sang se mit à couler sur le parquet. Le garde de Laure avait partiellement mordu à l'hameçon. Le maudit avait dissimulé ses dernières munition sur le sol pendant sa chute. Le parquet possédait la même texture que les fléchettes : Abbé ne pouvait les différencier et s'est donc prit deux flèches dans les pieds. Un rire horripilant sorti de la bouche du maître du jeu. Un bruit agaçant, qui ne faisait qu'énerver davantage l'adolescent.

« T'as fini ? Demanda-t-il.
- Ah lala. Guilias, tu veux que je fasse un pas de plus pour me prendre ta dernière fléchette, n'est-ce pas ? »

Offusqué, le fugitif se figea d'effroi. Sa stratégie venait d'être percée à jour. Une tactique proche du suicide, puisqu'il n'avait plus de munition sur lui.

( Il ne fait que bluffer, je dois rester calme. Il veut juste me pousser à bout, pensa alors l'adolescent. )

« Tu pensais réellement que Laure avait un garde personnel ? Allons, allons, elle n'en a pas besoin.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Abbé retira sa veste. Une chemise blanche était visible. Il fini par se mettre de dos, un motif de toile d'araignée marron était visible.

« Je suis Abbé, le Malin. Dixième membre de La Toile. »

Un torrent de sombres émotions envahirent le cœur du maudit. Soudain, une main noirâtre se posa sur la tête du fugitif. Une voix le murmura : « Tu n'es pas né pour vivre. Ni pour mourir. Mais pour souffrir. Patientes jusqu'à ce que l'amertume t'engloutisses. Tu n'es pas maître de ton destin. » .

Guilias l'avait ignoré, il se rua avec rage sur le toilier. Ses pas explosèrent le sol. Il se prit même sa dernière flèche avant de faire un bon de plusieurs mètres, les poings serrés et le regard sanglant.

« Tu as perdu ! Se moqua Abbé. »

Le Malin tendit son bras droit vers son adversaire. Une mini arbalète était greffé sur la paume de sa main. Il cribla l'adolescent d'une vingtaine de flèches, déchiquetant sa chaire. Une flèche entailla même la paupière gauche du fugitif.

« Tu es à moi, Guilias. »

Alors que le maître du jeu pensait que son ennemi était évanoui, il fut prit au dépourvu lorsqu'il vit Guilias se relevait avec rage. Le maudit se jeta frénétiquement sur sa cible avant de lui coller un coup de poing monumental, d'une violence inqualifiable, en plein visage ! Abbé fut propulsé contre un mur de l'arène. L'adolescent revint à la charge. Cependant, le toilier fit chuter le joueur en lui lapidant l'abdomen de coups de pieds.

La bataille stratégique s'était changée en un âpre baroud.

Abbé voulut en finir avec un coup de coude sur le visage de son ennemi. Mais lorsqu'il le tenta, Guilias déchira tout le bras gauche du toilier : il lui avait volé son couteau lors de son premier assaut.

Vint un problème des plus pénibles pour le maudit : ses mouvements étaient de plus en plus lents. En d'autres termes, il était épuisé, essoufflé. Il n'avait plus de force. C'est pour cela qu'il se prit un coup de poing sans essayer de le parer. Il était inconscient. Son corps de garçon de 13 ans avait déjà bravé les limites humaines plusieurs fois. Cette fois-ci, s'en était trop.

L'étau du funeste destin auquel Guilias est lié continu de se resserrer, jusqu'au point de l'étouffer. Cette destinée est telle un serpent géant en train presser sa proie en attendant son évanouissement.

- Note : Les parents de Kasaï ont été massacrés par Laure. -

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