Malgré ça je disais hamdoulah d'avoir des parents aussi fort, aussi dur. Et puis j'ai réalisé petit à petit que mohamed allait être loin de nous 10 long mois, 10 long mois enfermé dans une petite cage à lapin... détruit
Le soir même j'avais posé le petite téléphone de saïd qui n'était toujours pas rentré, sur la petite table de chevet à côté de mon lit, avec rim on écoutait la radio quand on entend les ondes vibrés. J'entend un téléphone vibrait, moi j'étais à fond dans mes devoirs je lui dis :
Moi : rim ton tel
mais elle me dit :
-c'est pas moi, c'est youssef qui a le mien
Moi : hein ?
Rim : je l'ai oublié dans sa caisse
Je me penche vers le téléphone qui continu de vibrait, et je vois afficher "houssam" sur l'écran.... c'est quoi ce délire, je montre le téléphone à rim en panique
Rim : répond !!!!! hmala
Je fini par décrocher... j'entend grave du bruit derrière
Moi : allo ?
Puis j'entend la voix toute cassé de houssam :
-allo.. allo
Moi : allo ?
Houssam : c'est pas saïd là ?
Moi : non c'est intissar
Houssam : ah ... smeh
Moi : il est pas chez moi
Houssam : ouais j'sais
Moi : hein ?
Houssam : bah j'sais il était dehors y a pas longtemps
Moi : hum..
Houssam : bah vas-y salam
Moi : salam
Houssam : OH
Moi : quoi ?
Houssam : j'ai appris pour moh.. je.. putain c'est chaud sa mère.. 10 mois
Moi : ouais...
Houssam : ça va ta daronne et tout ?
Moi : mon père il pète un cable à cause d'eux saïd et moha wallah
Houssam : bah normal, c'est la rue hein..
Moi : oué
Houssam : vas-y fait pas de connerie intissar
Moi : faire des conneries ?
Houssam : oué zehma aguicher tes shabs teh l'svt
Moi : arrête de dire ça, en quoi j'aguiche ? je parle, en quoi parler c'est aguicher
Houssam : commence pas à faire un débat je te dis juste d'arrêter d'aguicher c'est tout
Moi : vas-y tu sais même pas ce que ça veut dire
Houssam : toi wallah tu me prend trop pour un hmar, et c'est pas parce que je traine dans la rue, que j'fais de l'argent crade, que j'suis un petite bandit de merde dans le hram qui connait rien
Moi : j'ai jamais dis ça
Houssam : tu te crois mieux que tout le monde toi
Moi : j'ai pas dis ça ! c'est bon tu m'traite d'aguicheuse et je dois rien dire
Houssam : une meuf qui parle à milles mecs c'est quoi ?
Moi : je parle à milles mecs ? j'ai des valeurs khouya je t'ai pas attendu
Houssam : dit pas khouya je suis pas ton frère
Moi : c'est quoi ? tu t'ennuyait tu tes dis je vais me défouler sur quelqu'un
Houssam : yé zeh tu m'les casses. je fais shab le mec gentil je prend de tes nouvelles je suis là j'casses les couilles à noureddine pour qu'il te laisse pas seul et toi tu fais la grande folle, tu fais la maligne, tes plus vicieuses que je le croyais tu fais la petite devant tes frères mais wallah trop de vice les meufs
Moi : attend .. attend je t'ai demandé quelques choses moi ? tu m'as pris pour une gratteuse, j'ai ni besoin de ta protection ni besoin de ta compassion mon frère, hamdoulah j'ai pas eu besoin de toi jusque là c'est pas maintenant que ça va commencer
Rim elle me regarde choqué
Houssam : eh eh écoute, jusque là tu m'as pas encore vu méchant, mais un conseil calme toi, calme toi parce que wallah la7dim jusque ici je suis rester tranquille, te croit pas intouchable ! arrête des slata de meuf invincible avec moi. vas-y j'ai pas le temps pour ton zgah teh les gamines. Si tu tiens à ta vie rase les murs d'la tess-ci
Il a raccroché direct. Après avec rim on commentait, elle me disait des trucs du genre :
Rim : wallah je suis sur saïd il était à côté de lui, en plus pourquoi il appel sur ce tel là, je te dis il est pas normal ce gars...
El mohim devant rim je faisais la meuf qui s'en foutait mais au fond j'me posais milles et une question, houssam me rendait ouf' y avait aucun doute il avait le don d'me mettre dans tout mes états pour un rien.
Les semaines passent et tout part en couille chez moi, avant malgré la misère y avait toujours cette ambiance de rigolade, de bonne humeur, de joie y avait toujours pleins de familles qui venaient, maintenant tout est triste est vide... Moi j'étais à fond dans la révision de mon bac de français, le bac blanc qui arrivé et tout le tralala, rim était à fond dans sa "relation" qui n'aboutissait à rien, elle hésitait grave à quitter son taf à cause de papa qui lui cassait la tête. Saïd... c'était comme si il habitait plus chez nous, même le peu de fois où il était là son esprit était ailleurs. Il avait perdu toute les valeurs que moha lui avait inculqué. Il calculait plus personne même yemma, pourtant wallah que yemma à l'époque c'était son love ! Maintenant il rentrait grave tard, il était jamais rentré aussi tard zehma des 4h, 5h du matin, il m'avait obligé à garder de le petit téléphone, et souvent il m'appelait moi ou rim pour qu'on lui ouvre la porte... on pétait des câbles mais ont avaient pu notre mot à dire. Et il faisait un truc qu'il avait jamais fait, découcher wallah même petit avec ses shabs jamais il avait quitter la maison une nuit yemma elle voulait pas, mais maintenant il sortait deux, trois nuits de suite et personne disait rien. Si moha voyait ça...
Même un soir où je suis venu lui ouvrir, il sentait l'alcool à plein nez pourtant wallah j'en avais jamais bu, mais l'odeur elle est reconnaissable... ça m'avait tout simplement éceurer j'en pleurais wallah, jamais y avait de truc comme ça chez moi, mes frères avant avaient trop de respect, jamais moha serait rentré comme ça, mais saïd partait sérieusement en couille. Hamdoulah ce soir là, mon père dormait bien profondément, sinon il aurait été capable de le tuer. Au début mon père le tapait quand il rentré tard mais les jours passaient et je crois qu'il était dégoûté dégoûté de s'être battu pour nous toute sa vie et puis que finalement mes frères soient comme ça. Baba était silencieux, très silencieux, trop silencieux, pensive et surtout à bout de nerf... quand à ma mère on ne l'a voyait plus sourire, juste pleuré et préparer des assiettes à saïd, quelle laissé dans le fond du frigo, personne avait le droit d'y toucher. Personne n'avait encore fait de demande de parloir pour aller voir moha, et elle ne savait pas écrire français alors elle prenait sur elle, je le voyais bien.
Je traînais tout le temps avec noureddine et fatiha. Car y avait grave des familles qui été arrivés au quartier pendant cette période et, un père seul avec ses 3 enfants. 2 garçons et 1 filles, Fatiha.
Fatiha était dans mon lycée en première s, donc très vite on prenait le bus ensemble et wallah direct j'ai accroché avec cette petite marokina, elle portait déjà le hijeb à l'époque, une meuf grave dans la religion et à côté de ça un peu décalé dans sa tête lol (un gros boussa dédicasse à cette malade qui doit surement lire ça
je te le dis pas souvent parce que je suis pas un pd mais I love you lol). Donc on faisait le chemin ensemble et j'grandissais grave avec elle, on parlait trop de religion, de nos familles et j'apprenais grave des trucs sur elle. Sa mère est morte quand elle avait tout juste 8 ans, allah yrahma, elle m'a très vite fait comprendre l'importance de ma mère et elle me disait wallah je me souviens exactement de sa phrase : "tu sais ma soeur, ta mère est une perle un cadeau qu'allah t'a envoyé pour prendre soin de toi sur cette terre, elle t'a enfanté et il n'y a personne à part allah qui veut autant de bien pour toi que ta mère. n'oublie jamais de lui dire à quel point tu l'aime ne fait pas mon erreur, met ta fierté de côté pour lui dire tout les jours à quel point tu l'aime". Cette Fatiha était tout juste une petite perle ! Elle me parlait également de son père qu'elle aimait tant et de ses deux frères, qui d'ailleurs travaillés tout les deux mashallah, dans le hlel. Ma première réaction à été sans retour :
Moi : hein ? mais c'est des rebeux ? ils ont trouvés un taf
Et oui dans mon quartier j'avais l'esprit grave fermé sur le monde extérieur
Elle a rigolé et m'a lancé :
Fatiha : et oui quand tu te donnes les moyens hamdoulah Allah te récompense
On ne pouvait qu'apprécier la compagnie de cette meuf pleine de joie, de morale de vécu, elle me faisait grandir avec elle et me tirait du côté du dine tout en restant un peu gamine lol. Je délaissais grave jihene et hayat pour fatiha.
Alors je disais, à cette époque j'ai commencé à tenir un peu une traîneuse wallah, malgré son hijeb fatiha s'était un petite bonhomme, donc elle m'tirait avec elle de se côté. Et vu que moha était en taule, saïd il sortait carrément du quartier, on le voyait jamais et rim elle travaillait, je restais en bas, avec noureddine, fatiha et d'autres rencontres..
Naoufel ? j'avais oublié qu'il existait, mais pas lui apparament, il était pas collant, mais il me lançait toujours des regards, des phrases... je l'ignorais j'avais pas besoin de lui. Houssam ? lui disparu... je le croisais parfois avec sa vieille capuche sur la face, ses yeux noirs, son visage balafré, il avait pas ça avant. J'le voyais derivé du côté de la rue, je le voyais devenir un gros voyou, mais d'après noureddine y avait personne qui arrivé à l'arrêter. Et j'osais même pas lui envoyer un message, j'avais trop peur des represailles de mon frère ou juste peur de houssam... Mais au fond je pensais trop à lui, dés que je le voyais, le croisait ou entendait sa voix, j'en avais pour 3 jours de palpitations, et comme je le croisais chaque jour lol. Ça me tuait de penser comme ça à lui alors que finalement c'était un banlieusard comme tant d'autre y avait rien de spécial chez lui, et surtout il me voyait pas comme moi je le voyais...
Fin mars 2006, j'avais 17 ans, mon frère moha et moi avions notre anniversaire à 2 semaine d'intervalle, on l'avait passés chacun de notre côté, chacun dans notre cage.
