partie 49

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J'étais écrasée entre ses bras.. mon coeur battait vraiment fort j'avais un mal de crane horrible, les yeux flous. Je tremblais wallah je tremblais tellement qu'Houssam s'est reculé.

Houssam : qu'est ce que t'as .. ho pourquoi tu trembles comme ça ?

Il m'a tenu les bras et m'a secoué d'un coup. Mes jambes ont fléchis d'un coup je me suis écroulée devant lui, il m'a rattrape par les bras. C'était vraiment horrible de pas tenir sur mes jambes, je voyais flou, dans ma tête y avait son nom qui raisonnait. Je vais pas appeler ça un malaise plutôt un étourdissement étant donné que je me suis relevée immédiatement après. Houssam m'a secoué j'ai cru retombé à nouveau : 
Houssam : INTISSAR PUTAIN TU ME FAIS QUOI LA ? HOO ! 

Il m'a relevé d'un coup je pense que s'il ne me tenait pas, mes jambes auraient lâchés ! Je tremblais tellement je pensais que mon coeur allait lâcher !

Moi : je me sens pas bien..

Il m'a secoué et m'a mit des petits baffes sur le visage 

Houssam : oh oh restes avec moi là !! Allez haichek restes debout 

Ma tête tournait tellement je ne saurai pas expliquer c'est un état un peu second, on sait qu'on est entrain de tomber mais qu'on arrive pas à tenir debout, mon corps suivait plus le rythme, j'avais l'impression que le mur à côté de moi bougeait et était flou. Il m'a amené jusqu'à son petit clic clac au bout de la pièce il m'a allongé 

Houssam : fermes tes yeux 

Il s'est accroupi moi j'ai juste eu le temps de comprendre que j'étais complètement sonné.. Faut dire que j'avais pas mangé de la journée, que j'avais dormi très peu, que j'étais fatiguée, que mon coeur suivait plus le rythme. J'ai fermé les yeux.. J'avais même oublié que Kem m'attendait en bas. Quand j'ai ré ouvert les yeux Houssam était assit devant ses petits plaques électriques entrain de faire cuire je ne sais quoi.. Et je continu de le fixer du coin de l'oeil.. il va finir par me tuer. Il a du sentir mon regard, il a levé la tête et m'a sourit. µ

Moi : tu fais quoi ? 
Houssam : ça casses les couilles .. ça cuit pas cette merde 
Moi : tu fais à manger ? 
Houssam : ouais .. j'essaie 

Je regarde son appartement.. Enfin sa pièce à vivre, c'était déguelasse, sombre, il y avait une mini télé qui tenait avec des cartons, sa table basse c'était le seul vrai meuble je crois autant dire que le hebs .. c'était le même confort. Je regarde sur la petite table y avait une boite de nesquik

Moi : tu bois du nesquik toi ? 
Houssam : bah.. j'ai pas de cafetière donc je bois ce que je peu il m'a fait tellement mal au coeur quand il a dit ça et j'avais déjà mon idée en tête la prochaine fois que je viens je vais lui acheter une cafetière un truc de professionnel lol même si j'y met tout mon salaire. Il s'approche de moi en souriant et se met à côté de moi 

Houssam : tu m'as fait quoi là Intissar ? 
Moi : rien rien un peu de fatigué smeh 
Houssam : je pars même pas 3 mois et ça y est tu fais n'importe quoi 
Moi : non je te jure c'est la première fois que ça m'arrive ! 

Il m'attrape le menton et serre 

Houssam : je suis déjà entrain de péter un cable dans cette piol.. Intissar le seul truc qui me rassure c'est de savoir que toi, Nour et ma daronne allaient bien.. Donc fait pas n'importe quoi haichek.. je veux que tu fasses attention à toi Intissar, écoutes moi.. fais attention à toi quoi qu'il arrive ok ? 

Moi : oui oui 
Houssam : hlef 
Moi : wallah je vais faire attention 
Houssam : t'es sur 
Moi : ça va t'inquiète.. 

Il m'a regardé dans les yeux 

Houssam : t'es trop belle wallah.. mais avec ta tête tout morte là Fallais que je craque de nouveau, mon coeur repartait à nouveau, et j'arrivais enfin à respirer... 

On est resté un bon moment comme ça, en oubliant l'heure passer, les minutes qui défilent. 

Moi : waaa j'ai oublié y a Kem qui m'attend dans la voiture ! putain ça fait combien de temps que je suis là ! 
Houssam : non t'inquiète il est partit il va venir te récupérer après 
Moi : ha.. il est quel heure ? 
Houssam : 7 heures héja comme ça. 
Moi : Saïd va péter un cable, je suis censée être rentrer ! je vais y aller.. je.. merci Houss 

Je me suis levée d'un coup, il était encore assit sur le canapé il avait le regard au sol.. Je me souviens encore de son visage, de son expression. J'attrape mon sac 

Moi : dis moi c'est quoi l'adresse exacte, que je me trompe pas de bloc 

Il a levé la tête 

Houssam : intissar y a un truc que t'as pas comprit.. je t'ai pas dit que j'étais ici parce que je veux pas que tu viennes

J'étais pas sur d'avoir entendu et quand j'ai enfin comprit j'ai commencé à pleurer comme une faible Moi : hein ? t'es sah là ? Il esquivait mon regard 
Houssam : ouais 
Moi : pourquoi tu veux pas que je vienne 
Houssam : c'est comme ça, cherches pas 
Moi : j'ai fait quoi moi putain ! t'as toujours pas confiance en moi ? 

Il se lève d'un coup 

Houssam : écoutes je vais pas rester ici longtemps.. de toute façon c'est pas la question.. je veux pas te voir ici 

Moi : MAIS.. 
Houssam : TU VIENS PAS ICI T'AS COMPRIT ? INTISSAR WALLAH JE RIGOLERAI MEME PAS SI JE TE VOIS DEBARQUER ! 
Moi : HOUSSAM ! J'ai commencé à pleurer et son visage s'est refermé il m'a attrapé le bras et m'a dirigé vers la porte 
Houssam : sors sors 
Moi : PUTAIN MAIS POURQUOI TU FAIS ÇA !! POURQUOI Il s'est arrêter 
Houssam : pour toi .. t'es pas venu ici t'as comprit ? sors Intissar sors Il m'a repoussé à nouveau en ouvrant la porte 
Moi : NON JE SORS PAS JE RESTE LA ! JE PARS PAS ! 
Houssam : m'obliges pas à me zehef.. m'obliges pas Intissar 
Moi : J'EN EST RIEN A FOUTRE ! JE RESTE ICI WALLAH JE RESTE ICI JE RESTE 
Houssam : dégages dégages 
Moi : WALLAH JE RESTE .. WALLAH ! 
Houssam : ARRÊTES DE JURER PUTAIN ARRÊTE SORS 
Moi : tu veux me détruire c'est ça ? 

Il s'est stoppé net et m'a regardé longtemps 

Houssam : sors 
Moi : bsahtek t'es sur la bonne voie continue comme ça 
Houssam : SORS PUTAIN DE TA RACE SORS Il m'a poussé 
Houssam : ZEUBI POURQUOI IL T'A EMMENER AUSSI CE CON AUSSI, TIRE TOI 
Moi : tu m'as menti en me disant que t'était chez Kem, t'as fait le mort, et maintenant tu m'interdis de venir te voir.. Dis moi DIS MOI putain t'as quoi contre moi ! 

Il attrape ma machoire d'un coup

Houssam : écoutes moi bien, je vais te mettre une gifle dans tes dents si tu sors pas. Je veux pas te voir ici, je veux pas que t'essaie de me joindre.. oublis moi. Si tu viens ici je te pète tes deux jambes. 

Là, j'ai cru j'étais au bord d'un ravin, le retournement de situation a été tellement brutal. Mes larmes ont commencés à couler à flot, je suis restée plusieurs secondes bloqués.. j'ai poussé sa main rapidement de mon visage, la haine a prit le dessus. 

Moi : c'est comme si c'était déjà fait 

J'ai fixé ses yeux et d'un coup c'est comme, si il était une autre personne, son regard est devenu noir il m'a poussé dans la porte 

Houssam : ÇA VEUT DIRE QUOI ÇA ?? 

Je tenais déjà pas beaucoup sur mes jambes mais là, la porte dans la tête m'a sonné. Il m'a attrapé le bras d'un coup m'a sorti dans le couloir d'un coup, il a claqué la porte en la défonçant. J'étais encore devant la porte quand j'ai entendu des gros boums, je suppose qu'il avait du défouler ses nerfs. Moi j'étais encore devant la porte, et je me suis rendue compte de mon impuissance je me suis mise à pleurer, je me suis écroulée au sol en chialant. Je sais pas si vous vous rendez compte à quel point j'étais faible, minable. Je savais très bien au fond qu'il ne pensait pas tout ça, il n'arrivait même pas à me montrer qu'il était indifférent, mais voilà il l'avait dit et moi je devais encaisser avec l'idée de ne plus le voir. J'ai appelé Kem qui m'a ramené sans poser de question, il a bien vu mon état. Je me suis retrouvée sur la route seule. J'ai commencé à craquer, une nouvelle fois, j'étais beaucoup trop faible .. Le bilan était critique : je m'étais éloignée de la religion, j'avais perdu mes envies de porter le hijab, j'avais perdu ma meilleure amie, je m'étais totalement renfermé, j'avais perdu tout contact avec l'extérieur et pour finir : je devais me résoudre à oublier totalement Houssam. J'ai roulé
jusqu'à ma cité, en bas il y avait énormèment de personnes en bas, c'était fin août, retour du bled pour la plus part, y avait de l'agitation, des mecs qui organisaient des barbecues à l'improviste. Et juste devant ma tour y avait mon frère Saïd et j'ai vu Younes.. Je suis allée garer ma voiture au parking, j'avais aucune envie de sortir, de monter dans mon appartement de m'enfermer dans ma petite chambre, j'étouffé, j'en pouvais plus. Fallais que ma vie change, que quelque chose bouge, j'avais besoin de retrouver Fatiha de lui parler. Je décide donc de rejoindre sa tour par le petit chemin.. Au passage je vois Slimane assis sur les escaliers, je tourne la tête et j'avance jusqu'à chez elle. Sachant que Younes était en bas j'avais un peu moins honte de sonner chez elle. C'est son père qui m'a ouvert :

Son père : Ha ! Intissar salam aleikoum ça fait longtemps ya benti ! 
Moi : aleikoum salam oui oui.. j'étais occupée avec le travail et tout 
Son père : ha c'est bien.. c'est bien les études le travail, c'est important ma fille ! travailles ! 
Moi : oui j'essaye 
Son père : c'est bien, bien. Rentres Fatiha elle est dans sa chambre, tu connais rentres 
Moi : merci 

Je toque et j'entend hum.. je pousse la porte, elle est assise avec sur son lit entrain de coudre. Fatiha est la seule femme de la maison, et machallah elle assume vraiment bien son rôle, elle aide ses frères, son père, prend soin d'eux, malgré son manque de temps. 

Moi : assalam aleikoum

Elle lève la tête un peu choqué, elle me rend mon salam. 

Moi : ça te dérange que je sois là ? 

Elle me fait signe que non, je m'assoie au bord de son lit. Et là je bloque, je ne savais pas quoi dire, les mots de sortaient pas, peut-être trop de fierté, mais j'étais surtout perdue... Et je me suis mise à pleurer une fois de plus, elle se lève choqué, elle aussi perd ces moyens et ne sait pas trop quoi faire, elle s'approche de moi, me tapote dans le dos : 

Fatiha : intissar.. 
Moi : t'avais raison wallah Fatiha t'avais raison, tout ce Haram... tout ça, ça n'apporte rien ! Regardes putain ce que je suis devenue, il m'a détruit ! il me détruit ! Regardes... Haichek regardes.. Le cadavre que je suis devenue ! regardes ce que je fais de ma vie ! Je suis incapable de rester forte, je suis incapable de rester droite.. Je suis même pas capable de m'accrocher à la religion, je suis même pas capable de porter le hijab ! 

Elle tape dans mon dos machinalement, je me rend compte du trou dans le quel je suis, arriverais-je à en sortir un jour... Telle est la question. 

Fatiha : ai une totale confiance en Allah Intissar... Je regrette vraiment d'avoir dit tout ça, je le pensais pas... J'avais juste peur et sheytan jouais avec mon cerveau, tu fais des erreurs, mais ont fait tous des erreurs. On est des créatures imparfaites, vraiment imparfaite, c'est à nous de corriger nos erreurs, pardonnes moi Intissar d'avoir dis tout ça. Ai une totale confiance en Allah Inti, Il te le rendra de la plus belle des manières, fais moi confiance. 

Moi : c'est moi... Je suis incapable de m'éloigner du haram, et je t'attire avec moi en plus ! J'ai tellement honte... et ya Allah que j'ai mal ! j'ai mal Fatiha wAllah, j'ai tellement mal putain... Elle me sert dans ses bras : 

Fatiha : je te laisse plus ma soeur, je vais t'aider je te jure tu vas t'en sortir, tu vas l'oublier et tu vas te marier avec un homme qui mérite tout ton amour dans le hallal, un homme sincère et droit.. 
Moi : dans quel merde je suis... qu'est ce que j'ai fait ! Fatiha je sais pas si je pourrais survivre.. Ya Allah aides moi ! je sais pas si je pourrais ! Fatiha : tu dois rester forte Inti, tu dois passer outre tout ça, tu dois être forte, je sais à quel point ça peut être dur à entendre.. Tu sais quand j'ai perdu ma mère, j'ai d'abord penser que ma vie s'arrêterait, mais non la vie est une épreuve à elle toute seule, il faut passer le test.. Quand un être cher à tes yeux part,c'est une partie de toi qui part, mais pas toi entièrement, tu dois faire le deuil de cette partier prier pour que vous vous retrouviez dans l'au-délà, pries pour Houssam, pour son âme.. 

Moi : c'est pas comparable, regardes à quel point je suis pitoyable, regardes.. Je pleure pour un homme 
Fatiha : c'est comparable... on a toutes les deux perdus un être très cher à nos yeux, je sais que t'es réellement amoureuse d'Houssam Inti, je pourrais pas te juger pour ça, ni te faire de moral, c'est ton coeur, c'est comme ça, tu dois apprendre à faire avec, ai confiance en Allah. 

Moi : j'ai l'impression que c'est une partie de moi, j'ai l'impression qu'Houssam fait parti de moi, c'est tellement horrible comme sensation, c'est tellement douloureux. Je sais même pas comment t'expliquer... Des fois j'ai l'impression que c'est encore plus fort que de l'amour, c'est
encore plus puissant, mais ça fait tellement mal.. wAllah 

Fatiha : alors tu ne l'oublieras pas, mais promets moi Inti que tu vas faire en sorte de vivre avec... Il faut que t'apprenne à vivre avec ça tu comprends ? Inch'Allah tu vas t'en sortir.. 

Fatiha : tu vas rester chez moi ce soir, faire la salat, te reposer un peu... Et puis j'ai tellement de truc à te raconter ! 

Moi : je vais voir ça avec ma mère. 

J'ai passé cette soirée avec la personne qu'on pourrait appeler ma meilleure amie, c'est ma soeur, c'est elle qui m'a tellement aidé, elle a été un pilier dans ma vie. C'est surement la plus belle rencontre que j'ai pu faire. avant, j'avais des amies, mais je n'avais jamais encore croisé le chemin d'une soeur de coeur, une personne avec qui tu crées une lien, au fil des années, au fil des épreuves, un lien indestructible. Une personne que tu apprends à connaitre, finalement en ayant la sensation de la connaître par coeur déjà. 

J'ai jamais réellement assez remercié Fatiha (de son faux nom lol) ni même Allah pour avoir mit sur mon chemin cette folle, cette soeur, ce pilier, ce soutien. Je connais la grandeur de son coeur, de sa foi, sa volonté de s'en sortir, de rendre fière son père et ses frères, je connais tant de chose qui me rende admirative de cette personne. Je savais pertinemment qu'il fallait que je me batte et que je sois la plus forte possible, finalement c'était mon djihad. Voilà, il fallait désormais que j'avance. 

Le mois de septembre est rapidement arrivée, j'avais reprit les cours à la fac, pour attaquer une deuxième année. J'avais petite à petite reprit les cours à la mosquée, je mettais raccrochais un "sourire facette", le sourire qui ne disparaissait que le soir lorsque je me prosternais en demandant à Allah de me retirer cette peine, cette douleur sur le coeur. Fatiha avait reprit les cours, mon frère Saïd avait changé de travaille, ma petite Manal grandissait.

Nour était toujours entre son appartement et le nôtre. Khalti était toujours en Algérie, toujours tenu dans le mensonge, elle ne savait pas qu'ici en France son fils était en cavale. C'était souvent cause de dispute chez moi le soir, ma mère ne supportait plus de lui mentir mais mon mère s'opposait formellement à ce qu'on lui divulgue la vérité. Alors elle souriait au téléphone, elle était toute heureuse en pensant que ses fils étaient en sécurité, elle allait de mieux en mieux, malgré ses malaises. 

Le ramadan est arrivée, ça à été un bénéfice pour moi, j'en ai profité pour me raccrocher à la religion. Avec mes frères, ma mère, mon père, Nour, ma soeur, Ali, Fatiha, son papa, et son frère Khaled on faisait très souvent des grands repas pour le ftor, on allait tous ensemble au tarawih. J'avais retrouvé cette ambiance que j'aimais tant lors du ramadan, j'avais retrouvé un petit morceau de mon enfance, de mon ignorance, au moment où aucune peine ne fracturé mon coeur. A cette époque j'écoutais en boucle "Par amour" de diam's, j'étais transportée. 

Un soir du mois de ramadan, ma mère et mon père sont allés manger chez de la famille, mon frère Saïd était avec ses potes, j'ai donc décidé d'aller manger chez ma soeur, on a préparait une bonne partie de l'après-midi de quoi manger. Puis l'heure de casser arrivé, Ali a débarqué avec ses cousins, et parmi eux y avait Mehdi et Nordines les fameux cousins fou du mariage. Quand Mehdi m'a vu il a tapé un sourire : 

Mehdi : ah ! Mais c'est la meuf teh **** (le magasin où je taffais), meuf trop sérieuse ! 
Moi : ah c'est le mec qui squatte les magasins des meufs 
Mehdi : commences pas à ficha aussi, c'était pour ma zine ! 
Moi : zehmaa 
Mehdi : je m'habille pas dans les magasins où les vendeuses c'est des grosses ogresses qui tapent des zdou pendant le taff ! 
Nordine : l'enfoirééé 
Mehdi : je suis sur ma cousine elle a retrouvé des morceaux de tomates coincés entre sa carte bleue et le tiqué de caisse.

El mohim, on a passé la soirée ensemble avec Nour, les cousins à Ali. Nordine et Mehdi ils faisaient que de me tailler, mais ça faisait énormément de bien, parce que j'avais zappé mes peines l'espaces d'une soirée. Un jour je suis allée chez Fatiha, et en passant mon petit chemin je croise Slimane assit sur les marches. J'allais avancé sans faire attention mais j'entend "Intissar.. Ho". Je me retourne et vois Slimane devant ma face, il avait énormément maigri, il avait des cicatrices sur tout le visage... J'étais fortement choquée. Slimane n'a rien avoir avec Houss, il avait toujours le sourire, toujours la pêche, un peu fou. Je pensais qu'il lui manquait des neurones, c'était toujours le plus taré de tous, mais toujours avec le sourire. Je le voyais se détériorer.

Moi : tu veux quoi Slimane ? 
Slimane : tu vas chez l'autre là ? 
Moi : c'est Fatiha son prénom 
Slimane : Eh je m'en balle les couilles de son blaze 
moi ! Je me retourne et j'avance, il m'avait gonflé, mais il m'appelle une nouvelle fois : 
Slimane : Ho ho attends.. Putain ! Intissar faut que je te parle ! 
Moi : vite Slimane : t'as des nouvelles d'Houss ? 
Moi : demande à son pote Kem, moi j'en sais rien ! 
Slimane : attends tu sais pas où il est ? 
Moi : je veux plus entendre parler d'Houssam, c'est terminé Slimane. Alors si t'as rien d'autre à me dire, j'y vais. 
Slimane : non vas-y restes là deux minutes.. euh... tu sais wallah je m'en veux.. pour ta shab 
Moi : c'est pas à moi que tu dois des excuses, mais à elle 
Slimane : je risque de lui en remettre une zeh 
Moi : contrôle tes pulsions hami. 
Slimane : tu crois qu'elle m'en veut elle zehma ? 
Moi : nan.. elle est passée à autre chose 
Slimane : comment ça autre chose ?! 
Moi : bah zehma.. elle a zappé 
Slimane : Ha.. et elle va toujours faire son hlel là ? 
Moi : ma 3labalich (je sais pas) Slimane.. c'est en attente pour l'instant, je sais pas trop. Mais vas lui poser ces questions à elle. 
Slimane : nan nan tranquille, je voulais juste savoir. 
Moi : comme tu veux 
Slimane : la vie de ma mère je m'en veut 
Moi : c'est bon.. t'inquiète
Slimane : je suis pas un fils de pute moi je tape pas les meufs comme ça 
Moi : je sais Slimane, mais voilà .. Fatiha c'est pas une meuf à embrouille, elle a pas trop comprit 
Slimane : wallah elle m'a prit pour un tahane aussi, moi j'étais droit avec elle, je lui parle de hlel tout ça et du genre au lendemain elle disparait et j'apprend qu'elle va se marier, moi normal j'ai pété un câble. 
Moi : tu lui as mit une patate Slimane 
Slimane : bah ouais, j'ai pas fait handek j'étais trop zehef, j'ai tapé puis voilà 
Moi : réfléchis avant de taper 
Slimane : la vie de ma mère je regrette... 

C'est comme ça les fornicateurs aux fornicatrices Je le regarde choqué, il avait le regard fuyant, il fixait le sol. 

Moi : arrêtes.. arrêtes tout ça et va la demander
Slimane : Ha mais jamais elle acceptera un petit dealleur comme moi, Et puis t'as jamais capté (il tape sur sa tempe) il me manque des cases, je suis trop instable comme mec.. Je suis pas Farouk moi, lui il a trouvé sa Leïla il se pose, il devient un mec banale. Moi j'étais un banlieusard, j'ai connu que ça, je sais faire que ça, dés qui va y avoir une couille je vais avoir des réactions de banlieusards. 

Moi : tu vas mûrir Slimane dis pas ça 
Slimane : c'est pas histoire de maturité.. C'est comme ça, elle s'est une petite meuf toute calme dans le dine, moi je suis un gros sauvage de la cité, y a rien a construire.. Elle a raison, on est trop différent 

Moi : le dine ça appaise le coeur, tu devrais essayer.. Tu vas voir c'est mieux qu'un sdeh. 

J'avance, je l'entend rigoler au loin. Ça m'avait fait mal au coeur de l'entendre dire tout ça, mais j'osais pas en parler avec Fatiha, j'osais pas me mêler de leurs histoires, j'en avais déjà trop fait. Le ramadan s'est terminé, ça faisait maintenant 3 mois qu'Houssam était partit, et 1 mois et demi que je ne l'avais pas vu... 1 long mois. C'était douloureux wallah c'était tellement douloureux. J'avais sa chevalière autour de mon cou, j'avais sa bague, sa clio, et j'avais énormément de souvenir en tête. Chaque endroit de ma cité me rappeler Houss, un moment que j'avais vécu avec lui. C'était impossible d'oublier, et comme Fatiha m'avait dit... je pouvais vivre avec. 

Alors je vivais avec, je suppliais Allah de me retirer cette lourde peine, dés que je me retrouvais seule, je versais toutes les larmes que mon corps pouvait contenir. J'étais meurtrie, au plus profond de mon coeur.

Par moment en pleine journée j'avais un coup de déprime, j'avais l'envie de sentir l'odeur d'Houssam, d'entendre sa voix, d'être dans ses bras. J'avais peur aussi.. Et ma plus grande peur était de ne plus le revoir, imaginé que sa dernière parole était celle qu'il m'avait dite, j'étais rongée, rongée par la douleur, le manque, la peur et l'amour. Je pourrais parler, exprimer des heures et des heures tout ce que je ressentais à cette période, la douleur qui m'a détruit, qui m'a rongé petit à petit. Mais le but n'est pas de vous entrainez dans ma déprime mais de vous faire comprendre. 

Alors je me contente de dire que je souffrais, je souriais tout en souffrant, c'était une épreuve constante entre mon corps et mon esprit. Je n'avais jamais un moment de répit, jamais un moment de repos total. Même dans mon sommeil, il hantait mes rêves. Finalement le seul réel moment de pose, c'était
pendant la salat, le seul moment où je pouvais m'en remettre à Allah de tout mon petit coeur meurtri.. J'avais un message une fois par semaine de Kem qui me demandait comment j'allais, je répondais toujours, par politesse, sans vraiment trop comprendre pourquoi il cherchait encore à me protéger, 

Houssam et moi s'était belle est bien terminé. Un week-end je gardais Ibti quand Rim m'appelle, elle me prévient qu'elle veut faire une sortit ciné, mcdo avec Ali, Nour, moi, Nordine et Mehdi. Ma mère accepte bien évidemment quand c'est avec Noureddine elle accepte direct lol. On va donc au ciné, finalement il n'y avait que Nordine, Mehdi était occupé ce soir là. On a été au ciné, puis au mcdo, c'était une soirée plutôt hella, on a bien rigolé.

Nordine est un grand comique lol. On est tous repartie chez Rim boire le thé, puis Nour était claquée il avait cours le lendemain (il était en BTS) donc il est partie s'installer dans mon lit (lol je le répète chez un lit chez ma soeur, encore aujourd'hui), puis Ali aussi est partie se coucher car il travaillait. Il restait que Rim, moi et Nordine au salon quand Rim dit : 

Rim : Inti tu dors sur le canapé ? 
Moi : euh.. Je sais pas si Nordine tu veux dormir ici, moi je rentre chez moi, je suis vraiment pas loin 
Nordine : non non tranquille dors ici, je vais rentrer chez moi moi. 
Moi : non mais tu risques de réveiller tes parents non ? vas-y restes ici c'est bon 
Nordine : j'ai mon appart moi petite, vas-y tu restes là 
Rim : bon faites comme vous voulez moi demain je taf, Inti tu sais où sont les couvertures. Bonne nuit ! 
Nous : bonne nuit Elle va se coucher, avec Nordine on était devant la télé on parlait pas. Puis j'engage la conversation : 
Moi : en sah tu vis tout seul ? 
Nordine : Bah oui.. je suis pas d'ici à la base, je suis ici pour les études zehma, puis c'est tranquille je suis pas tout seul, j'ai de la famille, j'ai des cousines elles viennent jouer à cendrillon chez moi mdrr 
Moi : ha ouais tu fais charbonner tes cousines toi ? 
Nordine : faut bien qu'elles servent à quelques choses ces hmalas 
Moi : t'es cool comme cousin toi 
Nordine : mdr 
Moi : et tu vis avec ton frère ? 
Nordine : ouais je vis avec ce gros porc qui pu des pieds
Moi : mdrr même comme frère ça va t'es bien ! sympa et tout 
Nordine : c'est un hafrit lui aussi c'est pour ça 
Moi : je vois le genre 
Nordine : c'est quoi tes prochaines questions ? depuis combien de temps je suis en France ? t'es de la bac en faite 
Moi : ça y est ! mdr non je te demande comme ça 
Nordine : mouai... tu sais rien de bien intéressant dans ma vie 
Moi : tout le monde a des trucs à dire sur sa vie, c'est juste que tu veux pas m'en faire part... Il sourit 
Nordine : et toi Intissar... C'est quoi ta vie ? 
Moi : je m'appelle Intissar 
Nordine : Bonjour Intissar 
Moi : mdrr.. j'ai 19 ans, je suis en Fac d'éco et de gestion.. J'ai 2 frère, une soeur et mes parents al hamdulillah et je suis
algérienne... A toi ! 
Nordine : assalamu aleikoum smiyti Nordine, 3endi rb3a wa hshrin ham, Ana men lmghrib w jazayri, w.. bghit ana hend l'madrassa teh l'mohndis. Et.. Fiyya ssehal, fhamtini ? J'étais morte de rire ! 
Moi : mdrr attend j'ai pas tout suivis là ! c'est quoi ton marocain ça va trop vite ! 
Nordine : t'as pas comprit 
Moi : pas tout 
Nordine : je m'appelle Nordine 
Moi : bon ça va... j'avais comprit 
Nordine : j'ai 24 ans 
Moi : Hein ? Dis wallah t'as 24 ans ? Il touche ses cheveux : 
Nordine : Oui je sais, je fais plus jeune que mon âge, on me le dit souvent.. c'est grâce à l'anti-ride ça 
Moi : mdrr t'es con .. et donc 
Nordine : je suis Marocain et Algérien.. je suis dans une école d'ingénieur 
Moi : Houwaaouh bsahtek ! 
Nordine : Selmek ! et.. le reste c'est pas pour toi Il était mort de dire 
Moi : quoi ? c'est quoi le reste 
Nordine : tu seras un jour ! 

Il était MORT DE RIRE ! Et moi je savais vraiment pas ce que ça voulait dire 

Moi : ma shab c'est une marocaine, m'oblige pas à lui demander Il était mort de rire : 
Nordine : si ta shab tu me la présentes, zehma on fait connaissance et après je te dis ce que ça veut dire 
Moi : d'abord tu me dis ! 
Nordine : ça veut dire j'ai la diarhé mdrr mais wallah c'est pas vrai ! 
Moi : mdrr sale behloul va ! 
Nordine : wallah faut je parle marocain plus souvent moi, je vais dahak seul ! 
Moi : mdrr et donc t'as combien de frères et soeurs : 
Nordine (toujours MDR) : j'ai 2 frères et 5 soeurs ! 
Moi : dis wallah ? vous êtes geh 8, tbarakallah 
Nordine : eh ouais ça rigole pas chez nous 

Hessoul, on a parlé toute la soirée comme ça, ma soeur nous a mit des coups de pressions tellement on rigolait, j'avais vraiment accrochée avec le caractère de Nordine, pas prise de tête du tout, et tranquille. Il est partit vers 4h du sbah, moi je me suis endormie sur le canapé. J'avais le moral remontée, j'oubliais l'espace d'une soirée Houssam.. J'écoutais la petite vie de Nordine et ces histoires de hobs un peu désastreuse lol. 

Un après-midi j'avais pas cours, j'étais seule à l'appartement avec Saïd, y avait rien à manger. Donc je dis à Saïd : 

Moi : Saïd, je vais faire les courses, tu veux venir Il se pointe du doigt 
Saïd : j'ai une gueule à faire les courses 
Moi : je propose comme ça, zehma pour passer du temps avec mon grand frère 

Il jette la télécommande 

Saïd : vas-y mais pas plus de 20 minutes là 

On descend, on parlait pas, en ce moment je sentais bien que Saïd était distant avec moi. Et dans la voiture il cassa se silence : 

Saïd : au faite toi ! (ça sent pas bon ça !) 
Moi : oui.. 
Saïd : c'est quand que tu te maries là, que je sois seule à la baraque 
Moi : j'attend que tu partes avant 
Saïd : en sah Inti, t'es vieille (ok je viens d'avoir 19 ans), c'est pour quand le mariage 

Moi j'étais bloquée.. C'était surement la première fois que je parlais de ça avec Saïd ! Avec Moha encore, mais Saïd ! 

Moi : euh .. bah.. je sais pas 
Saïd : hum 
Moi : et toi 

Il tourne la tête vers moi et me regarde de travers (j'ai prit la confiance là) : 

Saïd : tu m'as prit pour shab ta confidente ou quoi ? 
Moi : bah non tranquille je suis ta petite soeur 
Saïd : bah ouais justement ! 
Moi : bah écoutes si tu veux pas me dire.. 
Saïd : NON 

Y a eu un grand silence puis il me dit : 

Saïd : tu sais ça parle au quartier.. Y en a qui disent que tu sais où il se cache Houssam 

Moi : hein.. tfou mais n'importe quoi 
Saïd : tu sais pas où il est ? 
Moi : bah non ! 
Saïd : t'es au courant qu'il est en val-ca au moins ? 
Moi : oui .. j'ai entendu 
Saïd : me prend pas pour un con 
Moi : mais non Saïd 
Saïd : je suis pas un hmal ok, j'ai rien dit une fois (rien... dit ? il m'a défoncé), si je vous vois une nouvelle fois je vous écrase vous deux. Intissar t'es une fille intelligente, ce mec là il est vouait à sa perte, c'est mon shab wallah c'est un frère, mais.. tu vas te marier avec ça ? Je suis pas un con je sais très bien Intissar que t'es une meuf droite, et que toi t'espère le mariage tout ça, mais c'est pas son cas.. 

Moi j'étais trop fière, trop de fière de voir comment mon frère Saïd avait muri.. ça parait rien comme ça mais avant JAMAIS des mots comme ça, ce genre d'idée aurait cogité dans sa tête. Il m'aurait saigné et peut-être après il aurait dit "dommage elle avait qu'à pas faire ça". 

Saïd : pourquoi tu souris toi ? 
Moi : je sais.. C'est bien comment t'es devenu un homme Saïd ! 
Saïd : quoi j'étais une meuf avant ? 
Moi : mdrr non mais voilà.. 
Saïd : bon.. J'espère t'as capté ce que je voulais te dire, pas d'Houssam, pas de mariage avec un mec en cavale.. Je veux un frère pour toi, un frère muz, qui a jamais touché aux vices de la rue et tout le reste ! En attendant.. je te vois avec un mec, j'apprend un truc.. (il me fait un signe de mort) je t'envoie au bled 

Saïd venait de confirmer une nouvelle mes idées, fallait A TOUT PRIX que j'oublie Houssam, ou du moins que je fasse avec. Les jours passaient, un jour Camille était occupée, donc je gardais ma princesse Manal chez moi. Comme il faisait beau, j'ai prit la poussette et je suis sortie avec elle dans le quartier. Machallah comment elle est trop belle cette petite, mon frère Moha est très bronzée donc elle était assez métissée, avec des grands yeux marrons, elle me fixait pendant 10 minutes de suite sans s'arrêter lol. Moi je jouais la maman a me promener, Farouk et Slimane ils ont fait une thèse sur elle, mohim j'ai même croisé une clocharde qui m'a dit "Hoo Intissar c'est ta fille, machallah" .. lol Je faisais des zigs zags entre les tours HLM, quand je vois.. Younes sortir de sa voiture, avec un gros sac à dos sur l'épaule, puis il me voit et avance vers moi..

Partie 51:

Je ne savais pas quoi faire je me suis mise à trembler sur place, j'ai baissé la tête en avançant, priant pour qu'il détourne son chemin et puis... J'ai failli lui rouler sur les pieds avec la poussette ! 

Younes : ho ! Tu m'as pas vu ou quoi ? 
Moi : ah smeh... 
Younes : t'es tête en l'air toi 
Moi : smeh j'ai dit Younes c'est bon 
Younes : j'allais te parler là, wallah j'allais m'excuser, tu parles trop mal Intissar! 
Moi : Bah voilà c'est bon, j'ai pas fait exprès, azy salam ! 

Je commence à avancer avec la poussette puis il me dit : 

Younes : restes là, restes là on parle là 
Moi : toi tu parles, moi je t'écoute pas 
Younes : Ah ouais? 
Il me regarde de travers :

lui - Tu veux jouer à qui parle le plus mal ?
Moi : non mais voilà, on s'est tout dit la dernière fois Younes, enfin tu m'as tout dit... 
Younes : j'étais zehef contre toi Intissar, on touche pas à ma soeur .. 
Moi : il me semble que c'est pas moi qui les péta, donc jusqu'ici t'avais rien à dire 
Younes : je m'en serais prit à toi comme à la voisine, j'étais zehef contre toi et ça, ça à rajouté.. Tu comprends? 
Moi : Si tu veux Younes, en tout cas tu m'as rabaissé et ça passe pas. 
Younes : d'où je t'ai rabaissé déjà? 

Moi : tu m'as fait passer pour zehma la petite keh qui entraine ta soeur en teboi, faut pas exagérer non plus. Moi je t'ai jamais manqué de respect, alors ouais mes choix sont peut-être pas toujours les meilleurs, je fais peut-être wahed les trucs de gamines, mais moi je t'ai pas manqué de respect.. Tu m'as rabaissé comme je sais pas quoi.. et... hessoul je sais pas pourquoi je t'explique ça 

Son téléphone sonne à plusieurs reprises. Il souffle et lève la tête vers Manal :

Younes : c'est ta nièce ? 
Moi : ouais 
Younes : la fille de Moha ? 
Moi : oui 
Younes : macha'Allah wallah est vraiment belle ! 

Il baisse la tête vers et rigole puis il l'a relève et son téléphone se remet à sonner : 

Younes : écoutes je dois faire un truc là, mais est ce que t'aurai quelques minutes à m'accorder inch'Allah pour qu'on parle calmement de tout ça... Tu sais comme des adultes tout ça .. (il sourit) 

Moi : Ah je sais pas moi j'ai pas l'habitude, je suis plus avec des personnes qui tapent sans réfléchir.. Hein Younes Il rigole

... : - T'as la tête dure toi wallah.. Alors ? 
Moi : je garde ma nièce cette après-midi 
Younes : Bah ce soir 
Moi : t'as cru que je m'appelais Brenda ou quoi ? Je sors pas comme ça de chez moi, surtout le soir 
Younes : 20 minutes Intissar fais un effort..
Moi :.. 
Younes : me dis pas que t'as jamais fais des feintes pour aller rejoindre ton gars le soir Je le regarde de travers : 

Moi : Si c'est pour me faire ce genre de reflexion tu peux garder ta conversation teh les adultes pour toi 
Younes : Bon demain midi c'est bon ? 
Moi : on verra 
Younes : a 12h au parking inch'Allah 
Moi : hum 

Il sourit à Manal et s'en va. J'étais énervée il m'avait tapé sur le système à faire le sur de lui. En plus, Younes c'était pas du tout son genre de faire ça. Le lendemain arrivé, je descend à l'heure du rendez-vous, mon père s'était levé du mauvais pieds et il m'avait envoyé chercher son journal en hurlant, donc j'étais un peu énervé et j'étais en retard. Quand je suis arrivée il était contre ma voiture, il tape sur sa montre :

Younes : l'heure.. tu connais ? 
Moi : j'ai pas fait exprès ok ! 
Younes : as salaam aleikoum pour commencer 
Moi : hum aleikoum salam 
Younes : tu te calmes et puis après on parle ? 
Moi : j'ai pas besoin de me calmer, dis ce que t'as à me dire, j'ai cours après 
Younes : on va manger un truc ? T'as mangé ? 

A la base on devait parler, pas se taper un diner aux chandelles.. Mais bon j'avais pas mangé donc j'accepte et on monte en voiture, il conduit jusqu'à un quick ou héja je me souviens pu. El mohim on s'installe en mangeant, il me parle un peu de sa vie : 

Younes : le taf il est hella, mais voilà c'est des grosses racistes dans mes collèges wallah je te ment pas y en il m'appelle Ben Laden mon frère.. T'sais zehma ils font de l'humour "Ah c'est Ben Laden" ils rigolent tout ça, mais je vois très bien derrière leurs sourires de faux culs là, ces tahanes ils le pensent vraiment. L'autre jour y en à un devant les clients ils commencent à dire "Ah Mouloud sors moi le carton du nouvelle arrivage ahaha".. Devant les clients, la hchouma j'ai commencé à me zehef je suis ressortie, je l'ai trainé dans la réserve et je lui est mit des câbles dans la bouche 

J'étais morte de rire, il me racontait la scène. Younes c'est un mec trop calme, trop posé, mais faut pas trop le pousser. 

Younes : après voilà la ville elle est tranquille, l'appart propre tout ça, mais je sais pas vivre tout seul wallah moi il me faut ma famille, je suis tout le temps seul moi ça me casse les couilles à force. je pense que je vais revenir ici 
Moi : t'as aucun shab là-bas ? 
Younes : Ha tu sais moi je suis pas shab les mecs qui vont en boite tout ça, donc je sors pas, je connais personne.. J'ai un zinc là-bas mais il a sa vie lui j'ai pas envie de m'incruster tu vois. 
Moi : et t'avais pas une copine ? 

Quand j'ai dit ça je suis devenue toute rouge (impossible avec ma peau lol) mais mohim j'étais gênée je me suis dis pourquoi J'AI DIT ÇA ! Lui il regarde sa boisson 

Younes : Ha ouais... Bah elle taf elle a pas trop le temps 
Moi : euh je voulais pas te mettre mal à l'aise, smeh 
Younes : Tranquille tranquille, y a rien 
Moi : et elle taf dans quoi ? 
Younes : elle est infirmière 
Moi : Elle a quel âge ? 
Younes : 23 ans 

Oui, certes, je suis une gamine moi à côté. Je sais même pas pourquoi, j'ai des idées comme ça, nhar sheitan la jalousie malsaine. Je sourie

Moi : et c'est une quoi ? Elle s'appelle comment ? 
Younes : lol.. Une marocaine de Fes et elle s'appelle Intissar. 

(Bon là ça fait chelou parce que ce prénom n'est pas si courant que ça, mais mon vrai prénom l'est. Donc oui, elle avait le même vrai prénom que moi.. c'est pas très claire) 

Moi : Ah comme moi ! 
Younes : Ouais c'est un prénom courant.. 

Le malaise que ça à foutu donc j'ai relancé la conversation 

Moi : tu sais Younes pour la dernière fois, c'est bon t'étais zehef et puis tu as toute à fait raison j'ai mes torts.. Maintenant, Fatiha c'est comme ma soeur wallah je l'aime trop.. Mais si tu veux que zehma je m'éloigne pour son bien, si tu penses que c'est mieux bah je comprendrais .. Il a levé la tête

Younes : t'as grandi depuis hier
Moi : rien avoir, mais voilà je suis consciente que t'avais pas tort... 
Younes : je te demanderai jamais ça Intissar, Fatiha c'est ma seule petite soeur, c'est mon devoir de la protéger.. Je veux que son bien, donc je t'ai demandé d'éloigner d'elle, mais j'ai vu comme elle était pas bien, donc pour son bien je te demande de pas lui faire de crasse et de pas lâcher.. Je lui dis jamais Intissar, mais tu sais.. Enfin depuis que ma mère nous a quitté... Allah y rahma. Fatiha elle a tout assumé, elle était toute jeune.. Wallah je te ment pas, elle avait 8 ans, elle se levé le maintenant pour faire le café de mon père. Elle lavait le linge, elle faisait la vaisselle. 8 ans Intissar, dis moi où tu trouveras une gamine avec le courage d'une femme comme ça.. Maintenant elle joue la mama, des fois elle nous met des hagras pour le ménage, parce qu'on sort mdr. J'ai jamais eu à la surveiller, elle a toujours marché droit avec la maturité d'une femme adulte. Je l'ai rarement vu craquer. Sur cette terre, si je devais tuer pour quelqu'un se serait pour elle. Je suis pas quelqu'un de sauvage, de violent ou qui parle pour rien à dire zehma "je te tue" mais wallah la7dim, si un jour quelqu'un lui fait du mal, cette personne je l'a tue. Fatiha c'est ma vie.. (il pointe son doigt) lui répète pas ça à cette hafrita, après elle va prendre la confiance. 

J'avais les larmes aux yeux... ça m'avait retourné de l'entendre parler comme ça. J'avais toujours vu qu'entre Fatiha et Younes il y avait une énorme complicité.. Surement dû à leurs vécus, surement dû au faite qu'ils ont du se débrouiller très vite seuls. Je me souviens que quand Moha était au hebs et que je voyais Fatiha et son frère, je pleurais parce que mon frère me manquait, notre complicité me manquait. 

Moi : mdr je pense qu'elle le sait déjà... Il approche sa tête de moi 
Younes : tu pleures là ? tu chiales ? Je mets mes mains devant mon visage :
Moi : nan nan Il pousse mes mains 
Moi : arrête de faire le gamin Younes je pleure pas 
Younes : wallah tu chiales ! tu chiales !! Je fini par essuyer mes larmes. 
Younes : je suis sur Moha et Saïd sont aussi fière de toi Je baisse la tête .. 
Moi : y pas de quoi être fière 
Younes : quoi ? pourquoi tu dis ça ? 
Moi : pour rien 
Younes : smehli.. pour ce que je t'ai dit, la dernière fois à propos d'Houssam tout ça... J'ai pas à te juger sur ça, j'y connais rien 
Moi : non t'as tout à fait raison, et j'aurai du t'écouter.. Mais voilà 
Younes : voilà quoi ? 
Moi : Rien rien.. tu sais il est en cavale, enfin t'es surement au courant 
Younes : ouais ouais.. j'voulais pas t'en parler Il baisse la tête 
Moi : c'est pas un sujet tabou.. 

Il est en cavale voilà, tout le monde sait pourquoi, même mon père ! On sait tous qu'il va prendre une grosse peine. Je sais aussi que il est bien bien loin du Houssam que j'ai connu au début.. Je sais qu'il a fait tellement de chose, et encore j'en connais qu'une petite partie.. 

Bah je sais que voilà il a un très très lourd passé, présent et même futur. Je suis pas folle, depuis longtemps je sais tout ça... 

Younes : alors si tu le sais pourquoi tu fais zehma tu tombes de haut là ? 
Moi : pour certaines trucs.. 

Je crois que je voyais ça comme un truc pas réel, j'imaginais pas que tout ce qu'on me disait, tout ce que lui me disait c'était la vérité tu vois.. Mais quand tu le vis réellement bah tu comprends, et moi je tombe de haut.. Je tombe de haut à chaque fois.. 

Younes : certains trucs ? 
Moi : Younes je devrais pas t'en parler, mais voilà ... Il s'est passé un truc avant qu'Houssam sois en cavale.. Et wallah je crois que j'ai jamais eu aussi peur de ma vie. 

Younes a froncé les sourcils, en prenant un air sérieux.

Younes : comment ça ? il s'est passé quoi ? 

J'étais pommée, je savais pas si je pouvais lui faire confiance, lui en parler. J'en avais parler à personne, ni à Fatiha, ni à Rim.. Vraiment personne. Le faite d'en parler, et même d'y penser, ça m'a mit une boule au ventre. 

Younes : Ho Intissar ! Wallah tu peux me faire confiance.. Je suis pas je sais pas qui moi, tout ce que tu m'as dit jusqu'ici je l'ai gardé pour moi, tu le sais très bien. 

Je me suis mise à pleurer.. 

Moi : c'est pas ça Younes.. 

J'essaye de me calmer et je fini par lui dire : 

Moi : Houss il m'emmenait souvent dans un grec près de ****, il connait pleins de monde là-bas, et je sais pas, je pense que c'est principalement là où il avait des contacts.. Mais il avait confiance il m'emmenait là-bas, à chaque fois que je venais le mec il me faisait pas payer, moi au début ça me génait mais Houssam me disait c'est comme ça, tu vas manger ici, je préfère te savoir là-bas que n'importe où avec n'importe qui. Donc même quand il était pas là j'allais là-bas, je connais quelques potes à lui, au départ ça me génait.. J'aimais pas.. c'est tout con comme truc.. Mais pour moi c'est un monde parallèle. Mais je le faisais parce que ça le rassurer. Le truc juste que j'arrive pas à comprendre, c'est que dans ce grec y avait des mecs qui connaissaient mes frères, des mecs d'un peu partout très souvent, et pourtant jamais jamais Saïd n'a su, il a jamais su qu'Houss m'emmener ici. Hessoul.. Un midi on est allés manger là-bas et y a une voiture qui s'est arrêté devant, enfin je crois que c'était une voiture, moi j'ai juste eu le temps d'entendre frainer, Houssam il m'a teje au sol.. Et puis ils ont tirés, y a des vitres qui ce sont brisés.. Mes oreilles elles sifflaient seules. Je me disais que c'était impossible, c'était un film, ou un gag... T'imagines putain, t'imagines j'aurai pu me prendre une balle perdue, Houssam aussi, un des mecs dans le grec aussi. T'imagines ce que j'ai ressenti.. Putain la peur que j'ai eu, wallah j'ai JAMAIS eu aussi peur que ce jour là. Houss il était hors de lui, il allait faire n'importe quoi, moi j'ai tenté de le calmer, je lui est dit des trucs.. Au fond je tentais juste de me rassurer, mais après ça j'ai fait des cauchemars, j'osais plus aller là-bas, j'avais peur tout le temps dés que j'entendais une voiture freiner, tout le temps j'avais l'impression que ça allait recommencer, à n'importe quel moment.. Houss lui il m'en parlait pas, puis un jour il m'a dit qu'il savait qui avait fait ça, j'ai essayé de le calmer, mais je sais pas, et je saurai très certainement jamais ce qui s'est passé.. Je saurai jamais, il a gardé le silence, et je crois que c'est ce qui m'a fait le plus peur aussi. La froideur avec le quel il a vu ça, comme s'il avait l'habitude.. Sauf que j'étais là, et moi j'ai jamais connu ça.. et je me suis retrouvée mise en danger à cause d'Houssam et ça m'a fait flippé, vraiment flippé.. Je commençais à sécher mes larmes, Younes il était face à moi, je crois qu'il était vraiment choquée.. 

Younes : et c'est tout ? il t'a jamais rien dit sur tout ça ? 
Moi : il a fait pire que ça.. 
Younes : QUOI ? 
Moi : je devrais pas te parler de tout ça.. 
Younes : parles Intissar, depuis quand t'as pas confiance en moi 
Moi : c'est pas histoire de confiance, c'est que j'en est parlé à personne.. 
Younes : bah c'est l'occasion d'en parler 
Moi : il m'a demandé d'avoir une arme constamment dans mon sac 

Il m'a regardé avec de gros yeux 

Moi : il m'a apprit rapidement à tirer en cas de besoin 

Younes : et tu l'as toujours là ? 
Moi : elle est dans mon autre sac 

Il se frotte la main nerveusement sur la bouche, et me regarde.. Il avait l'air très énervé 

Younes : t'as parlé à personne de ça ?
Moi : non personne.. 
Younes : .. 
Moi : y a tellement de truc tu sais.. qu'il m'a fait vivre des trucs que je pensais ne jamais avoir à vivre. Une fois je l'ai retrouvé sur un terrain vague ensanglanté, j'ai tellement eu peur ce jour wallah.. j'ai eu peur pour sa vie. Mais il s'était réellement calmé je te jure, il avait fait des efforts, il avait commencé à arrêter son trafic petit à petit, il avait arrêter l'alcool, il fumait toujours, mais il ne sortait plus, il était vachement plus calme avec moi... J'ai tellement bien Younes si tu savais, il a été la pour le mariage de Rim, il a aidé ma mère, il était à la maison tout les soirs, il aidait, avec moi il avait changé... Si tu savais comment j'aimerais revenir en arrière.. Wallah il me manque tellement, c'était tellement beau j'aurai voulu que ça continu, qu'il arrête tout et qu'on finisse par faire un hlel même tout petit, je demandais rien.. (je me suis mise à pleurer) il m'a fait tellement de mal, mais wallah je connais la grandeur de son coeur, je sais comment il est, je sais aussi que ce qu'il fait c'est plus poussé que le besoin de ce faire de l'argent, mais il me détruit.. Et j'aurai tellement rêver que le temps s'arrêter il y a quelques mois, c'était trop beau, trop beau pour être réel. Il été choquer, par tout ça je pense 

Younes : t'es consciente de ce que tu me racontes là Intissar ? t'es consciente qu'une meuf normale elle a pas à vivre tout ça ? 
Moi : je sais très bien.. 
Younes : putain il t'a fait porter une arme.. 
Moi : ... Il tourne la tête et me fixe : 
Younes : si je t'ai laissé retourner vers lui sans rien te dire, c'est que je pensais que t'était entre de bonnes mains et qu'il allait réellement changer.. si je t'ai laissé Intissar c'est parce qu'il est venu me parler 
Moi : hein ? 
Younes : il est venu me demander quels étaient mes intentions envers toi.. Il m'a dit que il voulait savoir qui prenait soin de toi 
Moi : hein.. Houssam ?? 
Younes : tu le sais très bien Intissar tu me l'as dit toi-même, qu'il aimait prendre soin des personnes sans attendre de reconnaissance, juste pour se rassurer 
Moi : oui 
Younes : bah voilà, il l'a fait.. 
Moi : il t'a dit quoi exactement 
Younes : des trucs entre hommes 
Moi : Younes.. S'il te plait 
Younes : des trucs Intissar, juste il m'avait dit qu'il prendrait soin de toi, que cette fois il allait se calmer réellement, même si ça prenait du temps. Et que voilà s'il échouait, il comptait sur moi 
Moi : comptait sur toi ? 
Younes : zehma pour veiller sur toi 
Moi : Ah.. Mais je te demande pas ça Younes ! Non t'en a déjà fait assez, je te demande même pas de m'écouter si tu le veux pas, non non je veux pas Younes : j'ai fait une promesse, je compte la tenir, j'ai qu'une parole 
Moi : Non Younes, wallah non
Younes : tu feras quelques jours de jeune pour ton wallah là, parce qu'Intissar je suis très très sérieux... J'approuve pas tout ce qu'il te fait, j'approuve pas du tout, mais wallah malgré tout, après avoir eu une conversation avec lui je sais que c'est un homme de parole, un vrai homme.. Tu vois, je pensais que c'était une petite frappe Houssam wallah moi je pensais qu'il faisait le voyou comme la plus part sans avoir rien dans le crane, mais au contraire.. Maintenant Intissar quand il parle ça se voit qu'il est déterminé, que quand il dit quelques choses il le fait.. Et je suis sur que quand il dit qu'il pourrait tuer pour toi.. C'est la vérité. 
Moi : je sais tout ça... 
Younes : bah voilà, je crains Allah, j'ai qu'une parole, même s'il est dans le hram ça reste un frère, il m'a demandé un service, respectueusement, donc je vais faire ce que j'ai dit. T'es comme Fatiha pour moi faut que tu sâches que si tu vas te travers je serais pour te remettre droit.. Considère que t'as 3 frères 

J'ai souri.. ça m'a tellement touché 

Moi : t'es quelqu'un de bien Younes 
Younes : je sais t'inquiète 
Moi : mdr pourquoi je t'ai dit ça moi 
Younes : ... t'as aucun contact avec Houssam ? 

Je lui raconte donc la dernière fois que je l'ai vu, les appels de Kem aussi.

Younes : tu sais y a des mecs qui risquent de faire pression sur toi pour savoir où il se cache.. Je parle en connaissance de cause, y a des mecs quand ils veulent la tête d'un type, ils font n'importe quoi.. Et tu m'as dit toi même qu'il t'avait présenté à ses potes, et que les gens savent que toi t'es pas n'importe qui pour lui. 

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