Un silence pesant s'était installé dans la petit pièce. La libido de Céleste était redescendu d'un coup, accablé par les propos de la jeune fille. Déçu, c'était le mot pour qualifier les sentiments de Céleste. Profondément déçu. Alice ne voulait pas. Mais pas quoi, au final ?
Alice l'aimait, ce petit bout de femme excessif. Mais juste bien, pas plus, pas beaucoup, pas passionnellement, pas à la folie. Un peu seulement. Et c'était triste, parce qu'elle aurait voulu l'aimer énormément, considérablement. Son cœur voulait pas, c'est tout. Elle l'avait menacé, ce petit muscle, lui à dit de battre plus fort pour elle, plus vite, plus amoureusement. Mais il a pas voulu, son organe, l'aimer Céleste. Pas plus que un petit peu.
- Désolée.
C'étaient les seuls mots qu'elle avait pu prononcer. Sa bouche était pâteuse. Au début, Alice s'était dit qu'elle ferait semblant, et qu'elle l'aimerait, au bout d'un temps. D'habitude, son cœur bat pour n'apporte qui, de la professeur d'histoire à la libraire, en passant par la factrice et la conductrice du bus. Mais là il voulait pas.
- Part, s'il te plaît, l'implora Céleste.
Ses nerfs étaient emmêlés comme des pelotes de laine. Alice remballa ses affaires et s'éclipsa doucement de l'appartement, avec l'impression persistante qu'elle avait fait une belle grosse connerie.
Céleste s'étala à même le sol, sur son parquet dur et froid. Elle serra entre ses bras, là où aurait dû se trouver le corps d'Alice, une peluche. Un souvenir. De lui.
Ses larmes mouillèrent rapidement le tissu du nounours. Ses poils bruns, parasités par la poussière, s'embibèrent d'eau salée. Son sourire s'était décousu depuis longtemps, remplacé par un mutisme : il n'avait plus de bouche. Elle l'aimait bien, cette camelote. Il l'avait gagné pour elle à la fêtes foraine. C'était le plus vilain du lot. Céleste voulait à tout pris le blanc. Elle lui avait crié dessus, elle s'en souvient. Puis elle s'était escusée. Ils s'aimaient. Mais elle l'avait larguée pour une autre. Et maintenant...
Elle se releva, la marque des lattes emprégnées sur ses bras. Elle allait aller à la soirée de Thibault. Il lui avait envoyé un sms quelques heures avant, et elle avait refusé car elle voyait Alice... Elle s'autorisa quelques larmes de plus avant de courir se remaquiller.
. . .
Céleste n'avait pas le cœur brisé, mais vidait. Il était creusé de l'intérieur, et la considération des autres pour sa personne le remplissait. Enfin, elle le croyait. Les têtes se retournaient sur son passage, comme dans une mauvaise série Américaine, fixant ses fesses moulaient dans sa robe. Quelques sifflements qui aurait dû la dégoûter. Or, elle était ravie. Des gens la trouvait belle.
Elle partit dans le jardin qui possédait une immense piscine, où des vingtaines de personnes buvaient, fumaient, sautaient dans l'étendue d'eau. Céleste se dévétit devant une bande de garçons en chien, mineur très certainement. Elle dévoila un maillot de bain noir, classique, qui mettait en valeur le peu de poitrine qu'elle avait. Ils suivèrent son chemin jusqu'à l'eau chauffé, déçu de voir son corps de mannequin s'échapper dans le bassin.
Un de la bande la rejoignit, lui proposa une bière et passa son bras autour de ses épaules. D'habitude, la jeune femme l'aurait repoussé. Mais ce n'était pas d'habitude. Elle avala sa bière le plus rapidement possible et passa sa main dans le dos du jeune homme.
- Tu t'appelles comment bonhomme ? Lui susurra t'elle à l'oreille.
- Mickaël et toi beauté ?
Elle lui déposa un furtif baisé sur ses lèvres avides. Elle attrapa sa main, sortit de la piscine et l'entrenna dans une chambre.
Mickaël était bavard, mais Céleste était aussi muette que son nounours, qu'elle avait laissé négligemment chez elle. Il finit par se taire, éxité par l'atmosphère de la jeune femme.
Elle ferma la porte. Pas à clé. Elle ne souria pas. Elle ne sourirait pas de la soirée. Elle poussa le corps du jeune homme sur le lit. Il portait un maillot de bain, qui mouilla légèrement les draps du lit. Ils avaient vu pire.
Mickaël ne comprenait pas ce qu'il qui lui arrivait. Il avait d'abord réussit, avec sa bande du lycée, de rentrer dans une soirée. Un certain Thibault, je crois, les avait laissé rentrer. Et là, il allait avoir sa première fois, non sa deuxième fois, il l'avait déjà fait avec la grosse moche du fond de la classe, pensa t'il, cela ne comptait pas. Avec une top modèle de, sûrement, dix ans de plus que lui (neuf en réalité), qui avait de l'expérience et un corps de rêve. Il rêvait de chevaucher la belle déesse, empoigner ses cheveux roux et l'entendre crier qu'il était doué. Il voulait se sentir viril, homme, bon, vrai.
Céleste laissa sa langue dériver sur le corps de son partenaire, sans vraiment réfléchir, l'esprit perdue dans la brume de l'alcool et de la peine.
L'homme gémit quelque peu. Quand la besogne commença, Céleste s'abandonna complètement au main de l'inconnu, perdu de ses pensées et sa tristesse.
Il s'attendait à se qu'elle hurle, qu'elle jouisse entre ses bras, lui montrant à qu'elle point il était fort et puissant. Quel homme était il ! Mais elle fit rien, ne dit rien. Elle semblait absente, se laissant faire comme une petite fille docile.
Il finissa ses affaires, vexé qu'elle ne montre pas son bonheur d'être avec lui.
- Tu as aimée ?
Céleste se recroquevilla sur elle même en entendant les mots de Mickaël. Elle tremblait légèrement. Des soubresauts, toujours muet, parcouraient son corps si séduisant.
Une larme roula alors sur sa joue, sa tristesse et ses remords essayèrent de s'échapper de son enveloppe corporelle.
Une fureur envahit l'adolescent avide de reconnaissance, autant que Céleste du moins. La voir dans cette état lui renvoyé une apparence de lui faible et incompétent. Un sourire maussade et vicieux se dessina sur son visage. Son rictus mauvais s'ouvra pour dire, plus puissant qu'un couteau :
- C'est bien, coucher avec une femme triste, c'est encore mieux, ça la rend plus mangeable.
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Cupid'ate !
RomanceCupid'ate est une application de rencontre. Céleste en est sa créatrice. Et sa création lui a rendu le fruit de ses efforts : une superbe rencontre. De rencontre en rencontre, d'amis d'amis à amis d'amis, les relations se crées et s'entremêlent...
