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Révélation

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« Louis... »

Léon leva les yeux et planta son regard dans celui de Louis.
Ses joues rougirent, timides.

« Tu ne m'aimes plus ? Nos baisers ne signifiaient rien ? J'ai lu que le baiser était l'un des signes principaux de l'amour... Et nous nous sommes embrassés au moins trois fois en une heure... »

Les yeux de Léon brillaient d'un mélange d'amour et d'espoir.

« Pendant ton absence, je n'étais plus vivant... Je ne voulais plus vivre... »

Il baissa la tête en esquis­sant un faible sourire. Il était sincèrement amoureux de Louis.

——

Louis comprit enfin : voilà d'où venait la gêne entre eux. Il le regarda, surpris, sans savoir comment répondre. Il restait sceptique, incrédule devant ce qu'il entendait.

« Non... ce... ce n'est pas ça ! » ; balbutia-t-il.

Il détourna le regard, embarrassé.

« Je ne t'ai jamais dit ça... Je sais que tu dois être confus à cause de moi... »

——

Léon perdit le mince sourire qui avait éclairé son visage. Il savait, au fond, que son destin semblait scellé : il était là pour la science, jusqu'au bout.

« C'est quoi alors ? » murmura-t-il, honteux d'avoir tout avoué d'un coup, craignant d'être encore plus blessé...

——

Louis lâcha doucement le bras de Léon.

« Quand je suis revenu, tu n'avais pas l'air si heureux. Et puis... un cobaye et un scientifique, c'est dangereux. Tu t'en doutes, non ? Je ne sais pas ce qui m'a pris. »

——

Léon remit ses bras autour de ses jambes repliées contre son torse.

« Je n'étais pas heureux parce que j'ai peur tout le temps. Pendant que tu n'étais pas là, on m'a fait des choses horribles, qui n'avaient rien à voir avec la science... juste pour me blesser. »

Il baissa la tête pour éviter le regard du plus âgé, mal à l'aise.

« Il a commencé par m'attacher sur un lit... et il m'a électrocuté pendant au moins une heure. C'est pour ça que ma peau est si sensible... »

Les larmes montèrent à ses yeux ; il baissa encore la tête.

« Puis il m'a arraché de la peau... C'est pour ça que j'ai plein de bandages... »

Léon releva la tête et plongea son regard, plein de peur et de tristesse, dans celui de Louis.

« J'en peux plus... Je préférerais mourir dans un test qui tourne mal que de continuer à vivre comme ça... »

——

Ces paroles laissèrent Louis sans voix. Était-ce vraiment Léon, celui qu'il avait emmené hors de l'orphelinat il y a quelques semaines, ce garçon qui souriait quand il l'avait cherché ?

Louis se sentit coupable. Il serra les poings, la mâchoire crispée.

« Pardonne-moi... souffla-t-il, la voix tremblante, la tête baissée. »

Il se sentait impuissant : Léon n'appartenait à personne, et les autres pouvaient lui faire subir ce qu'ils voulaient. Cette idée le mettait hors de lui.
——

Léon éclata en sanglots, des pleurs bruyants. Il voulait en finir ; il pensait que ce serait plus simple.

« S'il te plaît... envoie-moi dans le test avec cet anesthésiant plus puissant dont tu m'avais parlé... »
——

Louis se redressa sans le regarder. Comment Léon pouvait-il lui demander cela ?

« Hors de question ! » s'écria-t-il, et il se dirigea vers la porte. En la refermant violemment derrière lui, il claqua, emporté par la tristesse et la colère.

Quelqu'un avait brisé Léon.

Léon le regarda partir, furieux au fond du cœur. Il eut peur que Louis ne revienne pas. Puis il fit couler l'eau froide pour nettoyer le sang sur sa peau, s'habilla, se glissa sous la couverture et murmura :

« Louis... »

Il ferma les yeux, désespéré. Il se sentait incapable de mourir.

De retour dans son laboratoire personnel, Louis balança tout ce qui trainait sur son bureau par terre et hurla, comme pour exorciser sa frustration. Ses collègues sursautèrent ; la science ne lui offrait aucune explication et ça le rendait fou.

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