- Bonjour, ma lady, dit-il doucement, je suis content de te revoir.
Pour une fois, son ton n'était pas moqueur, et il ne tourna pas sa queue dans sa main ni ne s'appuya pas sur son bâton dans une position tragique, non. Il resta debout, devant elle, et sembla la dévorer des yeux.
Il s'approcha et vint s'accouder à la balustrade sur laquelle elle était assise.
Stupéfaite, Ladybug ouvra la bouche, puis la referma. Elle voulut lui dire que lui aussi, il lui avait manqué, elle voulut le prendre dans ses bras, lui dire qu'elle connaissait son secret, lui confier son secret, même, elle voulut lui demander pourquoi il était là, si ses blessures lui faisaient souffrir, elle voulut le gronder comme un enfant pour son imprudence de venir ici en n'étant pas rétabli, elle voulut pleurer comme une enfant dans ses bras, elle voulut pouvoir l'aimer, tout simplement, sans toutes ces complications que lui avaient offerte la vie ; elle voulut parler, mais elle ne le fit pas. Elle se contenta de regarder ses yeux en répétant :- Chat Noir ?
Il ne répondit pas, mais il lui sourit, d'un sourire sincère et profond qui parle mieux que tous les mots du monde.
- Qu'est ce que tu fais là ?
- J'avais envie de te voir.
- Mais je ne te croyais pas rétabli...
Son regard se fit soudain fuyant.
- Répond-moi, Chat, tu est remis ? Insista-elle.
- Si je suis là, c'est que je vais mieux, lâcha-il simplement.
- Tu ne te mets pas en danger ?
- Je...non, Ladybug. Tu es contente, maintenant ?
- Si je suis contente ? Chat Noir, regardes-moi, est-ce que j'ai l'air ravie ? Non, et tu le sais, j'ai l'air de quelqu'un qui se fait un sang d'encre pour toi ! Est-ce que tu te rends compte de la frayeur que tu m'as faite ?! Ton état était critique, et moi, je ne pouvais même pas te voir parce que je ne connaissait pas ton identité ! Et maintenant que tu vas mieux, monsieur fait ce qui lui plaît sans savoir si ça va lui coûter cher plus tard ! Tu as frôlé la mort, bordel !
Les yeux de Ladybug s'étaient emplis de larmes pendant sa tirade, et, lorsqu'elle eut fini, Chat Noir la prit dans ses bras. Surprise tout d'abord, la jeune fille l'enlaça à son tour, en serrant fort pour ne pas le perdre.
Évidemment, elle ne voyait donc pas sa grimace de douleur.
Au bout de quelques minutes, Chat Noir murmura :- Je suis désolé, ma lady, si ça avais été toi, je...
Sa voix se cassa.
- Mais peu importe, reprit-il, je suis là, maintenant. En poils et en os ! Miaou !
- Idiot de Chat, fit Ladybug en riant.
- N'empêche, tu auras beau nier, c'est tout de même une preuve irréfutable que tu tiens à moi, buguinette ! Sans compter que d'habitude, tu esquive mes câlins !
- Circonstances apaisantes, marmonna Ladybug en se détachant de lui rapidement. Et ne m'appelles pas buguinette, pour la centième fois !
Il rit, puis s'interrompit aussitôt en se tenant les côtes.
Elle s'accouda à la balustrade en soupirant. Quel crétin !
Il vint la rejoindre et elle remarqua que ses mouvements étaient moins souples que d'habitude, et que sa démarche auparavant féline était légèrement raide.- Chat Noir, sérieusement, rentre chez toi, et soigne toi mieux que ça ! Je ne veux pas prendre le risque de te perdre !
Il la regarda, stupéfait.
- Mais dis-donc, Ladybug, voilà que tu me témoigne ton affection, maintenant ! À croire que mon "accident" t'ai mis une claque et t'as enfin fait remarquer toutes mes qualités !
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Derrière Le Masque
RandomChat Noir est grièvement blessé suite à une bataille avec Lila qui s'est vengée d'eux. Marinette reprend connaissance dans une chambre où seulement un paravent la sépare de l'identité de chat noir...