𝓨𝓾𝓷𝓪
J'étais désespérée, Arwel et Ignace s'étaient lancés dans un concours alcoolisé plus que puéril et je savais d'ores et déjà que cela allait mal finir.
Il était 23h46 et tout le monde avait déjà bien un gramme dans le sang.
Les couples dansaient sur la piste aménagée au milieu du bar et la plupart des personnes venues seule avaient trouvé chaussure à leur pied.
Les brebis avaient sûrement fait leur travail.
J'étais l'une des seules qui n'embrassaient personne ou ne dansaient avec un de mes semblables.
Tout du moins il y avait également Aysel, mais elle cela se comprenait, son homme faisait un concours des plus débiles avec mon ami et cela expliquait le fait qu'ils ne soient pas déjà collés-serrés sur la piste de danse.
- Et sinon toujours personne en vue? Me demanda-t-elle finalement.
Je fis une légère moue.
- Et bien, peut-être.
Elle écarquilla les yeux face à ma réponse qu'elle devait sûrement prévoir négative.
Elle trépignait presque.
- Qui? Qui a enfin réussit à conquérir ton cœur? Il est beau? Il te traite bien au moins? Je veux être la marraine de vos futurs enfants!
Elle ne s'arrêtait plus et semblait défier toutes les lois scientifiques qui disaient qu'un être humain avait la nécessité de respirer pour vivre.
- Non! Attend! Me dis pas que c'est à la personne à qui je pense! S'écria-t-elle soudainement.
Je levais un sourcil perplexe.
- Tout dépend à qui tu penses.
- C'est le type du salon! Celui avec qui tu pars en France. Le beau brun ténébreux. Je suis sûre que c'est lui!
Richard?
- Argh! Comment il s'appelle déjà? Je ne me souviens plus. Continua-t-elle.
- Richard?
- Oui c'est ça! Aller avoue moi que c'est lui dont tu es tombé sous le charme!
Elle avait un petit sourire en coin qui trahissait son impatience.
J'éclatais de rire. Une larme glissa même de l'un de mes yeux plissés.
Elle me regarda perdue.
- Pas du tout! Richard n'est qu'un ami.
- Mais alors tu parlais de qui?
J'avais enfin réussi à contenir mon rire. Et j'affichais désormais un regard beaucoup plus soucieux.
- Hémon. Finis-je par lâcher après quelques minute de silence.
Elle ouvrit de grands yeux de surprise.
- Non?! Sérieux? Ah, c'est trop bien! Vous allez super bien ensemble!
Elle reprit un air sérieux.
- Mais n'empêche, je veux quand même être la marraine de vos enfants.
Nous recommençions à rire et elle commença à échafauder des plans tout aussi farfelus les uns que les autres pour que je me déclare.
J'adorais Aysel, elle était l'une des régulières les plus respectées du chapter et était un peu la boule d'énergie du club. Et je l'adorais. Lui dire pour Hémon m'avait quelque peu soulagé d'un poids.
Et plus je réfléchissais à la situation, moins je me comprenais. Hémon était tout ce que je n'approchais pas en temps normal. Déjà car il était biker, ensuite il était assez froid et mystérieux. Et pour finir, on ne s'était quasiment jamais parlé. Alors oui nous avions eu un rendez-vous, oui il était le meilleur ami de mon frère. Mais je ne savais pas comment et quand j'avais bien pu tomber sous son charme. C'était à n'y rien comprendre.
Et en plus de cela, il ne semblait pas du tout s'intéresser à moi. La preuve en elle-même se trouvait devant moi. Il était avec une des brebis.
Et étant sur ses genoux je ne pense pas qu'elle était seulement assise au regard des mouvements de "coulissement" qu'elle pouvait faire.
Cela me débectait de le voir aussi impunément baiser devant nous. Il ne me devait rien, certes, mais cela me fit tout de même un pincement au cœur.
Putain! Je n'arrêtais pas d'en chier avec les hommes.
Il valait mieux pour moi que j'oublie rapidement le petit béguin que j'avais pour lui ou j'en paierai les conséquences plus tard.
De toutes façons, d'ici un mois je serais en France avec Richard.
𝓕𝓲𝓷𝓷𝓮𝓪𝓼
Il était à présent une heure du matin et la fête battait son plein. C'était une vraie beuverie.
Je parlais à une des brebis, enfin parler, je l'écoutais serait plus juste.
Soudain, un cri se fit entendre. Puis des coups de feu retentirent.
La jeune femme en face de moi se plaqua contre le sol tant dis que les fenêtres explosaient.
C'était un carnage, les balles fusaient et je tentais désespérément de rejoindre l'arrière du bar, là où se trouvait des armes.
Je me saisis d'un Beretta 92 et me mis à tirer vers les intrus.
Mes oreilles sifflaient, et je crus reconnaître à travers mes yeux légèrement embués, les écussons des cuirs du club adverse.
Les Outlaws MC étaient en face. Cela ne me rassurait pas et je continuais à vider mon chargeur.
Je savais que faire parti des 1% ne me mènerait pas à une vie tranquille mais j'avais l'illusion que je pourrais passer la fête de Noël tranquillement sans avoir à me battre ni à tuer.
Les coups de feu s'arrêtèrent soudainement. Il y avait du sang, beaucoup de sang. Mon regard balaya la pièce et je tombais sur Hémon.
Il était aux côtés de Dany et d'Ignace. Son VP, Junan, était juste à ma gauche.
Il regardait un corps au sol.
Je ne distinguais pas vraiment la forme allongée.
Je reconnus seulement sa chevelure d'ébène, ses taches d'encres sur sa peau blanche, son pantalon blanc que je l'avais aidé à choisir, son haut rouge qui était censé attirer tous les regards.
Il y a cinq heures, nous étions en train de rigoler pour choisir sa tenue. Elle m'avait dit pour son coup de cœur. Elle m'avait dit qu'elle espérait attirer un minimum son attention. Elle m'avait dit qu'elle avait hâte. Elle m'avait dit que c'était son tout premier Noël. Elle m'avait dit tellement de choses.
Mon regard resta bloqué sur son corps. On aurait dit un pantin désarticulé.
Yuna était par terre. Ma vision se fit moins trouble.
A présent je distinguais le bracelet à son fin poignet gauche, ses boucles d'oreille qu'elle ne mettait jamais, ses rangers que je n'avais pas voulu qu'elle mette mais qu'elle avait mit quand même. Et surtout je distinguais ce trou, au milieu de son ventre.
Et je distinguais aussi ses yeux fermés.
Elle m'avait dit Joyeux Noël.
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𝓗𝓮𝓵𝓵'𝓼 𝓡𝓸𝓪𝓭
DiversosElle n'aimait pas parler d'elle. Mais ses tatouages parlaient pour elle. Ce talent, aussi prononcé soit-il, finira un jour par la perdre. Il lui était vital. Pire qu'une passion, une partie d'elle. Il était craint, admiré, adulé. Mais tout ce qu'i...
