L'agitation du campement était plus grande que jamais. Aucune bataille si près de la frontière ne s'était déroulée depuis des années. De plus, l'emplacement changeait à chaque nouvelle campagne annuelle et n'aurait donc pas dû être connue des Olavéens. Une seule conclusion venait à l'esprit des dizainiers : le chien les avait attirés jusqu'ici. Charbonnier fût donc mis aux fers et on attendit la décision du commandant pour l'abattre. Cependant, une rumeur courrait sur l'état de ce dernier. Tous l'avaient vu le visage à demi bandé et la souffrance dans le regard, venu rassurer les troupes après la bataille. Pourtant il n'avait fait aucune apparition depuis. Seuls quelques officiers et médecins connaissaient la vérité. Vazek Kobyla était mourant. Empoisonné, sans aucun doute, mais par quoi ? On lui avait administré plusieurs remèdes sans autre succès que de prolonger son agonie.
- Venez-avec moi. Indiqua un médecin à Sorane.
- Comment est-il ? Va-t-il survivre ?
- Je n'ai gère de bons augures à vous apporter. Il semble que la flèche qui l'a touché était enduite de plusieurs poisons très concentrés. Celui qui a fait cela devait malheureusement savoir ce qu'il faisait...
- Et alors ? Nous avons des remèdes contre les poisons non ?
- Hélas nous ne connaissons que mal cette région. Impossible de savoir quels produits a utilisé le coupable et nous ne pouvons pas non plus lui prodiguer tous les remèdes en notre procession sous peine de l'occire de nos mains.
- Puis-je le voir ?
- Vous le pouvez, mais évitez de le trop le fatiguer.
Ils entrèrent dans la tente bien gardée et trouvèrent l'homme couvert de draps avec un apothicaire qui l'examinait.
- Laissez-nous. Intima le chef de la garde.
Le grand seigneur en était réduit à l'état de cadavre en sursis. Sorane avait vu bien des hommes passer de l'autre côté, il savait que son maître ne passerait pas la nuit. Il était fiévreux et ses yeux semblaient regarder vers quelque chose que personne d'autre ne voyait. Une odeur de charogne et d'urine embaumait la tente. Sa joue était manifestement infectée à travers les bandages. Il émit de vagues sons au travers de ses pansements et Sorane s'approcha. L'infirme souleva vaguement sa main en tentant d'atteindre son visage prisonnier du tissu immaculé. L'Archer Noir prit une lame disposée à côté de lui et entreprit de libérer la bouche de son maître. Il sembla respirer un peu mieux après cela.
- ...oane...
- Oui mon maître ? S'approcha-t-il.
- ...'en es...il des chiens ?
- Deux sont revenus mon seigneur. L'un semble avoir attiré l'ennemi jusqu'à nous et les hommes le tiennent pour responsable de l'assaut. L'autre est arrivé un peu après et a aidé à traquer les fuyardes dans les bois.
- ...aène-les... emmènes-les au Nord.
- Mais monseigneur, le premier doit-être exécuté pour calmer la rancœur des troupes. Surtout quand ils apprendront ce qui vous est arrivé !
- ...e... te fais... conhiance... Sorane. Articula-t-il douloureusement.
- Bien monseigneur. Je veillerais à ce que les instructions du Tsar soient respectées.
Le visage du seigneur s'apaisa. Sorane le savait, c'était l'homme le plus fidèle au Tsar Ivan. Ils avaient combattu ensembles autrefois et Kobyla avait été pour son empereur ce qu'était devenu Sorane pour lui. Un protecteur, un compagnon d'armes, un ami. L'Archer Noir se jura qu'une fois sa mission terminée, il traquerait tous les Olavéens de ces montagnes pour être certain d'avoir occis le meurtrier de son maître.
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Copper Coin
خيال (فانتازيا)"Regarde moi, et dis-moi quel espoir en toi n'est pas mort ?" Seul l'hiver m'est tendre et seule la mort réchauffe ma couche. Je combattrais le Peuple Gris au Nord, les éleveurs de bêtes du Sud et tout être que les dieux mettront sur ma route. Pour...
