La liberté faisait vibrer Zara.
Suite à la soirée des révélations, une nuit de plomb et le lendemain paisible, elle se retrouvait à dos de cheval sur la plage. Elle montait un bel alezan du nom de Giuo, la propriétaire avait vanté sa race et toutes ses caractéristiques mais Zara ne l'avait pas écouté. Giuo était attentif et très vif. La rouquine avait fait de l'équitation lorsqu'elle était petite et allait passer son galop quatre lorsque sa mère l'avait désinscrite du club. Elle lui avait trouvé un nouveau sport...
— Ralenti Zara ! Hurlait quelqu'un dans son dos.
Elle galopait avec bonheur, son destrier était aussi heureux. Ses oreilles pointaient le ciel et ses naseaux humaient l'air marin au rythme de ses foulées gracieuses. Zara se redressa et se rassit dans sa selle afin de le ramener au petit galop. Elle repassa au trot après avoir tiré son dos en arrière et avoir fait une pression sur les rênes. Une chose était certaine dans son esprit, à la sortie du centre, elle retournerait dans un club équestre !
— Tu montes bien ! La félicita la propriétaire, une grande femme sèche au visage fatigué.
— Merci beaucoup, Giuo est facile.Zara revint au pas sur l'ordre de la femme. Cette dernière lui adressa un grand sourire.
— Il était coureur avant.
— Trot ou galop ? Demanda directement la jeune femme.
— Galop. Il adorait ça et le prouvait, malheureusement il s'est cassé un os de la carpe. C'était fini, plus de course.
— Sauf sur la plage.
— Effectivement !Les deux femmes échangèrent durant la balade entière, l'une apprenant de l'autre, l'autre heureuse de faire connaître son savoir.
Quand le petit groupe constitué de Esther, Thalie et Zara revint au point de départ, Zara se sentit triste. Elle passa du temps à bouchonner sa monture. Elle se promit, en sortant du box, qu'elle remonterait vite à cheval. Cette sensation de liberté dans ses cheveux et lissant son visage la boostait.
— T'as pas l'air en forme, lui dit Hiro quand elle revint devant les bungalows.
— Cette balade était géniale, j'ai adoré remonter à cheval. Ça me manque déjà.L'homme l'attira contre elle, sous le regard aigu d'Angèle.
— À ta sortie, tu iras voir des chevaux.
Elle approuva d'un grognement, ce qui fit rire le garde. Angèle le mit en garde d'une oeillade sévère et il perdit son sourire.
— Ça va ? S'alarma la rouquine.
— Oui, t'inquiète.Il aurait voulu l'embrasser devant la psychologue, devant le monde entier même. Crier à qui voulait l'entendre que cette femme brisée le rendait fou, fou d'amour ! Il aurait voulu mettre en garde les prochains arrivants qui lui ferait du mal qu'ils auront affaire à lui directement.
Mais il ne pouvait pas.
Car c'était lui qui ferait du mal à Zara, c'était lui qui allait la refaire chuter, la renvoyer dans son enfer tout chaud. Et il ne pouvait pas se permettre ça.
— Hiro ? Tu m'écoute ?
Zara claqua des doigts sous le nez du garde, le sortant de ses pensées d'une manière dure. Il cligna des yeux, s'excusa et lui demanda de répéter. Ce qu'elle dit, les yeux cherchant à le sonder.
— Je te disais que je sortirais un jour mais que jamais ma grand-mère n'aurait l'argent de payer l'équitation. Ça coûte super cher comme activité !
-Oh, je l'aiderais.Il s'attira les foudres silencieuses d'Angèle et il se gratta la nuque, mal à l'aise. Zara comprit alors.
— Au fait, j'ai trouver un truc derrière le bungalow. Viens je vais te montrer, c'est trop beau !
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Un ange en enfer
General FictionTrois semaines pour guérir Zara Boqdam ? C'est la mission et la promesse de Juliette Joke, directrice d'un hôpital psychiatrique pour moins de vingt ans. Dans une société malade où des enfants en deviennent fous, une société qui pourrait être la nô...