Zara se réveilla le lendemain avec une sensation d'engourdissement sur la langue et dans les jambes. L'air était lourd. Ses yeux tombèrent sur l'horloge qui lui faisait face. Le tintement des aiguilles résonnaient dans ses oreilles et la jeune femme fut sonné par l'heure qu'elles indiquaient. 14 heures.
Zara se leva mais tomba à genoux. Le sol tanguait et sa tête lui faisait affreusement mal. Elle porta sa main droite à son front et sentit sa chaleur anormale. Zara mit dix minutes à atteindre la cabine de douche. Enfin sous l'eau, elle se rappela les drogues de Simon.
— Ma mère n'est pas morte, elle a envoyé Simon ici.
Zara se sécha et passa un t-shirt et un jean. Quand elle se dirigea vers la petite pour sortir, quelq'un la devança. Devant elle, Sally.
— Tu es réveillée ?
— J'ai l'impression d'être droguée, un homme est venu ici ?
— Hier, je t'ai administré de la morphine. Tu faisais...Elle ne finit pas sa phrase, Zara porta ses mains au cou fin de la femme. Sa mère se cachait dans ce corps, elle en était certaine ! Zara serra les dents et ne fit pas attention aux ongles que Sally enfonçait dans sa peau fine. Le visage de la surveillante devint rouge pivoine, tirant sur le violet. Sally s'écroula.
— Tu ne m'auras pas maman ! Cracha-t-elle.
— Zara ? Mais...Faustine se tenait dans le couloir, le regard à la fois vide et effrayé. Zara lui cracha au visage en la renvoyant dans sa chambre. Sous le choc, Faustine obéit. Au-dessus de leur tête, un orage éclata. Zara griffa le visage de la surveillante en hurlant le nom de sa mère.
— Sale garce !
La rouquine courut dans la salle de bain et chercha un Doliprane ou quelque chose dans la pharmacie au dessus du lavabo. Sa tête lui faisait affreusement mal ! Quand elle rabattit les portes, elle rencontra son reflet.
— Tu me dégoûte, se dit-elle avec rage.
Sans réfléchir Zara lança son poing dans la vitre. Celle-ci se fissura et déformait encore plus le visage de Zara. Elle frappa alors, encore et encore, jusqu'à que la douleur l'arrête. Elle se frotta le visage et sortit de la salle de bain. Elle glissa le corps de Sally sous son lit et sortit de la chambre.
— Zara, que fais-tu ici ?
La voix sans ton de la directrice l'arrêta. Devant elle se tenait Juliette Joke, habillée d'un ensemble noir.
— Je me balade Madame J, lâcha-t-elle.
— Seule ?
— Sally est partie.Juliette s'approcha et Zara vit ses pupilles se dilater quand elles rencontrèrent son visage sali par endroit de son propre sang.
— Zara, qu'as-tu fait ?
La voix de la femme monta instinctivement dans les aiguës, ce qui accéléra le cœur de Zara.
— Je ne voulais pas Madame J. Je ne voulais pas, se défendit-elle.
Des larmes sombres sortirent des orbites claires de Zara. Le cœur de la directrice s'emballa tandis qu'elle comprenait. Zara vit qu'elle avait peur, pourtant Juliette s'approcha d'elle.
— Viens avec moi, on va t'enlever ça, déclara seulement la directrice.
— Je ne voulais pas, je vous jure.
— Je sais ma puce, viens avec moi.La directrice attrapa le bras frêle de l'adolescente et emmena Zara jusqu'à la chambre numéro quatorze. Elle laissa la porte ouverte et bipa discrètement les deux gardes du lycée. Ensuite, elle fit asseoir Zara sur le rebord de la baignoire et lui passa un linge mouillé sur le visage, doucement. Elle avait alors compris l'origine de ce sang. De vraies larmes se mêlèrent vite à l'humidité de la peau de Zara.

VOUS LISEZ
Un ange en enfer
General FictionTrois semaines pour guérir Zara Boqdam ? C'est la mission et la promesse de Juliette Joke, directrice d'un hôpital psychiatrique pour moins de vingt ans. Dans une société malade où des enfants en deviennent fous, une société qui pourrait être la nô...