Chapitre 36

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Point de vue Adam

Ce matin, levé de bonne heure par un câlin, je file sous la douche, sors pour enfiler mon jean et mon teeshirt et m'assois pour mettre mes chaussettes lorsque la porte entrebâillée semble se mouvoir.

La patte noire poilue d'un félin apparait, poussant la porte afin de laisser apparaître sa tête. Soa entre dans la salle de bain, fait un tour rapide en reniflant les alentours : sur le tapis de bain encore humide, dans la douche et enfin derrière le banc, qu'elle contourne. Lorsque son inspection des lieux est terminée, elle vient se frotter à moi, réclamant caresses et attentions.

— Soa.., tu viens contrôler les lieux ?

Elle plisse les yeux en frottant sa tête contre ma jambe, répartissant de petits poils noirs sur mon jean bleu ciel, puis elle continue son inspection, secouant la tête et quittant les lieux. J'enfile mes chaussettes puis je me lève en contemplant mon reflet dans le miroir. Je discipline un peu mes cheveux, me parfume d'une note boisée et, après avoir terminé ma toilette, je sors prendre un café dans la cuisine.

Attrapant une tasse dans le placard, je sors une dosette de café que je mets dans la cafetière et fais couler mon breuvage. L'arôme répandu dans la pièce, je saisis ma tasse de café et prends place sur un tabouret près du comptoir. Mon regard se pose ensuite sur le salon. On peut dire qu'on a mis une joyeuse pagaille hier soir, tous les deux.

Je me dirige vers le canapé pour ramasser nos fringues et les mettre dans le panier à linge sale, puis je trouve une chaussure à moi qui traîne devant la table basse sans, toutefois, trouver l'autre.

Oh non.

Je fouille partout, mais sans succès. Cela fait un moment que Steph me dit d'aller récupérer mes affaires mais j'y vais au compte goutte. La vérité est que je suis trop tête en l'air et que ça m'agace parfois.
Fouillant l'appartement de fond en comble, croisant minette et son regard accusateur, je cherche mon autre chaussure.
Ses prunelles de chat d'un vert brillant, me surveille, puis semble me narguer.  

— Tu voudrais pas m'aider au lieu de te moquer de moi ? Non ?

Elle secoue la tête, se lèche la patte gracieusement, puis plante dans le mien son regard de félin dénué de toute émotion.

J'adore les chats. Dans le genre, je m'en fous de toi.

Je décide d'avaler quelques gorgées de mon café avant qu'il ne soit froid puis fouille une deuxième fois l'appartement puis la panière à linge sale. Et là, au milieu du linge, enroulé dans mon jean sale, se trouve ma chaussure. Je n'ai jamais été ordonné et ma mère s'en plaignait tout le temps.

Mon désordre me perdra.

Avalant les dernières gouttes de café, je range mon téléphone dans la poche arrière de mon jean et enfile une veste dans laquelle je glisse mon portefeuille. J'enfile mon pied dans une chaussure puis enfile la deuxième avant de sortir de l'appartement pour me perdre dans la foule de Manhattan.

A cette heure de pointe, les gens pressés déambulent de tous côtés et les bouchons n'en finissent pas. Bien décidé à mettre fin rapidement à mon supplice, je repère deux boutiques de chaussures et m'engouffre dans la première sans attendre.

Je repère un modèle assez sobre, de couleur marron foncé que je montre à la vendeuse en réclamant du 43. La jeune femme très souriante se saisit du modèle et disparaît derrière les rideaux de l'arrière boutique.

Prenant place sur un siège, je retire ma chaussure d'un coup de talon en attendant patiemment que la vendeuse revienne. L'attente est longue et les minutes s'étirent lorsqu'on déteste faire les magasins. Quelques personnes vont et viennent, regardant les modèles, hésitants sur leur choix.
Lassé d'attendre encore une minute de plus, mon regard se pose sur mon pied et je perçois un petit trou dans ma chaussette.

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