La chambre de Pauline se trouve dans une grande maison en colocation, au sein d'un quartier plutôt résidentiel. L'entrée, ainsi que le salon dans lequel nous passons, sont ornés de décorations d'un autre temps. Les couleurs sont ternes et moroses, le bois présent un peu partout est massif, brut et foncé. Je suis ma compagne du soir dans les escaliers, puis nous arrivons à l'étage, étonnamment plus moderne que le reste de la maison.
Alors que Pauline referme la porte derrière moi, je prends connaissance du lieu dans lequel je me trouve. J'ai toujours eu ce besoin de m'imprégner d'un endroit pour pouvoir me concentrer sur la suite des évènements, quels qu'ils soient. Face à moi se trouve un lit deux places, sous un velux qui doit permettre de voir les étoiles lorsque le ciel est découvert. Sur ma gauche, une petite table trône à côté d'une mini kitchenette. Un mur cache un recoin, dont je prendrai connaissance plus tard, où se trouvent des toilettes et une cabine de douche. L'ambiance générale est chaleureuse, effet accentué par les différentes petites lumières jaunes posées un peu partout.
- Tu veux boire quelque chose ? Une bière ?
- Je veux bien, s'il te plaît.
Ma belle décapsule la bouteille et me la tend, puis elle s'assied sur la petite table et me regarde, les jambes pendant dans le vide. Je prends mon courage à deux mains et me rapproche d'elle, pour me positionner entre ses jambes qu'elle ouvre un peu plus pour m'accueillir. Mon visage à quelques centimètres du sien, je me sens bien et en totale confiance.
- J'aime l'atmosphère de ton petit chez toi. C'est cosy et cocooning, tout ce que j'aime.
- Ça tombe bien ... Tu y es invitée quand tu veux, et avec plaisir.
Je plonge mes yeux dans ses pupilles, essaie de sonder son esprit au passage, et la voit se mordre la lèvre tout en soutenant mon regard. J'ai l'impression qu'un éclair me traverse le corps de part et d'autre, une chaleur nouvelle m'envahit et je me laisse aller à la spontanéité. J'approche mon visage encore un peu plus près, demande l'accord tacite dans ses yeux, puis plonge sur ses lèvres que je veux pouvoir goûter de nouveau depuis notre trop court baiser de la dernière fois. Je sens ma main poser ma bière quelque part sur la table pour se poser ensuite dans le bas du dos de ma belle brune. Mon autre main, elle, agrippe sa nuque pour la rapprocher le plus possible de moi. Ses lèvres sur les miennes me brûlent, tellement que je ressens le besoin d'entrouvrir la bouche. Je la sens sourire contre moi, et se décoller quelques instants.
- Impatiente ?
Je ne réponds pas, j'en suis incapable. A la place, mes yeux dévorent sa bouche et, n'y tenant plus, ce sont mes dents cette fois qui veulent explorer ces lèvres pulpeuses et délicieuses. J'étais loin d'imaginer ce que seul un baiser pouvait procurer comme sensations. Alors que je goûte chaque millimètre carré de ses lèvres, je sens sur les miennes un contact humide qui me fait soupirer de plaisir. Sa langue demande accès à ma bouche, qui ne se fait pas prier longtemps pour s'ouvrir et l'accueillir. Un ultime plaisir me prend par surprise lorsque je sens la moiteur de sa langue sur la mienne, virevolter autour d'elle comme dans un ballet magnifique. C'est beau, c'est magique, et même presque poétique. Un gémissement sourd sort maintenant de ma gorge, un bruit nouveau et inconnu qui m'étonne moi-même. Alors que nous nous embrassons langoureusement, le bruit de succion de nos bouches emplissant l'espace, je sens ses jambes musclées entourer ma taille et me rapprocher de son corps. Je sens son bassin près du mien, la chaleur m'envahit et mes mains tremblantes ne savent plus où s'accrocher.
Soudain, elle met fin au baiser, beaucoup trop vite à mon goût, et pose son front contre le mien. Mes yeux sont fermés, nous essayons de reprendre nos souffles respectifs et restons ainsi dans un silence apaisant.
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Mon triangle d'or
RomanceQu'est-ce que le triangle d'or ? En mathématiques, c'est une valeur de proportion. En Arts, il est l'expression de l'esthétisme pur. Mais plus largement, certains le considère comme la divine proportion, l'équilibre ultime. Une vieille femme décide...
