- Tu ne veux pas répéter tout ça ? Donc, tu as voulu coucher avec Pauline, qui t'a rembarrée avec tact. Tu es attirée par ta collègue, dont est amoureux ton pote. Et du coup – parce que c'est vrai que c'est la chose la plus logique à faire – tu sors maintenant avec Sabrina ?
- Dis comme ça, forcément...
- Excuse-moi Anita, mais tu es vraiment tordue !
- Julie ! rétorque Clothilde alors que je ne répondais pas. Tu ne veux vraiment pas apprendre à prendre des gants quand tu parles aux gens ?!
- Alors déjà, Anita ce n'est pas « les gens », et puis je fais ce que je veux.
- Très mature, merci pour ton argumentation.
- De rien, je travaille dur tous les jours pour en arriver là.
- Bon les filles, j'aimerais que vous arrêtiez de vous chamailler pour une fois.
- Mais c'est elle ! Elle...
- Tais-toi Julie, pour l'amour du ciel, tais-toi, la coupe je en soupirant bruyamment. Bon, de toute façon il faut que je retourne travaille, j'ai une tonne de travail à faire avant ce soir.
Je prends congé de mes deux amies en les serrant chaleureusement dans mes bras. L'air glacial me fouette le visage alors que mes pas se dirigent d'eux-mêmes vers mon bureau. Mon esprit, lui, virevolte au gré de ses envies, comme toujours. Pauline, Adèle, Sabrina, Adèle, Sabrina, ... Julie a raison, je suis vraiment tordue.
Alors que j'ouvre la porte du hall du bâtiment et que l'air chaud de l'intérieur m'envoie une onde réconfortante sur ma peau frigorifiée, je me retrouve nez à nez avec des yeux rieurs, tendres, étrangement clairs à cet instant.
- Adèle ? Tu t'en vas déjà ?
- J'ai un rendez-vous... Un truc médical, rien de bien important.
- Tu es malade ?
- Non... Non ! Vraiment, ne t'en fais pas, c'est juste un rendez-vous de contrôle.
- Tu en es sûre ? Tu as l'air soucieuse...
- Anita, s'il te plaît...
Je sens la gêne s'insinuer dans ses yeux maintenant baissés au sol, alors que je me foudroie intérieurement par tant de curiosité mal placée.
- C'est un rendez-vous... gynéco si tu veux tout savoir.
D'intenses rougeurs sur ses joues trahissent son embarras alors que je ne peux m'empêcher de la trouver adorable. Malgré moi, un sourire s'étire sur mes lèvres.
- Tu n'as pas à être gênée tu sais, on passe toutes par-là, ce n'est pas une honte...
- Je le sais bien mais... Je ne sais pas, je ne suis pas à l'aise avec tout ça.
- Tout ça, quoi ? La santé ?
- Non... Le sexe, tout ce qui y est lié en tout cas.
Sans que je ne réalise vraiment pourquoi, je sens une chaleur sourde envahir mon bas ventre. Malgré moi, mon esprit divague vers de lointaines contrées, là où rien n'existe, mais où pourtant tout est permis. Si je suis plutôt fière de mon imagination sans limite, parfois elle est plus qu'handicapante. J'esquisse un pas de côté, plutôt maladroit, pour laisser Adèle passer et pour nous sortir de cette situation plus qu'embarrassante. Mais, au même moment, elle décide de faire la même chose. L'une en face de l'autre, nous avons cette fois nos regards plantés bien en face, nos pupilles semblent lancer des éclairs alors que nos bouches restent étrangement scellées. Je sens mes lèvres s'entrouvrir mais pas un son ne sort, alors que mes pieds semblent paralysés au sol. Elle-même ne bouge pas d'un iota alors que ses yeux me transpercent le crâne. La chaleur de mon ventre explose, une vague me parcourt toute entière, me procurant un million de frissons au passage. Mon bras, comme au ralenti, se lève pour se poser sur la peau fraîche et douce d'Adèle. Ses yeux lancent de nouveaux éclairs alors que mes doigts effleurent le fin duvet de son avant-bras.
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Mon triangle d'or
RomanceQu'est-ce que le triangle d'or ? En mathématiques, c'est une valeur de proportion. En Arts, il est l'expression de l'esthétisme pur. Mais plus largement, certains le considère comme la divine proportion, l'équilibre ultime. Une vieille femme décide...
