< Anita : Je suis désolée, j'ai un contretemps pour ce week-end ... Un truc familial. >
Je n'ai pas parlé à Pauline de l'état de ma mère, je ne lui ai d'ailleurs pas raconté grand-chose par rapport à mon passé ou à ma famille. Je ne sais pas si c'est simplement par pudeur ou par envie de me consacrer à elle et seulement à elle. A nous.
< Pauline : Oh ... Et pourquoi tu ne viendrais pas ce soir ? >
Je voulais éviter autant que possible de la voir en semaine, ayant la plus grande peine du monde à me concentrer sur mes études. Mais mes bonnes résolutions s'effondrent à l'instant où mes yeux se posent sur son message. Je suis tellement faible.
< Anita : D'accord ... Je partirai directement après les cours, je finis tard ce soir. Tu me prêteras un pyjama ? >
< Pauline : Rien ne t'oblige à en mettre un ... Mais d'accord ;) A ce soir alors <3 >
Le cœur ajouté à la fin de son message me prend de court. Je sens le mien à l'intérieur de ma poitrine s'affoler, tellement fort que je réprime mon envie presque vitale de lui crier mon amour. Mais ça serait trop tôt, beaucoup trop tôt. N'est-ce pas ?
L'impatience que je ressens ne fait que s'accentuer quand je remarque à quelle lenteur le temps semble passer aujourd'hui. Alors, quand la fin de la journée arrive enfin, c'est avec un empressement démesuré que je me dirige à ma voiture et que je prends la direction tant désirée.
La porte en bois brut de la maison s'ouvre sur un visage qui me plaît de plus en plus avec le temps. Ses lèvres s'étirent en un sourire qui pourrait bien finir par me faire perdre la raison. Ses yeux se plissent un tout petit peu, mais suffisamment pour tracer de minuscules ridules d'expression qui ne sont visibles qu'en se tenant aussi près que moi à cet instant. De légères rougeurs apparaissent sur ses joues, provoquant de petits frissons dans ma nuque. Je m'approche d'elle pour sentir son parfum envahir mes narines et se déposer dans des zones de mon cerveau qui s'en souviendront pour toujours. Mes lèvres se déposent sur les siennes pour un doux baiser, alors que je tente de lui transmettre autant que possible tous mes sentiments à son égard, à défaut de le lui dire.
Avant que je ne m'en rende compte, le baiser prend une ampleur plus enflammée, je sens mon corps aspiré à l'intérieur et la porte refermée avec fracas derrière moi. Ma respiration se coupe à l'instant où mon dos heurte le bois dur, mais nos lèvres soudées ne se séparent pas. Je sens monter en moi une chaleur incontrôlable, d'une puissance inconnue jusqu'alors. Mes mains semblent agir par elles-mêmes, mon cerveau en pleine surchauffe incapable de donner une quelconque directive. Mais c'est quand je sens ma chemise tomber au sol que je trouve la force de rompre le baiser. Je ferme les yeux, incapable de me concentrer devant le regard désireux de celle qui me fait face.
- Il n'y a personne ?
- On est complètement seules ...
- Mais si un de tes colocs rentre ?
Pour seule réponse, Pauline se penche vers moi, un sourire séducteur plaqué sur son visage. Elle s'arrête à seulement quelques millimètres de mon visage, puis je sens sa main dans mon dos tourner la clé dans la serrure. Sa bouche se rapproche dangereusement de mon oreille, qu'elle frôle volontairement de ses lèvres brûlantes.
- J'imagine qu'ils devront attendre dehors ...
Le chuchotement enflamme mon corps encore un peu plus, accentué par le souffle chaud caressant sensuellement mon oreille sensible. Sa langue s'invite à cette douce torture en touchant le lobe qu'elle lèche, puis mordille. Alors que je suis tétanisée par l'envie et la peur mêlées, je sens maintenant sa main se glisser timidement sous mon t-shirt.
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Mon triangle d'or
RomanceQu'est-ce que le triangle d'or ? En mathématiques, c'est une valeur de proportion. En Arts, il est l'expression de l'esthétisme pur. Mais plus largement, certains le considère comme la divine proportion, l'équilibre ultime. Une vieille femme décide...
