Young widow

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- Je sais que je ne devrais pas te parler et venir te voir. Mais je me sens vulnérable.

Je remua sur ma chaise, les larmes aux yeux.

- C'est normal ma fille, tu es sur le choc.

Il accrocha ses mains entre les barreaux.

- C'était un con. Il ne te méritait pas. C'est ainsi et il faut sourire à la vie. Accepte son sort ma chérie.

Je me leva et ferma les paupières.

- Aurevoir.

Et je partais, laissant la chaise devant la cellule de mon père, une envie de vomir, de rester seule et pleurer profondément devant l'œil attentif de l'océan.

La nuit la plus horrible de mon existence avait tournée au cauchemar. Ma mère était allé voir si mon père était encore inconscient mais quand elle avait tourné la poignée de la porte, mon père en avait profité pour s'enfuir. Il écoutait la longue conversation que j'ai eu avec Nick et un peu plus tard, la police est venue me secourir. J'ai craché l'eau salée qui noyait mes poumons et j'appris à l'hôpital que Nick n'allait pas revenir. Mort sous le choc d'un traumatisme crânien. L'horrible nouvelle s'était propagée comme un éclair à travers la ville et les touristes fuyaient Sancreek. J'étais emprisonnée dans la pire des prisons, la tristesse et le chagrin. Tout ce qui me restait de Nick était mon enfant. Je me demande comment il a pu survivre par tous ces remous. 

Je restais sous ma couette à hurler de colère, pleurer de tristesse et mourir de chagrin. Ma mère compatissait mais se sentait mieux depuis que mon père a été arrêté, ce monstre. Charlie avait raison, c'est un psychopathe et il restera toujours un psychopathe. Elle a été mise au courant par ses parents ce jour là. Je la voyais paniquer à travers ses messages que je recevais. Mais je ne lui répondais pas. Je voulais rester seule, souffrir en paix et laisser le temps faire les choses. J'ai perdu un amour passionnant, une relation forte, un amoureux parfait mais qui était lâche. Et il est parti par mon père. Ce tueur. 

Dans l'après midi, je décida de me lever pour manger un bout même si je n'avais aucune envie d'avaler quelque chose, je le faisais pour le bébé. Ma mère soupira de soulagement en me voyant arriver dans la cuisine et me sourit.

- Ca va mieux ma puce ? 

- Je me sens encore secouée.

- C'est normal, repose toi. 

Cela fait trois jours que Nick est décédé et aujourd'hui a lieu le jour de son enterrement. Je n'avais aucune envie d'y assister. Je voulais vomir et rester clouée sur mon lit, à pleurer sans s'arrêter. Mais il fallait que je me calme et essayer de l'oublier. Ce qui était dur. 

Mais je n'avais pas le choix, alors sous un maquillage sombre, mes cheveux étaient serrés dans un parfait chignon, une robe noire qui moulait mon corps, une rose rouge à la main et des petits talons, je marchais en suivant la marche en son nom. Arrivés à sa tombe, des frissons me parcoururent le dos, je vis le cercueil s'enfoncer dans le trou de terre et chacun notre tour, nous déposâmes quelques objets avant de recouvrir Nick de terre fraîche. Je tendis alors la rose et la fit tomber. Je glissa quelques mots qui s'envolèrent dans une petite brise. Mes yeux tournèrent mon regard dans la foule et je vis Jason et Lucas qui rigolaient dans leur début de barbes. Je ne pouvais m'empêcher de les interpeller. Mais mon esprit me dit non, de les laisser se moquer. Ils n'en valent pas la peine. 

Je voyais Sancreek comme maudite, les gens qui résidaient cette ville aussi mystérieuse que froide, étaient cruels et méchants. Je voulais changer d'horizon. Changer de vie, d'amis mais rester avec Charlie. Elle était à mes côtés ce jour là, vêtue également de noir, elle tâchait son mouchoir de son mascara. Elle pleurait autant que moi, ce qui me mit des doutes, des questions. Elle ne le connaissait pas comme je le connaissais mais elle était dans un état déplorable. 

Ce soir là, alors que je me changeais les idées dans mon salon, plongée dans un roman, j'entendis quelqu'un toquer à la porte. Ma mère dormait à l'étage alors je me leva pour ouvrir. Ca aurait pu être la police ce soir là pour examiner la maison ou encore Charlie pour me tenir compagnie. Je pensais aussi aux deux autres idiots qui ricanaient pendant un deuil. Mais c'était en évidence une personne qui était partie pour revenir. Quelqu'un qui voulait s'excuser ou qui voulait me réconforter. Cette personne eut un bouquet de fleurs entre les mains, un visage reconnaissable et une attention douce. Dans son regard sincère et ses yeux amoureux, Alexander Steven avait toqué à la porte, sûr de lui, comme j'étais sûre de moi...

𝐒𝐨𝐮𝐬 𝐭𝐞𝐬 𝐲𝐞𝐮𝐱Où les histoires vivent. Découvrez maintenant