Chapitre 15

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_Alors ?

La voix pleine d'excitation de Severus résonna impatiemment dans la tête de Ginny.

Ils se tenaient côte à côte dans le Hall du château, entourés par la foule d'élèves qui se pressaient vers une grande porte de bois massif, martelant de leurs pas précipités les dalles grises, qui luisaient d'un éclat surréaliste à la lumière des chandelles. Les deux immenses battants venaient à peine de s'ouvrir, que déjà les cris de joie retentissaient partout autour d'eux. Devant les yeux médusés de la sorcière, la Grande Salle apparut, inchangée et majestueuse, bordée de ses quatre longues tables, éclairée seulement par une nuée de bougies voletantes.

Ginny se sentait terriblement intimidée : elle avait l'impression d'être revenue au temps de sa première année. Le même furieux empressement, celui pareil à un enfant devant ses cadeaux de Noël tant désirés, lui saisit les côtes, propageant sa douce folie du sommet de son crâne au bout de ses orteils recroquevillés.

Elle hésitait à rentrer, de peur de briser ce moment magique, cette sensation de réconfort qui lui avait tellement manquée ces derniers mois. Mais elle n'eut pas vraiment le choix, car Severus la tira de sa délicate torpeur en lui saisissant le bras et l'entrainant dans le flot ininterrompu.

Même le brouhaha joyeux et l'odeur de la cire chauffée lui avait manquée. Ginny s'arrêta un instant, se faisant bousculer au passage, et leva le nez pour profiter pleinement de la vie, soupirant de satisfaction : le plafond magique, étincelant d'étoiles, restait tout aussi mystérieux et magnifique que dans ses modestes souvenirs.

_Alors ? Comment trouves-tu notre Grande Salle ? répéta son ami, en souriant fièrement de toutes ses dents, devant l'air impressionné de sa Lily. Il devait bien avouer que, lui-même, à chaque fois qu'il entrait, une douce chaleur se répandait dans sa poitrine, lui rappelant combien il appréciait cet endroit.

_Magique... lui répondit Ginny, le souffle toujours coupé et le regard vague se promenant, fouillant chaque recoin pour en graver tous les détails. A vrai dire il n'y avait aucune différence apparente entre les deux époques, seulement les personnes qui s'y tenaient.

_Tu verras le matin, lorsqu'il n'y a personne, juste le calme, c'est encore plus appréciable que les jours de fêtes. Quoique la soirée du Bal des fondateurs est particulièrement belle aussi...

Mais Ginny n'écoutait plus, totalement partagée intérieurement entre un rire soulagé et le frissonnement d'appréhension qui émergeait face à ses propres repères complétement perdus.

Elle ne savait même pas ce qu'elle était censée faire à présent, attendre Dumbledore dans un coin reculé ou bien s'asseoir aléatoirement à l'un des tablées devant elle. Devait-elle s'adresser aux autres adolescents ou se dissimuler discrètement, en attendant sa Répartition.

Une arrivée en fin de cursus n'était pas vraiment habituelle à Poudlard en fait, d'autant qu'elle en connaissait, la rousse n'avait jamais entendu parler d'un cas pareil. L'angoisse d'être oubliée commençait à monter et le directeur n'arrivait toujours pas.

Elle entendit vaguement Severus lui dire de l'accompagner pour qu'ils puissent s'installer ensemble chez les Serpentards, mais elle n'eut pas le temps de lui répondre. Le Professeur McGonagall, c'était bien elle cependant d'apparence moins sévère, se dressait devant elle, la mine pincée.

_Mr Rogue, veuillez rejoindre votre maison, je vous prie, la cérémonie va bientôt commencer. Quant à vous Miss Evans, suivez-moi, vous vous tiendrez près de l'estrade des Professeurs en attendant d'être répartie, après les premières années.

Sans laisser le temps aux jeune gens d'échanger la moindre parole, la femme s'élança d'un pas autoritaire et déterminé en direction du fond de la pièce.

Ginny EvansOù les histoires vivent. Découvrez maintenant