Chapitre 18: Le coeur

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Vivien était maintenant à l'entrée de l'appartement de Bernard, attendant qu'on vienne lui ouvrir la porte. Toujours avec un cahier et un stylo, il semblait vouloir faire un l' interrogatoire comme celui de Martin. Sans beaucoup patienter, il vit venir William lui ouvrir la porte. L' adolescents lui lança un regard hostile avant de l'inviter à entrer. Vivien demeurait calme et joyeux. Il reçut un accueil chaleureux de Bernard qui n'avait pas remarqué la colère intime de son fils.

- Je voudrais juste que vous acceptez de passer par un interrogatoire. Dit Vivien après avoir décliner toutes les propositions d'amuses-gueules qui se présentaient à lui.

En suivant les mots de Vivien , William qui observait le moment dans un coin de l'appartement se déplaça, se dirigea vers la porte de sortie en tournant la tête vers son père pour dire : « Je reviens dans quelques minutes papa ».

- Où vas-tu ? Interrogea Bernard.

- Loin de Vivien. Répondit William sans ralentir sa marche.

Ayant remarqué la colère que son fils eut en prononçant sa phrase, Bernard comprit à l'instant que tout n'allait pas entre ces deux jeunes ; il ne put s'empêcher d'essayer de résoudre le conflit en ces termes: « Je vois que tu as des problèmes avec William, veut-tu en parler ? ».

- Ne vous inquiétez pas monsieur Bernard, répondit doucement Vivien. Ce n'est pas important. Par contre, ce qui est important pour moi en ce moment c'est l'interrogatoire.

D'un petit geste de tête, Bernard approuva ce désir et s'assit confortablement afin de répondre aux questions.

- Monsieur Bernard, débuta Vivien sans perdre du temps. Je voudrais faire pour vous un interrogatoire de dates. Vous devriez me lister les moments importants de votre vie dont vous mémorisez la date ou la durée tandis que moi, j'utiliserai ces informations pour vous questionner.

- Pas de soucis, accepta Bernard. Je suis heureux que tu aies choisis d'interroger d'une façon originale.

Lorsque Vivien suivit ces paroles pleines de gentillesse, il baissa la tête et mit sa main sur son front comme s'il allait avoir un malaise. Son visage laissait voir qu'il n'arrivait pas à croire qu'un homme aussi aimable puisse commettre un meurtre. Un meurtre ? Jusque là, Vivien n'avait fait que donner des suppositions sans jamais pointer du doigt le détective Bernard pour le décès de son père. Or l'hypothèse commençait à disparaître peu à peu pour laisser place à une pensée prise comme vérité car Vivien n'imaginait plus une autre personne assassiner son père. Une intime pensée qui le torturait sans jamais s'en aller.

- Est-ce que tout vas bien ? Interrogea Bernard après avoir constaté que Vivien devenait de plus en plus faible.

- Oui, répondit Vivien d'un visage épuisé. Je vais bien ; je veux juste qu'on finisse au plus vite cet interrogatoire.

- Alors dépêches-toi ; Puis, tu ira prendre un peu de repos.

Dans un geste vif, Vivien quitta sa chaise et se mit à faire des pas désordonnés dans la pièce. Tout laissait voir que sa santé morale fut affectée. Toujours en marchant, il eut un discours que Bernard préférait ne pas interrompre.

- Je ne comprendrai jamais ; avait débuté Vivien. Je ne comprends pas la raison pour laquelle le coeur veut tout dominer, il empêche toujours la raison d'évoluer. Il suffit que tu réfléchis sur le fait que le père d'un proche d'enfance puisse tuer un être cher et le coeur trouble le corps entier. Monsieur, dit-t'il le regard tourné vers Bernard. Le coeur mérite t'il une telle place ?

- Le coeur peut parfois prendre de bonnes décisions. Répondit Bernard encore surpris par le soudain comportement de Vivien.

- Ah non monsieur ; s'opposa Vivien. Durant des années, depuis ma naissance, je n'ai jamais eut besoin de sentiments pour résoudre des affaires, et si j'étais un juge, je n'aurais pas hésiter à emprisonner ma famille entière si elle commet un crime.

- Qu'est-ce qui te gêne ainsi ? Interrogea Bernard après avoir réalisé que Vivien est mentalement troublé.

- C'est le coeur monsieur Bernard. Répondit Vivien en accélérant sa marche qu'il n'avait pas stopper. J'imagine le père de mon meilleur ami assassiné sans pitié mon père et mon rythme cardiaque accélère, c'est horrible. Le coeur m' affaiblit dangereusement, laissant mon pauvre cerveau derrière lui.

Ne voulant plus rester assis pendant que Vivien faisait ce discours inquiétant , Bernard se leva et invita ce dernier à rester calme en s'assayant sur une chaise.

- Reste ici et ne bouge surtout pas, disait Bernard avec douceur. Je m'en vais te prendre un verre d'eau afin que tu puisses te calmer.

Bernard partit et revint en tenant à la main un grand verre d'eau. Une fois dans le salon, il vit Vivien perplexe, aucune réaction des membres ou de quelconque partie du corps.

Repoussant toutes les pensées exagérées, Bernard se rapprocha du jeune, se mit tout d'abord par l'appeler patiemment puis, après l'avoir balancer quelques fois, il réalisa que Vivien est inconscient. Sans paniquer, il fit venir un docteur dans son appartement.

Des minutes plus tard, Vivien se réveilla sur un grand canapé en compagnie de son meilleur ami. Après avoir observé une horloge, il comprit qu'il s'est évanoui en voulant interroger Bernard.

Le visage de colère qu'avait eu William des minutes plus tôt avait disparu ; il était très heureux de voir Vivien se réveiller.

- Pendant combien de temps suis resté inconscient ? Questionna ce dernier en se redressant.

- Pendant 2 heures, le médecin dit qu'il n'y a rien de grave.

- Ma famille est-elle au courant de ceci ?

- Pas du tout, mais nous pourrons entièrement leur expliquer plus tard.

- Surtout pas ! Refusa Vivien. S'ils le savent, ils m'empêcheront de terminer cette enquête.

- Comme tu veux ; accepta William. Je suis certain que mon père pourra garder ça pour lui car il n'y a vraiment rien de grave. Mais je voudrais savoir pourquoi tu as subitement eu un tel malaise.

- J'étais tellement perturbé par le fait que ton père puisse être un assassin ; et à chaque fois que j'essayais de réfléchir là dessus, mon rythme cardiaque accélérait fortement.

- Je crois que tu as enfin eu un coeur Vivien. Dit William avec un large sourire.

- De plus, j'ai fais un rêve étrange ; j'ai vu un coeur et un cerveau géants, possédant les quatre membres et tout leurs sens. Ils luttaient vivement pour une raison que j'ignorais. Lorsque je m'approcha et essaya de séparer cette lutte, les deux me demandèrent en choeur de choisir entre le coeur et le cerveau.

- Très intéressant ce rêve. Dit William. Et qu'a tu choisis ?

- Le cerveau bien-sur ! Mais lorsque j'ai fais ce choix, je me suis vus dans un bureau assassiner des employés par ce qu'il faisaient mal leur travail. C'est alors que je changea rapidement d'avis et choisit le coeur. Dès cet instant, je me vis incapable de compter mes doigts et de porter correctement des sandales. C'est alors qu'après quelques secondes je cria que je préfère les deux. À ces mots, le coeur et le cerveau se tenant les mains, s'approchèrent et me dirent encore en choeur: " Vois-tu ? Nous sommes complémentaires ".

- Vas-tu obéir à ce rêve ? Questionna William.

- Oui, et je crois qu'aujourd'hui je vais prendre ma première décision qui vient du coeur en enlevant ton père à la liste des suspects du meurtre de mon père.

William, heureux par ces paroles, ne put s'empêcher de laisser voir un léger sourire discret.

Au final, Vivien se reconcilia avec son ami et s'en alla de l'appartement sans questionner Bernard. Ce dernier accepta avec difficulté de cacher le malaise à la famille Jackson tout en précisant qu'elle saura tout à la fin de l'enquête de Vivien.

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