Chapitre 25

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Un champ de bataille, encore... La boue sanglante colle aux sandales de Kaiten. Une lumière grise filtrait entre les nuages chargés d'humidité de ce début d'été. La fumée s'élevait des bûchés funéraires. Un vrai carnage... Les affrontements entre Uchiwa et Senju étaient toujours comme ça. Avec les autres clan ce n'était que des rixes, implicant une dizaine de personnes au maximum.  Là ce n'était que la plus basse des vengeances. 

Elle avait aidé depuis l'arrière, renseignant le chef Tajima sur les déplacements de l'ennemi. Madara était allé se battre avec ses frères, elle lui avait souhaité bonne chance mais il s'était détourné en disant qu'imaginer qu'il ai besoin de chance pour se sortir de cette escarmouche était un terrible affront à sa personne. Le pauvre, croyait-il vraiment que lui tourner de dos l'empêcherait de voir les rougeurs sur ses joues ? Elle avait répondu que les dieux décideraient de son sort à l'haune de sa modestie, se cachant derrière son éventail noir, ses yeux amplement suffisants pour révéler sa moquerie. Et il était parti. L'air contrarié de son fiancé la fit sourire alors qu'elle déambulait parmi les cadavres.

Une voix faible attira son attention :

- Pitié... Pitié ma dame, épargnez moi...

L'homme était gravement blessé, il ne pouvait même plus marcher. En temps normal, elle l'aurait tué mais elle ignorait que faire avec les regards des Uchiwa braqués sur elle.

Soudain l'homme se tu, il semblait terrorisé par Midori qui venait d'apparaître derrière shiro-hime. Il essayait de fuir, avec sa jambe cassée et son flan entaillé. Elle sortit une dague de sa manche et s'acroupit :

- J'ai pitié,  dit-elle avec dousseure avant de lui ouvrir la gorge. 

Elle nettoya sa lame et se releva :

- Qu'y a t'il ?

- Votre conception de la clémence, répondit Kaiten. 

- Tu l'aurais laissé en vie ?

- Non.

Elle soupira, en se tournant vers le cadavre :

- La pire des hontes et de vivre dans la disgrâce, après avoir déçu ses paires... Si je le fait pour les autres, c'est que je veux que quelqu'un le fasse pour moi, si un jour je dois implorer pitié. 

- Le jour où mon père en aura assez de notre alliance, je le ferais, dit Kaiten avec un sourire sombre. 

- La vrai pitié ne pardonne pas, elle finie.

Elles repartirent en direction du camp, côte à côte. 

- Mon père m'a un jour appris une chose similaire. La véritable beauté ne plaît pas, elle fascine.

- Comme Madara est fasciné par toi ?

Kaiten s'arrêta d'un coup. Le tont était léger mais elle ne pouvait supporter ça.

- Je suis désolée, j'aurais pensé... Comme vous entendiez bien... Ça aurait été plus facile...

- C'est mon devoir. 

Elle partit à grands pas et fit mine de pas entendre quand Midori dit, avec honte, avec cette voix éteinte, brisée, insupportable de ceux qui ont commi l'irréparable, comme si cela pouvaitchanger leurs actes :

- Je suis désolée...

                                                                 ~●~

La nuit était claire, dousse, emplie de lucioles et du chant des cigales. Kaiten aurait pourtant aimé un crépuscule d'hivers, un vent glacé, la neige impitoyable, le chant de la mort dans les arbres dépouillés avec pour seule odeur le bois humide, pour endurcir son cœur... Et pas ce décor  tout droit sortit de la rêverie romantique d'une princesse pourrie gâtée d'Edo !

Elle s'était promis de ne plus y penser. Que c'était une fin. Mais la fin tardait. Elle avait quatorze ans. Elle aurait dû mourir. Le médecin complotait-il contre son chef ou était-ce juste un raté ? Non, c'était à elle que revenait le blâme. A l'animal, en elle, qui voulait vivre alors que la mort tendait les bras. Qui se battait, qui souffrait, pour vivre... Alors que la vie n'avait plus aucun sens.

Pour ses fiançailles, elle était si mal, si faible... Et elle le cachait si bien. Elle avait sentit des centaines de mains l'attirer vers les ténèbres. Elle en avait été soulagée... Elle avait eut pitié de lui, elle lui avait dit. Et il avait écouté, jusqu'au bout, les yeux baissés. Il aurait dû crier, être furieux mais il était resté calme. Triste. Et il lui avait demandé :"puisque tu ne seras jamais ma femme, puis-je au moins t'embrasser ?" Un si petit réconfort, bienvenu pourtant, à peine un éfleurment, une maigre consolation...

Stupide amour, aveugle et désintéressé, qui n'à que faire du temps et de la mort ! Était-ce un jeu des dieux, pour rire des mortels ? Ou, comme le destin, était-ce commun aux créatures du ciel et de la terre ? Elle n'en avait cure. Elle préférait souffrir pour mourir plutôt que pour aimer.

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Arc 2 : fiançailles... terminé 

Kaiten HiugaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant