Chapitre 49 : déception

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- "Je serai impératrice ou rien d'autre", voilà un refus qui a le mérite d'être claire ! souffla le souverain avant de s'affaler dans son fauteuil. Je crois que c'est fichu...

- Vous êtes l'empereur, vous pouvez exiger. 

Mutsuhito du Japon tourna la tête vers son premier conseiller, debout près de son bureau :

- Pourriez-vous m'expliquer pourquoi les samouraïs souffrent ils tous d'un tel manque de galanterie ?

L'homme au crâne rasé resta silencieux. Au moins, lui, quand il n'avait rien à dire, il se taisait contrairement à ses autres ministres, parlementaires et courtisans. 

- En tentant de la contraindre, je ne ferais que me la mettre à dos...

Silence, toujours. 

- Je m'attendais à plus de réaction de la part de celui qui me dit sans arrêt que si je veux quelque chose, il me faut que je me batte pour l'obtenir.

Le samouraï regardait droit devant lui. Il mis du temps à répondre, il pesait ses mots :

- Sa majesté prend ce qu'elle désire, elle décide également se qu'elle délaisse...

Les lèvres de jeune empereur s'étirérent en un sourire :

- Vous désapprouvez, donc.

- Une telle femme près de vous ne vous apportera rien de bon.

Mutsuhito souffla :

- Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? 

- Sa réputation...

- Au diable sa réputation ! Je vous connais, vous n'êtes pas homme à écouter les basses rumeurs des palais ! C'est pour cela que je vous appréci.

Le samouraï baissa la tête, il savait que son empereur n'abandonnerait pas :

- Sachez, majesté, que j'ai rencontré une princesse il y a bien longtemps. J'étais un jeune paysan et, sur le chemin qui devait me ramener chez moi, j'ai fait la connaissance d'une jeune fille de douze ans à peine qui pleurait car elle devait épouser un homme qu'elle n'avait jamais vu. Elle était tellement belle... Elle m'a envoûté. Et après avoir appris qu'elle avait simplement été fiancée, j'ai passé les 6 années suivantes à m'élever, à force de sacrifices et d'effort. J'espérais encore la ravir à son promis et en faire ma femme... Et alors, après toutes ces années, alors  que j'avais gardé l'image d'une jeune fille pure, je l'ai revue. Et mes yeux, biens moins traîtres que mon cœur, m'ont montré une femme méprisable et vénale, sans honneur... L'amour est un sentiment noble, majesté, et un bien précieux : on ne peut le confier à un disciple du mal, ou il sera perverti.

Le silense ce fit dans la pièce. Kenso voulait sortir, il n'aimait pas parler de lui... Son empereur le savait, il le congédia d'un signe de main désinvolte :

- C'était elle, n'est-ce pas, Aoihoshi Hyuga. 

- Elle se nommait encore Kaiten, à l'époque.

La porte se ferma, laissant le jeune souverain seul avec ses pensées.

- Et vous, que pensez-vous d'elle ?

À la périphérie de son champ de vision, dans l'ombre, queque chose bougea. La créature coula, rempa dans les ténèbres... Elle était énorme.

- Le maître l'appréci... fit une voix caverneux et froide, semblable au bruit d'un éboulement. 

L'empereur posa un regard en biais sur les griffes couleur acier de la bête dans son dos :

- Vous m'êtes encore mois utile que Kenso, messager divin...

 Pourquoi l'histoire de son plus fidel serviteur ne l'avaient-il pas dégoûté ? Il avait l'impression qu'un énième fil rouge était venu consolider le lien qui l'unissait à la dame blanche, comme les touts premiers flocons de l'hivers qu'il observait danser devant sa fenêtre. Bientôt tout serait blanc. Allait-elle se fondre dans la tempête, au milieu des êtres maléfiques, des vents furieux et des esprits chagrins comme le démon qu'elle était sensé être ? Ou resterait-elle encore un moment, pour voir un nouveau soleil se lever à l'est ? Pour voir l'occident s'incliner devant l'Orient ? Se serait bientôt une véritable étoffe qui les attacherait l'un à l'autre tant un fil est trop insignifiant pour exprimer leur ressemblance, leur rêve, leur idéal !

" Quel dommage, je ne peux pas vous épouser... Mais j'aurais encore besoin de vous, pour le Japon. Bonne chance, que la providence vous suivent. "

Kaiten HiugaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant