4- Seul avec mes démons

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PDV Levi

J'ai encore passé une nuit blanche à dessiner, j'arrive plus à dormir. J'ai jamais été un grand dormeur, mais même si j'ai accepté sa venue depuis un moment, plus je sens la mort se rapprocher, plus j'ai du mal à trouver le sommeil. Je sais que c'est pas bon, que vu comment les médocs et les traitements me fatiguent et comment le simple fait de respirer, action banale pour 90% de la population est une torture pour moi, dormir un peu ne serait pas de refus.

J'entend qu'on toque à ma porte, c'est Erwin qui est là pour ma séance de gilet afflowest. Je déteste ça, mais je sais que ça me fait un peu de bien après, alors je prend mon mal en patience. La mucoviscidose est une maladie génétique incurable qui se manifeste par un trop plein de mucus qui bousille les poumons. Le gilet afflovest s'enfile comme un gilet de sauvetage, il vibre très fort, ce qui fait remonter le mucus, enfin plutôt redescendre car je le met la tête à l'envers pour que le liquide puisse plus facilement s'écouler. Erwin me porte comme si je ne pesais rien, en même temps ce doit être un peu le cas vu comment j'ai maigri, et il m'attache à la bare prévue à cet effet la tête en bas. Comme ça pendant une demie heure, je recrache mes tripes, c'est très douloureux et j'ai la gorge et les poumons en feu.

Une fois le temps écoulé, Erwin revient et me détache, il récupère la petit coupelle remplie de mucus et m'apporte un ver d'eau pour me rincer la gorge.

Erwin me félicite d'une tape affectueuse sur l'épaule, il sait bien à quel point je déteste ça.

Avant de partir, il me rappelle de ne pas me recoucher tout de suite, Hanji arrive dans 40 minutes avec les médicaments. « Quel programme de ministre" je lui répond avec sarcasme.

Il me fait un petit sourire qui se veut lassé devant ma demie blague mais je sais bien qu'il l'a trouvé amusante.

Je fini par remettre mes écouteurs et dessiner, mon crayon caresse la feuille au rythme de la musique qui est si forte que je n'entend même pas Hanji arriver avec le chariot. Elle se penche derrière mon épaule et regarde mon oeuvre.

En sentant son souffle je me retourne d'un bon pour la regarder, mais elle n'a pas détourné son regard de ma feuille. Je la regarde aussi et ce n'est qu'a ce moment là que je réalise ce que j'ai dessiné machinalement sans même m'en rendre compte: une faucheuse.

Hanji semble un peu perdue une demie seconde, fixant mon dessin on ne peut plus sombre. Je vois bien qu'elle est mitigée, partagée entre l'aimer car il est bien réalisé ou le detester pour ce qu'il représente. Comme à chaque fois que j'aborde d'une manière ou d'une autre la question devant elle, elle change de sujet et détourne les yeux de ma feuille pour se diriger vers le chariot et commence à trier les multiples pilules colorées.

Je dois avouer que le fait de ne pas pourvoir parler librement avec elle de ça me peine un peu et que je ressens ce besoin de parler, mais de peur d'inquiéter tout le monde, Hanji, Erwin, ma mère, mon oncle ou meme ma cousine, je ne dis rien et reste seul avec mes démons, avec comme seul moyen de les extérioriser mes dessins, mais si même eux je dois les cacher, les choses se compliquent.

Je fini par ranger mes écouteurs, retourner ma feuille et me lève pour me rapprocher d'hanji et de mes délicieuses pilules .

Bat toi ! pour moiDes histoires addictives. Découvrez maintenant