Chapitre 16 : Wet Podium at the Shark GP

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Fabio

Ce matin, je suis réveillé par une musique qui n'est pas celle de mon réveil.

« Baby, angels like you can't fly down hell with me.... » 🎶

Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? J'entre ouvre un œil, et aperçois une chevelure châtain devant moi. La soirée d'hier me revient en mémoire, et je me souviens que j'avais demandé à Léna de rester avec moi. Je songe aussi un instant à tout ce que je lui ai fais, mais je chasse vite cette pensée de mon esprit, sentant mon érection matinale pointer le bout de son nez. Or, il est n'est pas question de faire ce genre de choses le jour du Grand Prix. Apparemment, il est fortement déconseillé de se prêter à des activités sexuelles les heures précédant un grand effort sportif, donc ne jouons pas avec le feu. Mais jouer avec des glaçons en revanche...Bordel ! Mes pensées ne peuvent pas se taire plus de 2 minutes ? Je sens Léna qui remue à côté de moi mais elle ne se réveille pas. Quelle marmotte ! Mon réveil n'ayant toujours pas sonné, j'en déduis qu'elle met habituellement son réveil avant moi. Ceci dit, si c'est pour le faire sonner et ne pas se réveiller, ça ne sert pas à grand chose. Je tends le bras par dessus son corps et m'empare de son téléphone pour éteindre cette maudite musique de Miley Cyrus. Je vois rapidement des notifications - pleins de notifications - provenant d'Alix, mais par respect, je ne les lis pas. J'ai juste le temps d'apercevoir certains détails comme quoi elle espère qu'elle est restée dormir avec moi et qu'elle ne s'est pas fait kidnappée par le taxi qu'elle aurait prit pour rentrer à l'hôtel. J'étouffe un rire. Alix s'imagine toujours le pire. Si elle savait vraiment ce que sa meilleure amie était entrain de faire à ce moment là...Je repose le téléphone et me recule pour observer un instant la fille qui partage mon lit. En bougeant pour attraper son téléphone, j'ai légèrement fait descendre le drap, exposant un peu son corps. Elle est vraiment belle, je songe. Pour une fois elle affiche un air paisible, comme un ange. Un ange poussé par mes démons.

Je sais que ce qu'on fait en ce moment n'est pas bien. À force, on va finir par s'attacher, et ce n'est pas ce qui était prévu. À force, elle va vouloir plus : plus de stabilité, plus d'engagement de ma part. À force, elle voudra qu'on se voit en dehors des circuits. Mais je sais très bien que je ne pourrais pas lui donner tout ça. Avec la vie que je mène, à être toujours à droite à gauche et à ne vivre que pour les Grands Prix, il n'y a pas la place pour une copine. Je sais aussi que lorsqu'elle sera attachée et qu'elle saura qu'on ne peut pas aller plus loin que ce qu'on fait en ce moment, cela la rendra malheureuse. Ça sera ma faute, elle sera malheureuse par ma faute parce que j'aurais permis qu'on fasse tout ça. À force, le diable que je suis va finir par brûler les ailes de son ange.

Il faudrait que cela cesse. Il faudrait tout arrêter et ne se parler que pour le strict minimum. Mais ce n'est plus possible, pas après être aussi loin. J'ai toujours envie d'être à ses côtés quand je la sais dans les parages. Parfois, souvent même, elle m'énerve au plus haut point. Mais ça ne m'empêche pas de vouloir être près d'elle quand même. Ça ne devait pas se passer comme ça, je pensais que j'arriverais à garder le contrôle sur ce qu'on vivait. Mais elle m'a cassé le cerveau, et me voilà aujourd'hui, à lui demander de rester dormir avec moi, la veille d'une course. La veille d'une course, bordel, ce n'est pas rien. Je soupire bruyamment, tout ceci va finir par me donner la migraine et ce n'est vraiment pas le jour. Je décide de réveiller Léna pour qu'on se lève, autrement elle va se lever à 10 heures comme son réveil est éteint. Je lui secoue doucement le bras, mais elle ne bouge pas d'un poil. Je ne peux pas la brusquer trop non plus avec sa cheville blessée, donc j'opte pour une autre façon de lui faire ouvrir les yeux.

Je me penche vers elle, et comme elle est dos à moi, je pousse ses cheveux derrière ses épaules pour lui dégager le visage.

- Debout marmotte, je lui chuchote à l'oreille.

Playing with the devil [Fabio Quartararo]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant