Albus Dumbledore

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                   En cette soirée de début septembre, où le ciel nocturne était dégagé mais glacial, la température ne dépassait que rarement les cinq degrés, enveloppant le château dans une brume fraîche qui s'infiltrait à travers les pierres millénaires de Poudlard. À peine avaient-ils franchi la porte du bureau que le professeur Dumbledore, d'un simple mouvement fluide de sa baguette, alluma la cheminée, projetant immédiatement une lueur dansante sur les murs recouverts de lourds grimoires et de parchemins anciens. Une chaleur bienfaisante emplit aussitôt la pièce, chassant le froid mordant qui s'accrochait encore aux vêtements de Molly, et transformant l'atmosphère en un cocon de lumière douce et réconfortante.

D'un pas hésitant, mais les yeux pétillants d'émerveillement, Molly avança lentement à l'intérieur de la vaste salle circulaire, son regard avide capturant chaque détail de ce lieu légendaire qu'elle avait si souvent imaginé à travers les récits de son grand-père. Les murs, bordés d'étagères imposantes où s'entassaient d'innombrables ouvrages aux reliures anciennes, étaient également ornés de portraits de Directeurs et Directrices passés, qui, à cette heure tardive, dormaient profondément, leurs respirations légères se mêlant au crépitement apaisant du feu de cheminée. Dans les moindres recoins de la pièce, de curieux instruments en argent, dont elle ignorait totalement la fonction, émettaient de légers bourdonnements et de faibles cliquetis métalliques, comme s'ils murmuraient d'anciens secrets oubliés du monde des sorciers.

L'ambiance était presque hypnotique, mêlant mystère et sérénité, et la douce lumière dorée qui se reflétait sur les dorures du mobilier ancien ajoutait une touche de majesté à l'ensemble.

Mais ce fut en posant les yeux sur un perchoir en or massif, situé non loin du bureau du Directeur, que Molly sentit son souffle se suspendre. Là, perché avec une élégance naturelle, se tenait Fumseck, le phénix légendaire de Dumbledore, dont les plumes rouge et or brillaient d'un éclat incandescent sous la lueur du feu.

Molly, émerveillée, resta figée, totalement subjuguée par la beauté majestueuse de l'animal.

Elle avait tant entendu parler de lui.

Depuis son plus jeune âge, elle avait écouté, fascinée, les récits de son grand-père évoquant l'incroyable loyauté de cette créature, sa capacité à renaître de ses cendres, sa force mystérieuse et son lien profond avec Dumbledore. Mais voir Fumseck en chair et en plumes, sentir sa présence presque mystique, était une toute autre expérience. Le regard rivé sur lui, elle se sentit comme happée par un instant hors du temps, où la frontière entre la réalité et la légende semblait s'effacer complètement.

Mais un léger raclement de gorge la ramena brusquement à la réalité.

Dumbledore, d'un pas lent et mesuré, s'approcha de son bureau et s'y installa tranquillement, joignant ses mains avec une bienveillance naturelle, ses yeux clairs et perçants posés sur elle avec un intérêt indéchiffrable. Il lui désigna alors la chaise en face de lui, son sourire énigmatique flottant sur ses lèvres minces, avant de prendre enfin la parole, sa voix chaleureuse et posée résonnant avec douceur dans le silence du bureau :

— Installe-toi donc, et prends ton temps.

D'un geste lent, Molly s'approcha et s'assit face à lui, l'estomac noué par une tension qu'elle peinait à dissiper.

— Peux-tu maintenant me dire pourquoi, au lieu d'être dans la Grande Salle avec les autres élèves de ton âge, je t'ai trouvée seule, devant la gargouille menant à mon bureau ?

Son ton n'était ni autoritaire ni menaçant, mais au contraire, empreint d'une patience infinie, comme s'il savait déjà que son histoire serait hors du commun et qu'il ne comptait pas la juger, quel que soit le récit qu'elle lui livrerait.

Bon Retour Où les histoires vivent. Découvrez maintenant