Remus Lupin

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                       Le mois de juillet s'était écoulé avec une régularité presque rassurante, installant Molly dans une routine apaisante au sein de la demeure de Severus Rogue. Bien que l'austérité des lieux puisse rebuter certains, la jeune sorcière s'y sentait étrangement à l'aise, trouvant dans cette simplicité un confort qu'elle n'aurait jamais imaginé.

Chaque matin, elle se réveillait avec l'odeur alléchante du petit-déjeuner préparé par Cally, l'elfe de maison du professeur, qui s'était attachée à Molly au fil des semaines et lui témoignait une affection sincère, ravie d'avoir une autre personne à s'occuper en plus de son maître taciturne. Toutefois, bien que la table soit toujours dressée pour deux, Molly prenait le premier repas de la journée en solitaire, car Rogue, fidèle à ses habitudes, partait tôt au Chemin de Traverse pour se procurer les ingrédients rares nécessaires à ses potions avant que les boutiques ne soient prises d'assaut par la foule des sorciers en quête de fournitures scolaires.

Le reste de la matinée, Molly s'occupait en pratiquant ses sorts sur quelques bibelots sans grande valeur, soigneusement sélectionnés parmi les objets poussiéreux du rez-de-chaussée, avec l'approbation tacite du maître des lieux. Elle perfectionnait ses sortilèges d'attaque et de défense, se promettant de ne jamais se retrouver impuissante face au danger, surtout après l'année tumultueuse qu'elle venait de vivre à Poudlard.

À 11h précises, Severus revenait, une Gazette du Sorcier roulée sous le bras, son regard aiguisé parcourant déjà les gros titres avant même d'avoir retiré sa cape noire. Le déjeuner se déroulait dans un silence relatif, ponctué par le bruit discret des pages du journal qu'il tournait, tandis que Molly, plus studieuse que jamais, profitait de ce moment pour réciter mentalement les différentes étapes des potions avancées qu'elle ne verrait normalement qu'à partir de sa cinquième année. Elle aimait avoir une longueur d'avance et, même si son professeur ne lui adressait que rarement la parole à table, elle avait la certitude que son application ne lui échappait pas.

L'après-midi était sans conteste son moment favori. C'était le seul instant de la journée où Rogue lui accordait un temps d'échange plus naturel, bien que toujours encadré par la rigueur d'un maître envers son élève. Ensemble, ils travaillaient sur les potions destinées à la rentrée scolaire, pesant, coupant, mélangeant et analysant chaque réaction chimique avec précision. Il lui confiait parfois la tâche de réorganiser sa réserve personnelle, lui inculquant l'importance du classement et de la conservation des ingrédients, une discipline que Molly trouvait fascinante.

Ces moments partagés lui permirent d'observer un changement subtil chez son professeur. Bien que son ton restât sévère et ses remarques souvent acerbes, Molly ne put s'empêcher de noter qu'il souriait davantage, certes légèrement et furtivement, mais c'était déjà un exploit venant de lui. Et ce qui la rendait encore plus fière, c'était qu'il ne semblait se permettre ces rares expressions de détente qu'en sa présence, comme si elle avait réussi, au fil du temps, à fissurer la carapace de froideur qu'il arborait en permanence devant les autres.

Lorsque 20h sonnait, le dîner était servi, suivi par une séance de révision sous la surveillance stricte du professeur de potions. Molly, appliquée, s'efforçait de profiter au maximum des conseils avisés qu'il lui prodiguait, même si ceux-ci étaient souvent formulés avec un sarcasme mordant. Elle savait cependant que derrière ses airs austères, Rogue tenait réellement à ce qu'elle progresse, et ce simple constat la motivait plus que tout.

Enfin, lorsque la fatigue l'emportait, elle rejoignait sa chambre où elle prenait plaisir à passer quelques minutes avec Edelweiss, sa fidèle chouette, avant de sombrer paisiblement dans le sommeil, bercée par le silence feutré de la maison.

Cette routine s'était installée avec une telle fluidité qu'elle aurait pu croire qu'aucun événement ne viendrait la perturber. Et pourtant, après cinq semaines de quiétude, tout bascula en une fraction de seconde lorsqu'un matin, alors qu'il parcourait comme à son habitude la première page de la Gazette du Sorcier, Severus Rogue se figea brusquement, ses traits se durcissant sous le coup d'une colère sourde.

Bon Retour Où les histoires vivent. Découvrez maintenant