Un Parfum envoûtant

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Severus Rogue, d'ordinaire imperturbable, était habité d'un trouble qu'il ne pouvait maîtriser. Son rôle, ce soir, était simple : surveiller Karkaroff, s'assurer qu'aucune anomalie ne se produise, veiller dans l'ombre... Mais il ne s'attendait pas à ce que son regard soit irrémédiablement attiré vers une toute autre présence.

Molly.

Lorsqu'il l'aperçut à l'autre bout de la Grande Salle, son souffle se coupa un instant. Sa robe, d'une élégance rare, soulignait délicatement ses courbes, tombant en cascade étoilée sur sa silhouette élancée. Le tissu satiné épousait son dos dénudé, laissant apparaître sa peau d'une douceur infinie, l'incarnat délicat de sa nuque contrastant avec l'obscurité de la salle.

Elle brillait ... Littéralement !

Et soudain, elle tourna la tête. Leurs regards se croisèrent, et tout bascula. Un frisson le traversa de part en part, comme si le sol sous ses pieds venait de disparaître. Il ne sut combien de secondes passèrent, mais le temps, lui, suspendit son vol.

Molly ne bougea pas. Elle ne détourna pas immédiatement les yeux. Elle se contenta de l'observer, une étincelle indéchiffrable dans son regard, une douceur... trop dangereuse pour lui.

Il aurait dû faire demi-tour immédiatement, revenir à ses obligations, détourner son attention vers autre chose... Mais il était prisonnier. Ses pensées, elles, s'embrasèrent. Il s'imagina, l'espace d'un battement de cœur, avancer vers elle. Glisser ses mains sur sa taille, effleurer ses épaules nues, sentir la fragrance de roses qu'il lui avait offerte, se perdre dans son parfum, respirer l'essence même de sa présence. Et surtout... Saisir ses lèvres avec une passion qu'il s'interdisait.

Mais la réalité le frappa avec la force d'une lame glacée.

Non. Non. Tu ne peux pas.

Un murmure s'échappa de ses lèvres, à peine audible, mais chargé de toute la souffrance qu'il contenait en lui :

— Non...

Elle était jeune. Pleine de vie. Elle était la lumière, là où lui n'était que ténèbres et désespoir.

Il serrait les poings, tentant d'étouffer ce trouble irrépressible, cette brûlure au creux de son âme.

Il savait qu'il ne devait pas la ternir, qu'il ne devait pas laisser ses ombres l'atteindre, car il ne méritait pas d'aimer. Et encore moins d'être aimé en retour.

Son regard se durcit, son masque se referma violemment sur ses émotions, et dans un mouvement brusque, il tourna les talons. Il s'éloigna. Loin de la salle, loin d'elle, loin de cette tentation déchirante. Il quitta le bal en silence, sa silhouette se fondant dans l'obscurité des jardins, les mâchoires serrées, le cœur meurtri.

Le banquet s'acheva dans un tourbillon de saveurs exquises, chaque plat semblant avoir été conçu pour émerveiller les papilles autant que les yeux. Une fois les dernières assiettes disparues par enchantement, un murmure excité parcourut la Grande Salle lorsque les longues tables s'évanouirent pour laisser place à une vaste piste de danse. L'air devint vibrant d'anticipation lorsque les premières notes d'un slow envoûtant s'élevèrent dans la pièce, accompagnées de lumières tamisées qui semblaient danser sur les murs de pierre.

Les couples les plus téméraires s'avancèrent au centre de la salle, se tenant doucement par la taille et les épaules, se laissant porter par la mélodie tendre et langoureuse qui enveloppait l'atmosphère d'une intimité envoûtante. Molly, assise aux côtés de Fred et George, observait les danseurs d'un air attendri, laissant un soupçon de rêverie effleurer son esprit.

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