Seuls dans le couloir désert, baigné d'une lumière tamisée par les chandelles accrochées aux murs de pierre et par la lueur spectrale de la pleine lune filtrant à travers les hautes fenêtres, ils restèrent enlacés. Un silence presque irréel s'était installé, comme si le château lui-même retenait son souffle face à l'instant suspendu qui se déroulait entre eux.
Molly, blottie contre Severus, pouvait sentir la chaleur de son corps à travers les épaisseurs de leurs vêtements, une chaleur réconfortante, presque protectrice, qui contrastait avec l'air froid de la nuit. Elle inspira profondément, imprégnant ses poumons du parfum unique de son professeur : un mélange envoûtant de potion aux effluves de plantes et d'épices, mêlé à quelque chose de plus subtil, plus personnel, indéfinissable. Ce parfum, elle l'avait toujours associé à lui, et ce soir, il lui semblait plus enivrant que jamais.
Elle sentit alors un étrange apaisement s'infiltrer au creux de sa poitrine, comme si la colère et la tristesse qu'elle ressentait depuis des jours étaient aspirées hors d'elle, remplacées par une douceur inédite. Mais cette émotion, si réconfortante, ne venait pas entièrement d'elle. Non... C'était autre chose. Quelque chose qu'elle captait à travers la Liaison.
Severus, lui aussi, semblait changé. Ses muscles, d'ordinaire tendus sous le poids de ses éternelles préoccupations, s'étaient relâchés sous l'étreinte. Son regard, toujours empreint de cette dureté glaciale, s'était voilé d'une lueur qu'elle ne lui connaissait pas. Et soudain, un tourbillon d'émotions la submergea : une joie pure, mais teintée d'une pointe d'inquiétude, puis une onde d'attachement profond, plus intense encore que tout ce qu'elle aurait pu imaginer. De l'affection, du désir... et quelque chose d'encore plus puissant.
Était-ce ses propres émotions qu'elle percevait ou celles de Severus ? Elle n'en avait aucune certitude. Mais ce dont elle était sûre, c'était que son cœur battait avec une force inouïe, résonnant dans tout son être, prêt à exploser sous la pression de ce moment suspendu.
Leurs regards se croisèrent enfin, et dans le noir, leurs yeux brillèrent d'une lueur incandescente. La distance infime qui les séparait semblait insoutenable. Un frisson la traversa tandis qu'une irrésistible attraction la poussait à s'abandonner totalement. Sans même y réfléchir, leurs visages se rapprochèrent, millimètre par millimètre. Leur souffle se mélangea dans l'espace réduit entre eux. La tension était si forte qu'elle en devenait presque palpable, électrique. Puis, dans un mouvement d'une lenteur exquise, leurs lèvres se frôlèrent enfin.
Le contact était doux, presque timide au début, mais il portait en lui une intensité troublante. Un baiser volé, fragile, mais brûlant d'une passion contenue depuis trop longtemps.
Le temps sembla se figer.
Severus ne recula pas, et Molly non plus. Ce moment leur appartenait, et aucun d'eux ne voulait le voir s'effacer. Il n'y avait plus de professeur, plus d'élève, seulement eux, deux âmes liées d'une façon inexplicable, défiant les interdits.
Mais soudain, un son infime rompit le charme. Un craquement. Léger, à peine audible. Pourtant, il déchira le silence comme un coup de tonnerre. Severus s'éloigna immédiatement, ses instincts en alerte. Son regard perçant fouilla les ombres du couloir, cherchant l'origine du bruit. Molly, encore sous l'effet de ce moment d'ivresse, peina à rassembler ses esprits.
— Severus... balbutia-t-elle, la voix tremblante, le cœur battant à tout rompre. Je...
Mais déjà, il avait retrouvé sa froideur habituelle. Son regard s'était durci, et il lui lança un ordre, tranchant comme une lame :
— Pas maintenant, Molly. Retourne dans ta salle immédiatement ! Elle ouvrit la bouche pour protester, mais son ton ne laissait place à aucune discussion. Je dois y aller.
VOUS LISEZ
Bon Retour
FanfictionMolly Potter, fille d'Albus Severus Potter et petite-fille du légendaire Harry Potter, avait grandi bercée par les récits des exploits de son grand-père. Depuis son plus jeune âge, elle connaissait son histoire sur le bout des doigts, chaque bataill...
