Le doux rapprochement

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                            En ce samedi après-midi de novembre, le ciel grondait sous un orage déchaîné, et une pluie battante s'abattait sur les terrains de Poudlard. Malgré ces conditions météorologiques exécrables, le match de Quidditch opposant Gryffondor à Serpentard se maintenait, fidèle à la tradition implacable du sport sorcier.

Molly, quant à elle, se trouvait confrontée à un dilemme bien moins palpitant mais tout aussi sérieux : un retard considérable dans ses devoirs. Son emploi du temps chargé l'avait contrainte à repousser certaines révisions, et elle savait qu'elle ne pouvait plus se permettre d'ignorer la pile de parchemins qui s'accumulait sur son bureau. Elle avait donc pris la décision, à contrecœur, de rester à l'intérieur du château, bien au chaud, au lieu de se joindre à l'excitation générale du match.

Fred et George, déterminés à ne pas la laisser échapper à l'ambiance électrique d'un affrontement entre Gryffondor et Serpentard, avaient tout tenté pour la convaincre. Leur dernière tentative consistait à lui lancer leurs meilleurs regards suppliants, un mélange savamment étudié d'yeux doux et de moues désespérées, mais Molly, implacable, resta ferme sur sa position.

— Désolée, les garçons, mais j'ai énormément de retard, s'excusa-t-elle en s'installant sur l'une des grandes tables de la salle commune, face à la cheminée crépitante. Elle jeta un regard appuyé vers la fenêtre qui offrait une vue plongeante sur le terrain de Quidditch, où la tempête faisait rage. Et puis, regardez-moi ce temps ! Vous voulez vraiment que je me fasse tremper jusqu'aux os ? Non merci ! Mais je vous soutiendrai depuis ici. Allez, les garçons, je crois en vous !

Fred poussa un soupir exagéré en levant les yeux au ciel, tandis que George haussa les épaules, l'air faussement résigné.

— Tu ne sais pas ce que tu rates, Molly ! lança Fred en s'éloignant, les bras levés au ciel en signe de désespoir.

— Nous te raconterons tout en détail... si tu es gentille avec nous ! ajouta George avec un sourire en coin avant de rejoindre son frère.

Lentement, la salle commune se vida, les joueurs et supporters de Gryffondor s'engouffrant dans les couloirs, impatients d'encourager leur équipe, malgré la tempête qui grondait à l'extérieur.

Désormais seule, Molly savoura le calme soudain qui s'installa dans la pièce. Loin du tumulte et de l'effervescence d'un match de Quidditch, elle se retrouvait dans un cocon de tranquillité, bercée uniquement par le crépitement apaisant du feu dans la cheminée. Le contraste avec l'agitation extérieure était frappant : tandis que le vent hurlait dehors, projetant violemment la pluie contre les vitres, la chaleur douce du foyer l'enveloppait, rendant l'atmosphère presque réconfortante.

Elle s'étira légèrement, attrapa sa plume et plongea dans ses parchemins, bien décidée à rattraper son retard. Pourtant, au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'elle était en train de manquer. Après tout, un match de Quidditch, même sous la pluie, valait toujours le détour...

      
                          Ce jour-là, plongée dans un devoir particulièrement ardu, Molly se résolut finalement à quitter la chaleur rassurante de la salle commune des Gryffondor pour se rendre à la bibliothèque. Elle avait besoin de consulter des ouvrages spécialisés afin de trouver les réponses aux questions qui l'assaillaient depuis le début de son exercice. Malgré sa réticence à affronter le froid mordant qui régnait dans les couloirs du château, elle se força à enfiler son épais manteau d'hiver doublé de fourrure, enserra ses mains dans des gants de laine et rabattit le capuchon sur sa tête avant de s'aventurer à l'extérieur de la tour.

Arpentant les longs corridors de Poudlard, elle sentit immédiatement l'air glacial s'engouffrer par les hautes fenêtres en ogive, caressant sa peau comme une lame tranchante. Des courants d'air glacés s'insinuaient entre les pierres séculaires du château, rendant la traversée des couloirs aussi inconfortable qu'une expédition en pleine tempête de neige. Elle pressa le pas, bien décidée à atteindre la bibliothèque au plus vite.

Bon Retour Où les histoires vivent. Découvrez maintenant